Trois ans après la parution du tome 4, la conclusion de Farmhand arrive enfin avec un ultime volume qui tient toutes ses promesses !
Le germe est dans le fruit
Dans Farmhand, Rob Guillory met en scène Jedidiah Jenkins, un agriculteur qui cultive des organes humains à croissance rapide capables de réparer les corps. Perdre un doigt ou avoir besoin d’un nouveau foie n’est plus un problème ! Jedidiah a ce qu’il faut. Malheureusement, les étranges substances qu’il utilise ont quelques effets secondaires. Au fond du sol de la ferme familiale Jenkins, quelque chose de noir a pris racine et commence à grandir.
Une saga familiale prenante
Farmhand est une grande réussite ! Ce comic décalé et plutôt humoristique à ses débuts se mue au fil des épisodes en une aventure fantastique et familiale aux multiples richesses et qui se teinte de drame. Rob Guillory livre une réflexion écologique sur les diverses mutations biologiques tout en offrant une véritable saga familiale où il traite d’une multitude de thèmes avec succès. A travers la famille Jenkins, Rob Guillory parle d’héritage culturel et de la force des liens familiaux. Jedidiah est un père imparfait qui, afin de faire le deuil de sa femme, s’engage sur des chemins où il pense faire le bien mais qui entrainent des conséquences sur sa famille et sur le monde qui l’entoure. Son fils Ezekiel, avec qui il est fâché depuis le décès de sa mère, revient dans la maison de famille et tente de renouer avec Jedidiah tout en jouant lui-même son rôle de père et en cherchant à ne pas reproduire les mêmes erreurs.

Narrativement maitrisé
Le scénariste crée également une communauté autour de laquelle il développe l’importance de la solidarité, et parle de rédemption et de pardon à travers un prisme religieux – peu surprenant pour celui qui dit en fin de livre qu’il n’aurait rien pu créer sans l’aide de Jésus…L’ensemble ne souffre d’aucun temps faible et se pare de drame sur les derniers volumes. L’auteur maitrise également parfaitement les éléments fantastiques qu’il introduit, que cela soit narrativement ou graphiquement. Les personnages sont attachants, le récit haletant et la conclusion très satisfaisante.
Du Rob Guillory dans le coup de crayon
La patte graphique de l’artiste fait merveille, entre caricature et dynamisme indéniable. Comme à son habitude, Rob Guillory crée des designs de personnages impeccables et multiplie les clins d’oeil humoristiques à droite à gauche. Lorsque le récit bascule dans le fantastique, là aussi, l’artiste est en toute maitrise avec un mélange de terreur et de grotesque. Aux couleurs, les différents artistes qui se succèdent offrent une belle homogénéité.

Farmhand s’achève enfin et l’on n’est pas déçu ! La série tient ses promesses jusqu’au bout. Entre humour, fantastique et saga familiale, la série créée par Rob Guillory est une franche réussite !


