Man and Superman #1 (VO-DC Comics)

Man and Superman
Release Date
6 février 2019
Scénatio
Marv Wolfman
Dessins
Claudio Castellini
Editeur
DC Comics
Prix
9,99 $
Our Score
9

Voici un projet qui était passé sous mon radar. Hors de séries régulières, Man and Superman est une mini-série de Marv Wolfman en 4 parties, sortie directement sous format tpb. Son parcours rocambolesque pour parvenir entre nos mains est conté par l’auteur dans une longue préface assez intéressante. Prévue pour faire partie du projet Superman Confidential en 2006, qui ne verra jamais le jour, Man and Superman est resté en suspend depuis cette date.

Marv Wolfman propose de raconter, à sa façon, l’arrivée de Clark Kent à Metropolis. Le jeune homme a décidé devenir journaliste et vise la meilleure feuille de chou, le Daily Planet, tout en usant de ses pouvoirs pour venir en aide aux gens. Il va devoir faire preuve de persévérance pour se  faire remarquer par le patron du Daily Planet, Perry White, et réussir à obtenir la confiance de la population, susceptible d’être effrayée par ses pouvoirs colossaux.

En se lançant dans cette histoire, Marv Wolfman prend le risque qu’on s’interroge sur l’utilité de proposer une relecture de l’arrivée de Clark Kent à Metropolis. Mais l’auteur prend la chose à bras le corps et s’investit totalement. Comme il le dit dans sa préface, Superman est son héros préféré. De fait, on sent l’amour de Wolfman pour l’Homme d’Acier. Tout d’abord, il prend le temps d’étaler son récit sur une centaine de pages. Il construit son histoire pas à pas. A aucun moment, on n’a l’impression que l’auteur soit obligé de rusher son histoire. L’intégration de Clark Kent en tant qu’apprenti journaliste et de son alter-ego, en tant que héros, se font de façon limpide et évidente. Les doutes du personnage sont décrits avec justesse. Wolfman fait évoluer son personnage vers plus d’assurance. Et celle qui le guide vers cette maturité n’est autre que Loïs Lane. Sous la plume du scénariste, la jeune femme est déterminée, intègre et n’a pas froid aux yeux. Elle n’a aucune réticence à affronter Perry White, décrit comme un patron assez désagréable qui n’a que le succès de son journal à l’esprit, ou Lex Luthor, industriel retors qui se retrouve finalement au centre de l’intrigue. L’héritage familial est bien présent à travers des séquences flash-backs où l’on sent l’amour des Kent pour leur fils. La menace à laquelle va s’opposer “l’homme qui vole” n’est finalement qu’un prétexte pour faire avancer le personnage et installer les interactions entre les protagonistes.

Le récit a une forme très classique, mais Marv Wolfman sait aborder des sujets actuels : la précarité au travail, l’attitude à avoir face au terrorisme ou le double jeu de l’industrie de l’armement. Il sait gérer le rythme de son récit et dialogue parfaitement les échanges entre personnages.

Claudio Castellini livre une partition d’un classicisme impeccable. Ses cases fourmillent de détails, son trait est d’une régularité sans faille et sa mise en page est dans le plus pur style comics de super héros, incluant quelques double pages marquantes. Hi-Fi utilise des teintes qui font penser aux meilleurs classiques sur le personnage mais avec beaucoup de subtilité.  

Marv Wolfam écrit un Superman comme on l’aime : un héros terriblement humain dans des aventures trépidantes. Une écriture qui pourra paraître classique n’entamera pas le plaisir que procure la lecture de cette mini-série, magnifiquement illustrée.
9
Tel un classique
On aime
Une relecture du mythe intéressante
Un Superman plus humain que jamais
Une caractérisation des personnages impeccable
Claudio Castellini, sobrement sublime
On aime moins
Une écriture un peu classique