Un Long Halloween est l’un des incontournables sur le personnage de Batman. Les auteurs, Jeph Loeb et Tim Sale, constituent un duo en totale symbiose sur ce titre et sur sa suite Amère victoire. Forts de leur succès, Loeb et Sale ont livré quelques séquelles agréables mais dispensables dont le récit Catwoman à Rome.
Un projet endeuillé
Le duo, qui a débuté sa collaboration en 1990 sur la série Challengers of the unknown, décide au début des années 2020 de donner une conclusion à sa saga. Tim Sale dessine alors ce qui constitue l’épisode 0 mais le décès de ce dernier en 2022 bouleverse le projet qui reste alors en stand by jusqu’en 2024 lorsque Jeph Loeb décide, afin de rendre hommage à son compagnon, d’achever le récit en confiant la partie graphique à dix artistes dont certains font partie de la crème du métier.
Un nouveau tueur au calendrier
Le récit de Jeph Loeb prend le partie de reprendre, comme dans Un Long Halloween, le concept du tueur au calendrier comme postulat de base. S’en suit alors une enquête conduite par Batman et Robin – Dick Grayson – avec en toile de fond la relation entre Harvey et Gilda Dent, qui va les mener dans les bas fond de Gotham sur les traces de multiples vilains.

Un récit poussif au rythme irrégulier
Si l’on retrouve avec plaisir l’atmosphère de polar noir des précédents volumes de la saga, Le Dernier Halloween se montre malheureusement très poussif dans son déroulé, reposant sur un rythme très irrégulier avec plus de bas que de hauts. Les rebondissements semblent forcés, usant de grosses ficelles que l’on voit facilement venir. Fort heureusement, Jeph Loeb retrouve un peu de sa superbe dans la caractérisation des deux héros. Le scénariste décrit un Batman violent qui n’a de cesse vouloir protéger Robin de la sombre fureur qui gagne les rues de Gotham. Le trio qu’ils forment avec Alfred réserve quelques séquences assez touchantes mais cela ne suffit pas pour faire du Dernier Halloween un récit réussi.
Graphiquement solide
Les artistes réunis fournissent un travail très solide même s’il y a des disparités, à commencer par le dessinateur originel de la saga, en forme moyenne, malheureusement. Eduardo Risso, Becky Cloonan ou encore Chris Samnee tirent particulièrement leur épingle du jeu avec un dessin qui joue avec les ombres, ce qui, pour l’ambiance de polar noir, se montre redoutable !
En bonus, Urban Comics propose avec des entretiens des artistes plutôt agréables à parcourir.

La saga Un Long Halloween s’achève de manière décevante avec un ultime volume qui ne parvient pas à passionner. Narrativement poussif, le récit bénéficie toutefois de quelques jolis moments et d’une partie graphique de qualité mais cela ne suffit pas à effacer le sentiment de gâchis ressenti à la lecture.


