The Shaolin Cowboy (VF – Glénat Comics)

Fiche technique

Scénariste et dessinateur: Geof Darrow

Glénat Comics – Grand format cartonné – 160 pages – 19,95€

Disponible depuis le 28/10/2015

Présentation de l’album par Glénat Comics:

Du kung-fu, des tronçonneuses et des zombies en masse !

Mais qu’a-t-il bien pu arriver à Shaolin Cowboy pour qu’il se réveille au milieu d’une horde de zombies, un os de poulet logé au fond de sa narine ? Pas le temps de gamberger, pour l’heure notre héros part s’armer de son bâton-tronçonneuse pour découper ces monstres un à un dans une redoutable danse de combat, mortel héritage de son apprentissage auprès des plus grands maîtres de kung-fu. Filmé par des badauds, la vidéo de ses exploits se retrouve très vite postée sur Ewe Tube : visionnée, likée, partagée aux quatre coins de la planète ! Mais la gloire devra attendre, Shaolin Cowboy a encore du pain sur la planche pour éradiquer la menace…

Faisant la synthèse parfaite entre le récit pulp des années 30-40 et les films de l’âge d’or du kung-fu, The Shaolin Cowboy vous emporte dans un tourbillon de violence aussi jouissif qu’absurde, déployé par une maestria graphique et une science du découpage dont seul Geof Darrow a le secret !

En bonus à cette édition française : une séquence d’introduction réalisée spécialement pour l’occasion et des suppléments graphiques (work in progress, concept arts, illustrations…) totalement inédits !


On ne va pas tourner autour du pot, The Shaolin Cowboy est une expérience particulière. Un comics sans dialogues, ou presque, et surtout une leçon de dessin, de composition de pages, et de storytelling.

Le scénario, ne le cherchez pas. Vous allez seulement assister à une bataille entre le Shaolin Cowboy et une armée de zombies. Point. Dans un sens, c’est très décevant, surtout que l’absence de dialogue rend la lecture très rapide. D’un autre côté, cette bataille est absolument jouissive à suivre, et Darrow ne manque pas d’inventivité lorsqu’il s’agit de faire dézinguer des zombies à son personnage.

Graphiquement, c’est une claque absolue. C’est un des albums les plus aboutis graphiquement que j’ai pu lire. Le dessin est magistral, fourmille de détails et ne fait l’impasse sur rien. Qu’il s’agisse des entrailles des zombies, des giclées de sang ou des insectes qui vivent sur les revenants, tout est montré dans cette œuvre très graphique, à réserver à un public plutôt averti. Mais la véritable leçon, elle vient de la composition des planchez et du storytelling. Geof Darrow arrive à nous conter une histoire dynamique, extrêmement bien rythmée, et nous dépeint une bataille dantesque sans perte une seconde en lisibilité, et ce sans aucun dialogue ou presque. Un exploit, et une leçon donnée à la fois aux dessinateurs, mais aussi aux scénaristes. Le travail sur la composition des pages est incroyable, et le rythme varie à la perfection au fur et à mesure des scènes. C’est un film qui se déroule sous vos yeux, et vous vous surprendrez peut-être à faire les bruitages dans votre tête. J’ai juste noté un moment un peu long au centre de l’album, avec une succession quasi interminable de double pages découpées de la même manière, qui ont fini par me lasser.

L’édition est impeccable et enrichie de quelques bonus, dont une interview de l’artiste par Olivier Jalabert. Le format agrandi laisse pleinement s’exprimer la beauté graphique de l’oeuvre, mais on regrettera toute fois le prix, qui pourrait faire grincer les dents de quelques uns. Presque 20 euros pour une lecture aussi courte, je comprends que cela puisse déranger certains acheteurs.

En bref, The Shaolin Cowboy est une démonstration graphique à vous couper le souffle, mais que vous lirez peut-être très vite, à la vitesse de la claque que vous viendrez de vous prendre.

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The Shaolin Cowboy