Nouvelle production de chez DSTLRY proposée par Delcourt, La fille au blouson léopard est signé d’un duo magnifique : James Tynion IV et Elsa Charretier.
Un amour impossible ?
La fille au blouson léopard, c’est Jasper, une tueuse professionnelle. Zara, elle, est une écrivaine en mal d’inspiration. Les deux jeunes femmes se rencontrent un soir dans le métro new-yorkais alors que Jasper vient d’échapper à la mort, et tombent amoureuses. Mais peut-on vivre une histoire d’amour quand l’une des deux partenaires joue chaque jour avec sa vie ?
Un scénariste hors de ses sentiers habituels
Entre déclaration d’amour à New-York et amours impossibles entre ces deux femmes, James Tynion IV livre un récit qui sort quelque peu de ses habitudes d’écriture. Plutôt habitué aux thrillers politiques, aux aventures fantastiques ou aux plongées angoissantes, l’auteur américain offre un récit plus léger dans son ambiance, ses enjeux et sa forme.

Apprivoiser ses sentiments
Certes, l’histoire d’amour entre Jasper et Zara ne se déroule pas sous les auspices les plus joyeux mais tout en étant très émouvante, elle réserve des moments ironiques et funs. Au travers d’une ambiance de thriller d’action, le scénariste décortique avec réussite les tourments de cet amour contrarié que Zara, narratrice déboussolée, tente d’apprivoiser en les transcrivant dans ses romans. En filigrane de son histoire, James Tynion IV parle également de son attachement fort pour la ville de New-York, évoquant quelques lieux qui lui sont chers. Son écriture est très fluide et permet que l’on s’attache facilement à ce duo de femmes aux caractères bien différents prises dans le tourbillon du thriller dont la tension tient en haleine.
Un style plus épuré mais pas moins séduisant
Elsa Charretier épure son dessin tout en conservant son dynamisme et son coup de crayon unique. L’artiste laisse une plus grande place à la couleur de Jordie Bellaire qui impose, de ses teintes mates, des atmosphères variées selon les séquences. Le travail de l’artiste française sur les designs des personnages est vraiment réussi. Leurs esthétiques respectives sont en symbiose avec leurs caractères, ce qui renforce le travail de caractérisation du scénariste. Elsa Charretier joue également avec succès sur le constrate négatif/positif et, comme à son habitude, avec les ombres. L’ensemble offre une partie graphique de haute tenue !

