A la dérive (VF)

A la dérive
Date de Sortie
7 janvier 2026
Scénario, dessin & couleurs
Bryan Lee O'Malley
Traduction
Nadège Gayon-Debonnet
Editeur
HiComics
La note de ComicStories

Publié en 2003 chez Oni Press, la première création de l’auteur de Scott Pilgrim (2004-2010) était resté inédite en France jusqu’à aujourd’hui. HiComics propose ce road trip adolescent sous le titre A la dérive (Lost at sea en VO) qui traite, déjà à l’époque, des thèmes favoris de Bryan Lee O’Malley.

Les tourments d’un individu

Alors que Scott Pilgrim proposait de suivre le difficile passage à l’âge adulte d’un garçon de 23 ans et Seconds, l’évolution d’une jeune femme d’une trentaine d’années à la croisée des chemins, A la dérive suit Raleigh, une adolescente de 18 ans qui s’embarque dans un road trip en direction du Canada en compagnie de trois camarades de lycée qu’elle connait à peine. Coincée dans sa timidité et son mal être, elle est convaincue qu’on lui a volé son âme et que celle-ci est cachée dans un chat. Ce périple imprévu va être l’occasion d’un voyage intérieur révélateur.

Une justesse d’écriture, déjà

Dès sa première création, Bryan Lee O’Malley fait preuve d’une grande justesse dans sa description de la maladresse, la solitude et l’errance de l’adolescence. A travers le récit de Raleigh, l’auteur retranscrit parfaitement les difficultés d’être au monde, de se trouver une place au cœur d’un microcosme ardu à appréhender et de mettre en mots ses émotions pour une jeune femme qui se cherche et se questionne sur son avenir. Pour contrer ces pensées parasites qui l’envahissent, Raleigh s’évade à l’intérieur d’elle-même dans un monde onirique dont elle essaye de convaincre ses camarades de l’existence.

Bryan Lee O’Malley parvient à emporter le lecteur dans ces méandres existentielles, riches en émotion et bien plus profonds qu’il n’y parait de prime abord.

Fausse simplicité artistique

Le dessin faussement simple de Bryan O’Malley délivre une charge émotionnelle forte. L’artiste parvient à exprimer la mélancolie, l’errance, la tristesse ou encore la solitude par le vecteur de l’expressivité de ses personnages. Un regard, un geste, un mouvement, une position rendent palpables les sentiments manifestés. Initialement produit en noir & blanc, A la dérive a bénéficié d’un colorisation bi chromique à l’occasion des dix ans de la sortie du comic par delà l’atlantique. C’est cette version que propose HiComics.

Dès sa première oeuvre, Bryan Lee O’Malley démontrait toute sa justesse à décrypter les tourments des individus. Subtil et profond, A la dérive marque les esprits ! 

Points forts
Le thème, abordé en profondeur
Le traitement des personnages
La force du dessin, d'une fausse simplicité