Denver & other stories ((VF – Glénat Comics)

Fiche technique

Auteurs : Jimmy Palmiotti, Justin Gray (Scénario) – Phil Noto, Pier Brito (Dessins)

Contient les épisodes VO: Creator-owned heroes #1-4

Glénat Comics – Format comics cartonné – 160 pages – 16,95€

Présentation de l’album par Glénat Comics:

Refuge de l’humanité. Repaire du crime.

Dans un futur proche, une météorite a changé la face du monde. Après une terrible montée des eaux, il ne reste aux USA plus qu’une seule ville à la surface : Denver, Colorado. Max Flynn, membre des garde-côtes censés contrôler la bordure de la ville, y mène une vie routinière. Jusqu’au jour où sa femme va se faire enlever, le propulsant au cœur d’une terrible machination…

Jimmy Palmiotti et Justin Gray signent un polar noir et tendu sur fond de récit d’anticipation, quelque part entre Blade Runner, Soleil Vert et le mauvais esprit des productions de Quentin Tarantino.

Également au menu de Denver & Other stories : Trigger Girl 6, un thriller d’espionnage façon Nikita mâtiné de SF, et une histoire courte inédite !


Avec cet album, Glénat Comics prend un pari risqué: tenter un album anthologique sans capitaliser sur un personnage ou un artiste ultra vendeur. Certes Jimmy Palmiotti est bourré de talent, mais ce n’est pas lui faire offense que de penser qu’il n’est pas connu du grand public en France. Et il faut reconnaître que pour cet album, l’éditeur a bien fit les choses au niveau de l’édition: couverture soignée comme à chaque fois, et contenu très enrichi par de nombreux bonus. le préambule de Jimmy Palmiotti est d’ailleurs particulièrement intéressant. Nous avons droit à de nombreux compléments, dessins préparatoires, covers, etc, qui sont un vrai plus pour cet album.

C’est Denver qui ouvre la danse, avec une histoire assez prenante, et qui nous accroche sans que l’on s’en rende compte. L’univers décrit est particulièrement sombre et présente beaucoup d’intérêt, notamment la façon dont est régulée la population de la ville. Le twist concernant les déboires qui arrivent au personnage principal est intéressant, et malgré son côté classique, je ne l’ai pas vu venir, preuve qu’il est bien mené. Il en va de même pour la résolution de l’intrigue, et le plan mis en oeuvre par les héros, encore une fois classique, mais que je n’attendais pas. Les dessins collent bien à l’ambiance mais ne m’ont cependant pas particulièrement transcendé. Une chose qui m’a gêné dans ma lecture: le découpage de l’histoire en chapitres, à mon sens pas utile et qui casse plus le rythme qu’autre chose. Denver reste tout de même une bonne histoire, pleine de rebondissements bien menés.

Vient ensuite Trigger Girl, histoire que j’ai préféré dans cet album. Le personnage de la Trigger Girl est d’entrée intrigante et charismatique, impression renforcée par sa détermination et sa puissance. J’ai beaucoup aimé dans cet histoire le fait qu’on ne s’arrête pas à une simple mission (éliminer le Président), mais que l’on bascule dans la science fiction au moment où l’on découvre la vraie raison de la mission de Trigger Girl, qui possède une particularité qui va d’ailleurs bien troubler le Président. Les dialogues sont plutôt bons, et le style graphique, contrairement à Denver, m’a beaucoup plus plu. Un vrai bon moment, et la preuve qu’il est possible de raconter une histoire auto contenue et avec du fond en seulement quelques pages.

Ce qui n’est clairement pas le cas pour la dernière histoire du livre, Painkiller Jane, pour moi sans queue ni tête, et surtout sans intérêt. Que l’on présente des personnages dénudés dans un comic-book ne me dérange pas, à condition que cela ne soit pas la seule raison d’être de ce comic-book. Et c’est à mon sens le cas ici. Car à part nous montrer Jane croupe tendue au salon de tatouage, puis dans plusieurs positions très suggestives, pour finir sur une planche où elle s’aperçoit avec une grande intelligence dans le regard et la parole que la moitié de ses vêtements ont été comme par hasard arrachés dans une explosion, quel est l’intérêt de cette histoire courte? Aucun. On n’apprend rien d’intéressant sur le personnage, l’histoire est anecdotique pour ne pas dire inexistante et bête. Une petite dizaine de pages qui tire clairement l’album vers le bas, et nous laisse sur une impression bien désagréable de vide. Dommage.

Pour faire court, je vous conseille de tenter l’aventure Denver, à condition d’être prêt à passer outre la dernière dizaine de pages de l’album, et de bien garder en tête le très bon moment passé avec Denver et Trigger Girl.