CoMix Stories VF – Janvier 2019

Une annulation, un tohu-bohu récalcitrant au moment où la reprise apparaît déjà obscure, profitons de l’accalmie festive pour s’affairer au barda, où le Diable s’affirme, où les amours embaumés plongent dans les eaux noires et où les pères ressassent l’héritage bariolé. Puis, la suite bon marché de la relève concurrence s’amène. 


Daredevil Noir 

Scénario: Alexander C. Irvine – Dessins: Tomm Coker

Marvel Noir, sorties thématiques des années 2010, insinue du Pulp et du film noir au milieu des collants colorés, préférant donc le noir, le blanc et spécialement le gris. Daredevil est le patient idéal. La combinaison des genres entrelace toute la définition du personnage. Enfance, adolescence, vie courante comme vie cachée, Marvel Noir se réapproprie les codes. Murdock n’est pas devenu avocat, n’a pas la rigueur presque exaltée de son père, il frappe, cogne et vagabonde sur les toits et dans les rues. Les rivalités entre, et avec, la pègre restent le foyer de violence et de manipulations que l’on connait. A ceci près que la Cible se fond entre les gouttes et le bitume. Irvine saisi l’essence du Diable. En prime, les sentiments restent plus tangibles pour le personnage. L’auteur s’en amuse. Elizabeth, les sens, une relation expédiée, le format oblige, mais qui touche, se fait sentir, se voit, s’entend quasiment. Daredevil Noir accommode, ne réinvente pas, plus grisé que Daredevil par Bendis, moins bon cependant.

 


Daredevil Father

Scénario: Joe Quesada – Dessins: Joe Quesada

On pourrait prêter l’attribut Noir à ce récit aussi. Construit sur le schéma du thriller et son lot de tueries en série, Father est musculeux, torturé, tortueux, mufle aussi. La fibre musculaire caractéristique des années 90’s gonfle sur toutes les pages, du style artistique de Joe Quesada, au style narratif toujours du même Quesada, qui bombe le torse tout le temps. Le titre est violent, bourru, jusqu’au surdosage de biceps Santériens. La tranche grasse du dessin est l’argument de lecture (et d’achat), il serait irraisonné de penser le contraire, on ne lit pas du Quesada pour un dessin en ligne claire. Les répétitions de l’auteur comme accumulation alourdissent à défaut d’insister. Cependant, Quesada imprègne bien ses 6 numéros du poids hérité des pères. Jack Murdock a défini, est partout, et définit toujours son fils. Daredevil Father est le reflet d’une époque, un récit brutal sous tous les angles, mais fébrile à bien des égards écrits. 

 


Batman – Récit complet #9

Scénario: Ben Percy – Dessins: Phil Hester, Khoi Pham, Pop Mhan

Contient : Teen Titans #9-11 et #13-14

Teen Titans est une série assez légère, basique dans ses enjeux sans être simpliste et aux dessins corrects. L’équipe est centrée autour de Damian qui montre comme souvent son caractère bien trempé. Le fil rouge est constitué des problèmes d’intégration des membres de l’équipe et du leadership du groupe. C’est prévisible mais correctement mis en place. Deux arcs sont proposés autour de Jackson Hyde, un nouveau personnage débarqué au moment de Rebirth, qui maitrise l’eau et est en quête d’identité puis d’Emiko Queen (Red Arrow), fille de Green Arrow. L’ensemble est agréable à lire mais nullement indispensable. Les dessins manquent un peu de finition mais restent tout à fait dans les canons du comics de superhéros mainstream. Une petite lecture sympa à prix réduit.