Jeremy Adams démontre toute sa connaissance et son amour de l’univers DC Comics sur toutes les séries qu’il scénarise ! Petit tour d’horizon, en sa compagnie, de sa façon d’aborder son travail d’écriture.
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DC Comics et vous
En ce moment, vous travaillez principalement chez DC Comics, un univers pour lequel votre travail témoigne d’un grand amour et d’une connaissance approfondie. Quelle était votre relation, en tant que lecteur, avec cet univers avant de commencer à travailler sur ces personnages ?
Jeremy Adams : Bonne question. En réalité, je connais — ou j’ai conscience de l’existence — de DC Comics depuis… ma naissance. Que ce soit sous forme de jouets MIGO, de sous-vêtements à l’effigie des héros, de comics, etc. Mais j’étais probablement plus au fait de l’actualité du monde des comics parce que mon père avait dessiné un peu pour DC et Marvel. J’aimais donc de tout mon cœur les « Big Two ». Je lisais tous les comics que je pouvais me procurer, et ce depuis aussi loin que je m’en souvienne.

Votre écriture
Il y a dans votre écriture un grand respect pour l’histoire des personnages et pour la continuité de l’univers. Est-ce l’un des marqueurs essentiels de votre approche de l’écriture de comics ? Prenez-vous plaisir à fouiller dans les anciennes archives de DC Comics pour remettre en lumière des personnages ou des concepts un peu oubliés ?
Jeremy Adams : Oui aux deux. Je ne pense pas que ce soit intentionnel ; c’est plutôt que j’ai l’occasion de m’amuser avec les jouets du coffre à jouets. Et beaucoup de personnages sont déjà pris, donc je dois parfois creuser un peu plus. Heureusement, j’ai cette connaissance saine et profonde des personnages, acquise au fil d’une vie de lecture et d’imagination, donc j’ai l’impression de les connaître… si c’est la bonne façon de le dire. Je m’inspire clairement de choses qui m’ont marqué quand j’étais jeune, ainsi que de questions que je me posais en lisant des comics au fil des années. De façon assez drôle, je me retrouve aujourd’hui dans une position où je peux aborder la continuité (ses failles ou non) comme j’en ai toujours rêvé !
Vous aimez faire évoluer les personnages sans les révolutionner complètement, contrairement à certains auteurs. Est-ce aussi un élément important de votre style — éviter la stagnation tout en respectant la continuité dans la manière dont les personnages sont écrits ?
Jeremy Adams : Je pense que ces personnages ont traversé le temps parce qu’ils sont ce qu’ils sont. Je ne veux pas trop m’en éloigner. À MOINS qu’il y ait une bonne raison. Mais mes auteurs préférés ont toujours respecté les personnages qu’ils écrivaient. Frank Miller, qui est peut-être l’un des meilleurs à avoir jamais fait ce métier, prenait des personnages comme Batman ou Daredevil et les faisait passer par l’enfer, sans jamais vraiment les CHANGER dans ce qu’ils sont au fond d’eux-mêmes. Il ne les « brisait » jamais. Ce ne sont pas mes personnages. Pas mes jouets. J’ai donc un profond respect pour ce qu’ils sont. CELA DIT, je ne dis pas que je ne changerai jamais d’avis haha — surtout si la bonne histoire se présente.

Vos comics accordent une place importante aux personnages et surtout à la famille, comme on peut le voir par exemple dans Flash ou Aquaman. Aimez-vous écrire ce type de relations ? Pensez-vous que les super-héros sont plus intéressants à lire ou à écrire lorsqu’ils sont entourés de leurs proches plutôt que lorsqu’ils sont des figures solitaires ?
Jeremy Adams : Je pense que cela dépend simplement des personnages. Pour Wally, je sais que c’est un homme de famille. Moi aussi. Cela rendait l’écriture plus facile. Pour Aquaman, c’est un roi ! Il y a tellement de monde autour de lui. Je ne cherche pas à en faire plus que nécessaire… je pense juste que je deviens gourmand. Et ces personnages-là, en particulier, s’épanouissent avec les autres membres de leur « famille » autour d’eux. Je suis sûr que si j’avais l’occasion d’écrire un personnage plus solitaire, je m’en sortirais très bien. Mais je n’ai pas encore vraiment eu cette chance. Et j’aime écrire les dynamiques familiales. Je les vis au quotidien, donc j’ai beaucoup de matière à exploiter de façon naturelle.
Même si les personnages sur lesquels vous travaillez traversent des périodes difficiles, j’ai l’impression que vous souhaitez toujours garder leur côté lumineux à l’esprit, en leur offrant des aventures épiques qui restent avant tout amusantes et divertissantes pour le lecteur. Le «grim and gritty» n’est pas vraiment votre truc ?
