Après avoir édité plusieurs de ses projets en compagnie de Joshua Dysart, en particulier l’excellent L’île aux Orcs, Bliss Editions propose la première œuvre en tant qu’auteur complet d’Alberto Ponticelli.
Dans Blatta, l’artiste plonge le lecteur dans un univers futuriste très sombre dans lequel la surpopulation a entraîné la prohibition de la procréation. Les gens vivent, meurent et sont transformés dans un nouveau corps cloné. Seul le travail habite les individus. Mais que se passe-t-il lorsque le système déraille ?
Une noirceur oppressante
L’univers imaginé par Alberto Ponticelli est d’une noirceur totale, immergeant le lecteur dans une sensation de suffocation incroyable. L’individu que l’on suit est aliéné par sa tâche et si, par moments, le passé le taraude, c’est pour mieux faire immédiatement table rase. Et même lorsque son monde bascule, la noirceur ne le quitte jamais vraiment malgré quelques moments d’espoir vite étouffés.
Le récit se déroule de façon relativement classique. On n’y trouvera pas d’immenses surprises. Mais la narration introspective proposée par l’auteur relate remarquablement l’état d’esprit du protagoniste principal et le monde dévasté qui l’entoure.
Une partie graphique puissante
C’est du côté de la partie graphique que l’artiste épate. L’aspect suffocant et claustrophobe est remarquablement rendu par un découpage « au plus près » qui fait ressentir le lecteur lui-même comme pris dans une cellule étroite. Le choix du noir et blanc renforce évidemment cette effrayante noirceur. Le design des personnages et le délabrement des environnements appuient cette forme d’apocalypse qui s’est abattue sur les humains. La partie graphique participe grandement à cette atmosphère étouffante et angoissante.

Blatta est une œuvre qui marque par sa noirceur et la puissance de son dessin ! Par ses choix narratif et graphique, Alberto Ponticelli réussit une plongée terrifiante dans un monde apocalyptique dont le lecteur ne sort pas indemne !


