Après I Hate Fairyland, Urban Comics mise à nouveau sur un titre de Fantasy débridée et humoristique avec D’Orc de Brett Bean, dessinateur de la relance de 2022 de la création de Skottie Young.
Issu du Jour et de la Nuit
D’Orc est une créature issue à la fois de la Nuit et du Jour qui, poursuivi par des entités de chaque camp, sillonne la terre de Morcelliande, en compagnie de ses compagnons – une tête de poulet fantôme et un bouclier ultraviolent possédé par une âme mystérieuse – en quête de la Sorcière d’Os qui, elle seule, pourra pour lui fournir des explications sur tout cet immense bazar.

Un trio totalement barré
Brett Bean livre un univers de Fantasy décalé assez classique à la fois dans son déroulé et ses enjeux qui tire sa singularité de ses personnages totalement barrés. Leurs interactions sont souvent drôles – pimentées par des dialogues ciselés remarquablement traduits par Maxime Le Dain -, jouant sur le contraste de la bonté naïve de D’Orc, la brutalité sans bornes de son bouclier et la crétinerie de la tête de poulet.
Mais Brett Bean ne se contente pas de proposer un titre humoristique. Il étoffe son univers à travers l’histoire de son protagoniste principal et des rebondissements qui relancent efficacement les enjeux pour en faire une épopée sur le long terme.
La force de l’habitude
Le dessin de Brett Bean qui, dans le genre, a fait ses armes sur I Hate Fairyland, est au diapason du récit avec un trait énergique et caricatural qui fonctionne parfaitement. Les designs de ses créatures sont inventifs et souvent à la limite du grotesque. Jean-François Beaulieu confirme, de son côté, qu’il est le meilleur coloriste pour ces univers de Fantasy.