Jeremy Adams : Oui, c’est exactement ça. Je veux que mes héros soient des héros et que les vilains soient discutables… mais surtout des vilains. Pour moi, DC a toujours été synonyme d’espoir. Tout y est un peu plus LUMINEUX et éclatant. Et je pense que cela reflète ma personnalité. Je suis incroyablement optimiste… donc tout s’accorde plutôt bien.

Flash Gordon
Mad Cave a relancé Flash Gordon, un autre personnage légendaire. Pourquoi avoir accepté d’écrire ce nouveau comic ? Avez-vous une affection particulière pour ce personnage ?
Jeremy Adams : Je présentais certaines de mes idées de creator-owned à Mike Marts, le rédacteur en chef de Mad Cave, et même s’ils ont estimé que mes vingt idées environ n’étaient pas pour eux (snif), ils m’ont parlé de quelques licences qui pourraient m’intéresser. Il en a cité plusieurs et, quand il a dit « Flash Gordon », j’ai sauté sur l’occasion. Je suis un grand fan de science-fiction pulp, et j’y ai vu la chance d’écrire une sorte de feuilleton débridé que l’on peut lire et apprécier sans se soucier de la continuité ou d’une morale ambiguë.
Une fois encore, il s’agit d’un personnage doté d’un univers très riche, façonné par de grands noms du comics. Est-ce aussi ce qui vous plaît avec ce genre de personnage — un potentiel narratif infini, un immense terrain de jeu ?
Jeremy Adams : J’AI ADORÉ le fait qu’il n’y ait PAS AUTANT de continuité (du moins pas de façon précise) que dans quelque chose comme Green Lantern. J’avais pratiquement une page blanche (mis à part Mongo et ses habitants) pour raconter l’histoire que je voulais, avec un héros à la mâchoire carrée prêt à faire ce qui est juste, quel qu’en soit le prix. C’était vraiment très amusant.

Projets et lectures
Avez-vous prévu un nombre précis d’épisodes pour Green Lantern, Aquaman et Flash Gordon, ou votre aventure avec ces personnages est-elle loin d’être terminée ?
Jeremy Adams : Flash Gordon s’achèvera pour moi au numéro 15, principalement à cause de mon contrat d’exclusivité avec DC Comics. Pour les deux autres… j’ai une idée de la façon dont cela pourrait se terminer, mais on ne sait jamais. De nouvelles histoires continuent d’apparaître, même si je suis sûr que DC voudra remanier les séries à un moment donné. J’aurai du mal à leur dire au revoir… mais avec les comics, je ne suis pas sûr qu’on en ait vraiment besoin. Parce qu’un jour, on peut toujours y revenir et reprendre là où on s’était arrêté (vous voyez ? Moi = optimiste).
D’autres projets sont-ils en préparation ?
Jeremy Adams : Cette année, j’ai pu adapter Knightfall en version animée, en plus de Green Lantern et Aquaman. Il y a aussi quelques tie-ins DCKO et quelques secrets qui restent encore à révéler !
Jusqu’à présent, vous avez travaillé sur des personnages déjà existants. Comme vous l’avez évoqué, des projets en creator-owned vous tentent.
Jeremy Adams : C’est une évidence. J’en ai plusieurs en préparation. Mais je suis un peu submergé par les projets rémunérés ! Cela dit, j’en ai très envie. J’ai énormément d’idées.
Quels comics lisez-vous en ce moment ? Des coups de cœur ?
Jeremy Adams : J’essaie de toucher à un peu de tout. L’univers Energon est fantastique, évidemment. Toutes les publications de Ghost Machine le sont aussi. Du côté des « Big Two », j’apprécie beaucoup X-Men, Batgirl, les séries Absolute, et toujours tout ce qui touche à Batman. C’est difficile d’être objectif maintenant que je connais beaucoup des auteurs qui écrivent ces séries, donc j’ai tendance à tout aimer haha. Il y a trop de bons comics pour tous les citer, et c’est un problème absolument merveilleux à avoir.
DC Comics and You At the moment, you are working mainly at DC Comics, a universe for which your work shows a great deal of love and deep knowledge. What was your relationship, as a reader, with this universe before you started working on these characters?
Jeremy Adams : Good question. The reality is that I have known, or been aware of DC comics since…my birth. Whether it was in the form of MIGO toys, underoos, comics, etc…but, I was probably more privy to the goings ons of the comic world because father had drawn a little bit for both DC and Marvel. So, I loved the big two with all my heart. Read any comic I could get my hand on since before I can remember!
Your Writing There is a strong respect for the characters’ History and for the continuity of the universe in your writing. Is this one of the key markers of the way you approach comics writing ? Do you enjoy digging through DC Comics’ old archives to bring back somewhat forgotten characters or concepts and put them back in the spotlight?
