Superman Rebirth – Tome 4 (VF – Urban Comics)

Superman Rebirth - tome 4
Date de Sortie
21 septembre 2018
Scénario
Peter J. Tomasi, Patrick Gleason
Dessins
Collectif
Editeur
Urban Comics
Prix
17,50 €
La note de ComicStories
7

Superman a toujours eu pour but de transmettre ses valeurs à son fils Jon. Honnêteté, intégrité, bienveillance, refus de l’obscurantisme font partie du bagage de base  du Kryptonien. Mais quand un vieil ennemi aux objectifs peu louables vient satisfaire sa vengeance en tentant de retourner Jon contre son père, ces valeurs s’en trouvent ébranlées. Hamilton, ce petit coin de campagne paisible dont on a bien compris qu’il recelait bien des mystères, va se trouver au centre d’une conspiration cosmique de grande ampleur.

Peter J Tomasi et Patrick Gleason décident de révéler enfin les dessous d’Hamilton dans un arc en 6 parties. Tout part de Batman (encore lui ! Jamais, il ne laisse les gens tranquilles, celui-là !) s’inquiètant de l’évolution de Jon qui devrait avoir des pouvoirs supérieurs à ceux de son père. Le Chevalier Noir pense que l’origine de ce phénomène est l’environnement de la famille. Il part enquêter dans les fermes alentours et atterrit bien évidemment chez les Branden où il disparait. D’autre part, des monstres géants qui sortent un peu partout dans le cœur d’Hamilton vont occuper Superman, Jon et Damian.

 

Tout au long des dix-neuf premiers épisodes de leur run, les scénaristes ont semé deçi-delà des indices nous faisant comprendre que la campagne où vivent les Kent n’est pas aussi joviale qu’imaginée. Ils viennent, dans cet arc, livrer les réponses aux questions que l’on se posait alors. Les enjeux sont posées dans les deux premiers épisodes où les relations entre les personnages, thème dans lequel excellent Tomasi et Gleason, sont mises en valeur, mêlant séquences familiales, humour, suspense et action avec mesure et équilibre. L’intrigue est posée de façon efficace. Puis l’on bascule en mode baston sur les 4 épisodes suivants où les scénaristes livrent un récit davantage poussif et classique. Les révélations sont amenées parfois avec facilité, privant le lecteur d’éventements au potentiel vite étouffé (blessure de Lois) ou le laissant dubitatif devant une résolution « pouf c’est magique » (rétroaction télépathique). La lecture n’est pas mauvaise mais pâtit de ces défauts importants ainsi que d’une trop grande longueur. Un ou deux épisodes de moins auraient été bienvenus. Néanmoins, l’idée du Superboy Noir, violemment déterminé, fait son petit effet, Black Manchester, vilain que je ne connaissais pas (honte à moi) est bien badass et quelques scènes avec Jon, Lois ou Kathy sont émouvantes. Les scénaristes arrivent toutefois à boucler la boucle en quelque sorte, clôturant les différents fils qu’ils avaient tissés autour d’Hamilton.

La partie graphique présente, elle aussi, qualités et défauts. Le travail de Patrick Gleaon est comme souvent assez bluffant. Son trait rond, expressif et dynamique fonctionne toujours très bien. Celui de Doug Mahnke, sublimé par une mise en page inventive, met en valeur les multiples scènes d’action. Mais lorsque l’encrage est réalisé par le réparateur de la machine à café, j’avoue que cela a du mal à passer ! Plusieurs dessinateurs aux styles différents sur un même épisode pose aussi question sur la cohérence de l’œuvre et le rythme bimensuel en VO. Tous ces éléments ont gêné ma lecture. Les coloristes maintiennent toutefois une certaine unité.

Le tome est conclu par un épisode one-shot qui revient sur la transmission des valeurs entre Superman et Jon, scénarisé par Micheal Moreci et dessiné par Scott Godlewski. Il offre une nouvelle preuve que le thème familial est le point fort des scénaristes réguliers de la série et la comparaison fait mal à Moreci. Fade, sans originalité, l’épisode inspire l’ennui. Même chose pour les dessins où le trait de Godlewski n’est franchement pas beau, notamment sur les visages. Un épisode fill-in sans intéret.

Ce tome 4  de Superman Rebirth est une petite déception. Partie graphique bancale et facilités scénaristes plombent cet arc un peu long qui a toutefois le mérite d’amener des réponses à des questions disséminées par les scénaristes depuis le début de leur run. Une lecture correcte qu’on aurait aimé plus qualitative !

7
Correct
On aime
Les scéanristes apportent des réponses aux questions de continuité
Deux premiers épisodes plutôt bons
On aime moins
Des facilités scéanristiques
Une partie graphique irrégulière