Deadly Class – Volume 1 : Noise noise noise (VF)

Deadly Class - Volume 1 : Noise, noise, noise
Date de Sortie
7 mai 2026
Scénario
Rick Remender
Dessin
Wes Craig
Couleurs
Lee Loughridge, Jordan Boyd
Editeur
Urban Comics
La note de ComicStories

Deadly Class est de retour en VF après de longues années d’indisponibilité pour plusieurs tomes. C’est dans la collection Paperback que débarque la série après plusieurs projets avortés dans des formats cartonnés. Ce premier tome – à priori sur quatre – invite le lecteur à découvrir les seize premiers épisodes de la série.

Un comicbook personnel pour son auteur

En 2013, Rick Remender, qui vient de quitter Marvel, s’inspire de sa propre jeunesse faite de spleen et de rage d’adolescent punk pour imaginer Marcus, son personnage principal, qui se retrouve orphelin à 17 ans suite à la mort accidentelle de ses parents immigrés nicaraguayens, victimes d’une schizophrène. Nous sommes en 1987. Ronald Reagan a décidé de saper les fonds sociaux, fermant notamment les hôpitaux psychiatriques, laissant des milliers de malades mentaux errer dans les rues de San Francisco. Placé dans un orphelinat où on le martyrise, Marcus s’échappe et se retrouve SDF. Il est alors recruté dans la Kings Dominion School of the Deadly Arts, une école de tueurs professionnels. Bien content de ne plus être à la rue, Marcus va découvrir un monde qui lui est totalement étranger et vivre des aventures périlleuses au sein de cette école remplie de jeunes aussi dangereux que torturés.

Avec les tripes

Rick Remender écrit avec ses tripes, se livrant totalement. A travers Marcus et ses congénères, l’auteur décrit avec une grande justesse les révoltes, les tourments et les désespoirs d’une jeunesse délaissée. Dans cette école peuplée d’enfants de mafieux, de trafiquants, de yakuzas et autres activistes de saines activités, chacun se débrouille comme il peut avec ses codes et son langage, souvent à coups de poings, de canifs ou d’armes à feux.

Rick Remender mêle secrets personnels, amours contrariées et trahisons en tout genre dans un récit qui ne connait aucun temps mort et surprend sans cesse. Deadly Class possède une énergie incroyable et un rythme survolté. Et c’est sur l’écriture de ses personnages que la série trouve une force supplémentaire. De ces associations improbables, le scénariste tire des relations qui touchent et rendent les personnages attachants aux yeux du lecteur.

Wes Craig, entre inventivité et énergie

Mais Deadly Class ne serait pas le bijou qu’il est sans la partie graphique de Wes Craig. L’artiste possède un dessin singulier qui joue beaucoup sur les contrastes du trait noir et des couleurs de son compère Lee Loughridge. Ses designs incroyables s’immergent dans une mise en page sans cesse inventive qui traduit l’énergie du scénario de Rick Remender. L’art de Wes Craig s’imprègne des émotions des personnages, entre ultra violence et détresse, pour transcrire leurs tourments. L’artiste plonge aussi tête baissée dans les années 80 et leurs temps brulants et en marge, bien secondé par le coloriste qui impose une tonalité spécifique à chaque séquence !

Deadly Class est, pour Rick Remender, un comicbook personnel fait de spleen et de révolte que Wes Craig sublime de son trait inventif et singulier ! Un début de série indispensable !

Points forts
Un comic viscéral plein de révolte et de rage
L'inventivité graphique de Wes Craig et Lee Loughridge
L'écriture des personnages
Le contexte social et politique en toile de fond