[Focus] La jeunesse de Picsou (1/12)

La Jeunesse de Picsou est une oeuvre tellement riche qu’elle mérite bien plus qu’une review classique. C’est pourquoi dans le cadre de ce focus, j’ai choisi de faire un article pour chaque épisode de la série. En plus de l’histoire, il sera question des références et clins d’oeil à Carl Barks, du parallèle avec l’Histoire réelle, des publications de l’épisode, et bien plus encore.

Episode #1: Le Dernier du Clan McPicsou

Cette histoire porte dans la classification INDUCKS le n°D91308 et a été publiée par Egmont le 10 août 1992, dans Anders And &co. #33, sous le titre Den sidste von And. Son titre en anglais est The Last of the Clan McDuck, publié dans Uncle Scrooge #285 en avril 1994. Pour ce qui est de la publication française, c’est dans Picsou Magazine #266 en mars 1994 que cet épisode de 15 planches est publié pour la première fois.

L’histoire commence en 1877 en Écosse. Le jeune Balthazar, âgé de dix ans, est l’héritier du clan des McPicsou dont les derniers membres vivent dans la pauvreté à Glasgow. Fergus, le père de Balthazar, dans le but de rapporter de l’argent à la famille, confectionne à son fils un kit de cireur de chaussures. Pour apprendre à Balthazar à toujours se méfier, il paye Burt le cantonnier pour qu’il soit le premier client de Balthazar. Après que le jeune McPicsou ait passé une demi-heure à nettoyer ses bottes, Burt le paye avec une pièce américaine, ce qui amène à Balthazar sa première déception.

Cet épisode donne à Balthazar l’envie de revoir le château du clan, à Dismal Downs. Il rencontre alors le fantôme d’un ancêtre, Sir Duncan McPicsou, qui lui suggère de se rendre en Amérique aider son oncle John McPicsou sur son vapeur, et ainsi faire fortune. Durant cet épisode Balthazar débarrassera également les terres de ses ancêtres en faisant fuir les Biskerville qui s’y étaient installés. Il finira par se rendre en Amérique comme Mousse sur un bateau.

Cet épisode, comme tous les autres de la série, regorge de références à Carl Barks, ainsi qu’à d’autres histoires de Picsou, qui ont servi à don Rosa pour établir cette biographie du personnage.

Tout d’abord, la traditionnelle dédicace. En effet, Don Rosa a dissimulé dans ses planches un message à Carl Barks, sous la forme d’une inscription: DUCK (Dedicated to Uncle Carl by Keno). Dans ce premier épisode, on peut trouver cette dédicace dès la première case de la première planche, inscrite sur un billet, en bas à gauche de Picsou.

Don Rosa a révélé que cet épisode devait à l’origine commencer bien plus tot dans l’Histoire, en 400. A cette date avait lieu le siège du mur d’Hadrien On aurait alors appris que c’est un MacDuich (devenu avec le temps McDuck) qui avait vaincu les Romains et ainsi créé l’Ecosse. On aurait ensuite suivi le cours du temps pour voir qu’un McDuck était présent lors de chaque évènement de l’Histoire écossaise. C’est Byron Erickson, éditeur de Don Rosa, qui a dissuadé Don Rosa de commencer ainsi sa saga.

Cet épisode fait référence à une histoire publiée dans Uncle Scrooge #50 (1964) par Tony Strobl, où l’on voit Picsou gagner son premier sou en nettoyant des chaussures. On avait déjà vu Balthazar en cireur de chaussures dans Uncle Scrooge #44. Autre référence, Le Sablier Magique (Donald Duck Four Colour #291), où il était dit que Picsou était venu en Amérique en tant que mousse sur un bateau à bétail. Don Rosa a repris ce détail, et laissé de côté l’histoire d’un sablier magique à l’origine de la fortune de Picsou.

Cet épisode fait suite à un autre, par Don Rosa, appelé Canards, centimes, et destinée, qui sera publié postérieurement. Un détail nous le confirme: le chapeau de Matilda, la soeur de Picsou. En effet, dans chaque épisode dans lequel elle apparaît, la fleur de son chapeau perd un pétale dans chaque case où elle se trouve. Sa dernière apparition dans l’épisode se fait donc avec un chapeau qui a une fleur sans pétale. Cet épisode étant la suite directe de Canards, centimes, et destinée, Matilda commence l’histoire sans aucun pétale à son chapeau.

Quand on entend ici et la que l’oeuvre de Don Rosa fourmille de détails, de clins d’oeil, et autres références, on est loin de se douter à quel point cela est vrai. Nous venons de le voir pour le premier épisode, qui, en plus de poser les bases d’un récit grandiose, est déjà d’une richesse impressionnante. Et ce n’est que le début…