Day Men Tome 1 – Lux in tenebris (VF – Glénat Comics)

Fiche technique

Scénaristes: Matt Gagnon, Michael Alan Nelson

Dessinateur: Brian Stelfreeze

Glénat Comics – Format agrandi – cartonné – 144 pages – 15,95€

Disponible depuis le 04/11/2015

Présentation de l’album par Glénat Comics:

Une lumière dans les ténèbres…

Depuis des milliers d’années, le monde est contrôlé par les « 50 familles » : une assemblée secrète de vampires engagée dans une lutte de pouvoir sans merci. Mais lorsque le soleil se lève, ces familles sont obligées de faire appel à de simples mortels pour leurs missions secrètes. Fruits d’un entraînement de plusieurs siècles pour devenir des armes mortelles, les « Day Men » ne sortent qu’une fois le soleil levé, seuls dans un monde en sommeil, pour accomplir les funestes projets de leurs bienfaiteurs… Parmi eux, David Reid est le bras armé de la famille Virgo.

Coécrite par Matt Gagnon (Freelancers) et Michael Alan Nelson (Supergirl, Hexed), Day Men est une série d’action à la fois fantastique, épique et sexy, formidablement illustrée par le dynamisme du trait de Brian Stelfreeze.


Glénat n’en finit pas de nous proposer des nouveautés en cette fin d’année, et cette sortie ne déroge pas à la règle, puisque c’est encore d’une nouvelle série dont je vais vous parler aujourd’hui, issue du catalogue de l’éditeur américain Boom! Studios. Ce premier tome, de 144 pages pour 15,95€ (dépasser le seuil des 15€ pour moins de 150 pages, c’est un peu trop), contient la première partie de la série, qui devrait se terminer dans le Tome 2, puisqu’elle contient 8 numéros. La série a souffert de nombreux retards aux USA, où il fallait attendre plusieurs mois entre deux singles, ce qui m’avait découragé de la suivre malgré les deux premiers épisodes qui m’avaient séduit. Cette sortie française me permet donc de reprendre Day Men, en espérant que ma patience aura été récompensée.

Et dans l’ensemble, j’ai envie de dire que oui, malgré quelques défauts que je vous exposerai bientôt. Tout d’abord, et même si je vais donner l’impression de me répéter, je dois souligner la qualité de l’objet que Glénat Comics met entre nos mains: couverture soignée (et rigide), papier de grande qualité, quelques bonus, et un livre qui tient le choc et supporte un voyage en sac à dos sans finir en lambeaux. Mais cette qualité a un prix, que je trouve personnellement trop élevé et qui risque d’éloigner de nombreux lecteurs potentiels. Espérons que cela ne porte pas trop préjudice à cette série qui mérite de trouver son public.

Au niveau du scénario, c’est une réussite dans l’ensemble, bien que le lecteur ne pourra s’empêcher de penser très fortement à Lazarus, autre (excellent) titre du catalogue Glénat Comics. Je m’explique. Le monde est dirigé par une cinquantaine de familles de vampires, qui forment une assemblée secrète qui règne sur le monde. Comme dans Lazarus, ces familles puissantes se livrent une lutte féroce pour augmenter leur pouvoir (et leurs richesses par la même occasion), et font appel à une personne particulière, une par famille, pour assurer leur défense et mener à bien des missions périlleuses. Ici, ce ne sont pas des Lazares, mais des Day Men, des humains tout ce qu’il y a de plus normaux et mortels, qui ont une force que n’ont pas les vampires: ils peuvent évoluer de jour. Ainsi, ces humains surentrainés prennent leur poste au lever du jour, au moment où leurs “maîtres” sont contraints de se retirer, et se lancent dans des opérations tout sauf amicales. La ressemblance avec Lazarus vous frappera donc forcément à un moment ou à un autre, mais le scénario a suffisamment de qualités pour vous faire passer au dessus de cela, et vous permettre de passer un bon moment de lecture. Nous suivons dans ce premier tome David Reid, le Day Man de la famille Virgo, et qui s’avère être un personnage plutôt attachant et bien développé, contrairement à certains vampires parfois franchement stéréotypés. Le récit est bien rythmé, et ne manque pas de quelques rebondissements et d’affrontements sanglants.

En revanche, nous ne savons rien du personnage que nous suivons. Qui est ce David Reid? D’où vient-il, comment a-t-il été recruté et pourquoi a-t-il choisi de ce dévouer à une famille de vampires, et à celle-là en particulier? Autant de questions pour le moment sans réponses.

Les amateurs de récits de vampires apprécieront la proposition originale de ce récit, qui fait des vampires autre chose que des êtres sanguinaires, et les rend au contraire “dépendants” de leurs Day Men, de simples humains. Ils ont besoin de ces êtres que beaucoup d’entre eux jugent inférieurs à eux, et que la plupart ont envie de vider de leur sang, plutôt que de leur confier le destin de leur famille. Mieux encore, les scénaristes semblent s’amuser de certaines situations bien connues dans les récits de vampires pour nous amener ailleurs que l’auraient fait d’autres récits classiques du genre. Le trafic de crocs et l’arrivée dans le paysage déjà bien occupé d’une nouvelle menace originale en sont des exemples.

Cette originalité est l’un des points forts de ce premier tome, avec les dessins de Brian Stelfreeze, très dynamiques et d’une qualité constante de planche en planche. On ne notera pas ici d’inventivité folle dans le découpage ni dans les dessins, mais cela donne au planches un coté classique pas inintéressant, qu’il est agréable de retrouver de temps en temps, et qui contraste bien avec l’originalité marquée du scénario.

En bref, Day Men est encore une bonne pioche pour Glénat Comics, pas exempte de quelques défauts, mais très agréable à lire et pleine de bonnes idées. On regrettera le prix un peu élevé par rapport au nombre d’épisodes, mais on appréciera le fait de se lancer dans une nouvelle série en sachant que cela ne nous engage que pour deux tomes.

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Day Men