Voici une sortie que nous attendions avec excitation ! Stand Still, première création en tant que scénariste du coloriste Lee Loughridge est proposée par Delcourt dans un très beau format à l’italienne inséré dans un fourreau en carton.
Dans ce thriller, Ryker Ruel est un sociopathe qui a volé une machine qui fige le temps. Depuis, les cadavres s’accumulent. Qui est-il ? Quelles sont ses motivations ? Le fabriquant de la machine se lance à sa poursuite.
Une mise en bouche délectable
Les trois premiers épisodes de la série annoncent un gros potentiel avec beaucoup de mystères autour de cet homme et de cette fabuleuse machine. Lee Loughridge, qui avait cette histoire depuis longtemps dans ses cartons, propose une narration très efficace qui est magistralement soutenue par la partie graphique d’Andrew Robinson, d’une élégance et d’une énergie indéniables ! Ce protagoniste en salopard sans pitié a tout pour exciter la curiosité du lecteur, d’autant qu’au début, ses intentions demeurent flous. Ce début est un régal à lire et à regarder !

Et puis patatra
Et puis au milieu de l’issue 4, on tourne la page et la partie graphique change totalement. Alex Riegel remplace Andrew Robinson sans raison apparente dans l’histoire avec son trait indé qui tranche totalement avec celui de son prédécesseur. Si dans un autre contexte, son dessin brut pourrait avoir un intérêt, ici, cela ne convient pas. Dans sa postface, Lee Loughridge explique qu’Alex Riegel leur à « sauvé la mise » en terminant la série sans que la raison soit très claire mais l’on se doute qu’Andrew Robinson n’était pas en mesure de rendre ses planches dans les temps, mettant en péril la publication. Toujours est-il que la série perd là un gros atout.

Un scénario qui se perd
Et comme un malheur ne vient jamais seul, c’est dans cet épisode que le scénariste livre des clés qui font comprendre que le récit sera sans doute moins intrigant et développé qu’on l’imaginait. Stand still se transforme alors en un récit de vengeance très classique. Les traumas de Rykel Ruel, sur qui se concentre Lee Loughridge, sont alors un peu mis en avant. La lecture se poursuit sans être désagréable, même si le récit empruntent alors un ton grand guignolesque un peu étrange qui fait perdre à la série de sa singularité et de son intérêt. On sent que c’est une première création pour un artiste qui n’est pas scénariste à la base. Cela manque finalement de maîtrise.
Stand Still est, au final, un récit divertissant qui se lit plutôt avec plaisir mais qui ne tient pas les promesses des trois premières issues qui filaient droit vers un coup de cœur.
Stand

Stand Still est une énorme frustration ! Les promesses des trois premiers épisodes, qui flirtent avec le coup de cœur, ne sont jamais tenues dans une deuxième partie décevante, aussi bien d’un point de vue graphique que scénariste !