Jeremy Adams : Yes to both of these. I don’t think it’s intentional as much as, I’m getting the chance to play with the toys in the toy box. And a lot of characters are spoken for. So, I have to dig a little deeper sometimes. Luckily, I have that healthy knowledge of these characters from a life time of reading and imagining, so it feels like I know them…if that’s the right way to say it. I’m definitely pulling from things that inspired me when I was young, and questions I had while reading comics through the ages. Hilariously, I’m in this position where I can address continuity (holes or otherwise) the way I always dreamed of!
You like to evolve characters without completely revolutionizing them, as some writers do. Is this also an important component of your writing style—avoiding stagnation while maintaining continuity in the way characters are written?
Jeremy Adams : I think the characters have endured because they are who they are. I don’t want to get away from that too much. UNLESS, there’s a reason. But, my favorite writers always respected the characters they were writing. Frank Miller, who might be the best to have ever done it, would take the characters like Batman, or Daredevil, and put them through hell, but never really CHANGE them in terms of who they are at their core. He never “broke” them. These are not my characters. Not my toys. So I have a healthy respect for them as is. THAT’S NOT TO SAY I WON’T CHANGE MY MIND haha especially if the right story comes along.
Your comics give a prominent place to characters and especially to family, as seen for example in Flash or Aquaman. Do you enjoy writing these kinds of relationships? Do you find that superheroes are more interesting to read or write when they are surrounded by loved ones rather than being solitary figures?
Jeremy Adams : I think it just depends on the characters. I know for Wally he is a family man. So am I. I think that made it easier to write. For Aquaman, he’s a king! There’s so many people around him. I don’t set out to make it bigger than it is…I just think I get greedy. And these characters in particular thrive with the other “family” members around them. I’m sure if I had the opportunity to write someone that is a bit more solitary, I’d have a fine time doing it. But, I really haven’t had the chance yet. And, I do like writing family dynamics. I’m living it day to day, so I have a lot to draw from organically.
Even though the characters you work on go through difficult times, I get the sense that you always want to keep their brighter side in mind, by giving them epic adventures that remain, above all, fun and entertaining for the reader. Grim and gritty isn’t really your thing—is that right?
Jeremy Adams : Yeah, that’s right. I want my heroes to be heroes and villains to be questionable, but mostly villains. DC has always been about hope in my mind. Everything is a bit more BRIGHT and shiny. And I think that’s reflective of my personality. I’m incredibly optimistic…so it all kind of fits.
Flash Gordon Mad Cave has relaunched Flash Gordon, another legendary character. Why did you accept to write this new comic? Do you have a particular affection for this character?
Jeremy Adams : I was pitching some of my creator owned ideas to Mike Marts, the EIC over there, and although they thought my twenty or so ideas weren’t for them (sob) they mentioned they had some licensed stuff that I might be interested in. He rattled off a few and when he hit “Flash Gordon” I jumped at it. I’m a big fan of pulp sci-fi, and I think I saw a chance to kind of write a rollicking serial that you could just read and enjoy without worrying about continuity or questionable morality.
Once again, this is a character with a very rich universe that has been shaped by some great names in comic books. Is that also what you enjoy about this kind of character—an infinite storytelling potential, a vast playground?
Jeremy Adams : I LOVED that there wasn’t AS MUCH continuity (not specific anyway) as something like Green Lantern. I basically had a bit of a blank slate (aside from Mongo and its denizens) to tell the story I wanted to tell with a square jawed hero that will do what’s right no matter what the cost. It was a lot of fun.
Projects and Reading Have you planned a specific number of issues you will write for Green Lantern, Aquaman and Flash Gordon, or is your journey with these characters far from over?
Jeremy Adams : Flash Gordon will be over for me by issue 15. Mostly because of my exclusive with DC comics. The other two…I have an idea of what it will end…but, you never know. More stories keep popping up, but I’m sure DC will want to shuffle the books a bit at some point. I will have a hard time saying goodbye though…but with comics, I’m not sure you need to. Because some day you might come back to it, and pick up where you left off (see? Me=Optimist)
Are other projects on the way?
Jeremy Adams : The animated Knightfall this year I was able to adapt to the screen, plus GL and Aquaman. Some DCKO tie-ins and some secrets yet to be revealed! So far, you have worked on already existing characters.
So far, you have worked on already existing characters. As you mentioned, creator-owned work appeals to you.
Jeremy Adams : It’s a must. I have several in the works. But I’m kind of swamped with the paid stuff! But I want to. I have a lot of ideas.
What comics are you currently reading? Any favorites?
Jeremy Adams : I try to dip into everything. The Energon universe is fantastic of course. So is all the offerings from Ghost Machine. From the big two I’m enjoying X-men, Batgirl, the Absolute stuff, still anything Batman. It’s hard to be objective because now I know a lot of the people writing these things, so I bend toward loving everything hahah. There are too many good books to name, and that’s an incredibly great problem to have.
Interview made by email exchange. Thanks to Jeremy Adams for his availability and his great kindness.


