Comment réaliser le tour de force de proposer quelque chose d’original ? C’est la question que doivent se poser les auteurs au moment de se lancer dans l’aventure du récit de zombies tant Walking Dead a marqué notre pop culture moderne. Jacob Phillips et Tate Brombal y parviennent avec Tout ce qui meurt et agonise.
Tout le monde y est passé, tout le monde sauf moi
Une grippe s’est abattue sur le monde, contaminant tout la population ou presque. Dans la petite ville où il habite avec son mari Luke et sa fille Daisy, Jack est le seul à ne pas avoir était contaminé. Depuis lors, les autres habitants continuent de vivre “normalement”, mus par leur mémoire musculaire et nourris par Jack qui entretient sa ferme. Mais tout bascule le jour où des humains sains débarquent afin de trouver une terre accueillante.
Une sensibilité à fleur de peau
Tate Brombal livre un récit qui traite du deuil et de la famille de façon originale et émouvante. Alternant scènes passées qui montrent le quotidien de la famille de Jack avec, notamment, les difficultés d’être homosexuel et père d’une petite fille de couleur dans une petite ville américaine, laissant des cicatrices indélébiles, et scènes présentes qui offrent le conflit avec les nouveaux arrivants, l’auteur construit habilement son récit et parvient à faire monter une vraie tension au fil de son histoire.
Une humanité qui fuit les humains
Tate Brombal donne une véritable épaisseur à ses personnages, notamment à Jack qui, au milieu de ces morts-vivants, trouve espoir et foi en la vie. Une humanité profonde qui, au contraire, a quitté les vivants qui viennent imposer leurs vues, aveuglés par leurs croyances. Un contraste saisissant qui marque profondément et qui trouve une justesse d’écriture sous la plume de Tate Brombal. Flotte également un parfum de monde sans avenir à travers le jeune homme du groupe d’humains qui implore sa fin. Pour clore son histoire, l’auteur livre une ultime issue remarquable, entre horreur totale et drame puissant.
Aussi doux que glaçant
Au dessin, Jacob Phillips, colorisé par Pip Martin, réalise un excellent travail. Les artiste trouvent une belle complicité aussi bien dans les scènes sereines du quotidien où l’on perçoit une radieuse douceur traduite par les teintes chaleureuses que dans les séquences horrifiques où la chair morte habite chaque case et glace le sang ! Une partie graphique à la puissance indéniable.
Tate Brombal et Jacob Phillips renouvellent le genre du récit de zombies avec une histoire extrêmement émouvante autour des thèmes du deuil et de la famille. Entre justesse d’écriture et partie graphique puissante, Tout ce qui meurt et agonise est une grande réussite !



