L’auteur italien, crĂ©ateur de rĂ©cits profondĂ©ment humains se dĂ©roulant dans des environnements hostiles comme Inuit ou Feuilles rouges, parle de sa façon d’Ă©crire et de sa collaboration avec les dessinateurs.Â
For English speakers, please find lower the interview in its original version.
Quel a été votre parcours pour de venir scénaristes de bande dessinées ?
Massimo Rosi : D’aussi loin que je me souvienne, je crois… Je me souviens qu’Ă l’Ă©cole maternelle, je disais dĂ©jĂ que je voulais dessiner des dessins animĂ©s de Teenage mutant ninja turtles (un rĂŞve que je n’ai pas pu rĂ©aliser jusqu’Ă prĂ©sent, malheureusement…). Mon grand-père a Ă©tĂ© mon guide dans cette voie, il Ă©tait caricaturiste pour un magazine sportif local et grâce Ă lui j’ai toujours eu accès aux comics, dessins animĂ©s, films, etc… puis il m’a appris Ă dessiner et Ă partir de lĂ j’ai su ce que je voulais faire quand je serais grand 🙂 .
Après avoir frĂ©quentĂ© le lycĂ©e d’art et l’Ă©cole de bande dessinĂ©e de Florence, j’ai dĂ©cidĂ© de devenir Ă©crivain après un stage important avec l’auteur Alberto Pagliaro (Casterman). C’est grâce Ă cette expĂ©rience professionnelle que j’ai rĂ©alisĂ© Ă quel point l’Ă©criture Ă©tait profonde et « mienne », Ă quel point j’aimais raconter des histoires avec des mots, bien plus que le dessin. Ă€ partir de ce moment-lĂ , j’ai poursuivi mes Ă©tudes Ă Reggio Emilia pour devenir Ă©crivain et scĂ©nariste.

Ecriture
Dans trois de vos créations que nous avons pu lire en France, vos personnages évoluent dans un contexte de monde au bord du gouffre (un virus mortel pour Locust, le génocide des Inuits pour Inuit et la seconde guerre mondiale pour Feuilles rouges). Dans chaque cas, vous proposez au lecteur de suivre la façon, pour vos personnages, de survivre dans ces contextes. C’est le thème principal de ces œuvres ? Qu’est-ce qui vous intéresse dans le traitement de ce thème ?
Massimo Rosi : Je pense que ce n’est pas un aspect occasionnel de mon travail, je trouve inspirant de mettre des personnages qui ont encore des valeurs positives dans un environnement terrible, et de voir comment ils peuvent s’en sortir et comment leurs propres croyances peuvent ĂŞtre remises en question par l’environnement.
C’est un message important que j’essaie toujours de faire passer : ĂŞtre une bonne personne dans un monde de merde, tout en veillant Ă ce que les serpents ne vous mordent pas les chevilles et, s’ils le font, Ă ce qu’ils nous blessent le moins possible. J’essaierai au moins de l’enseigner Ă ma fille.
Dans Inuit et Feuilles rouges, vous choisissez en toile de fond des contextes culturels comme la culture Inuit et la culture Russe. Même si vous les exploitez de façon différente dans les deux bandes dessinées, qu’est-ce qui vous séduit dans cette utilisation des cultures ?
Massimo Rosi : MalgrĂ© ce qui se passe en Europe et dans le monde, j’ai toujours aimĂ©, depuis que j’ai commencĂ© Ă Ă©crire sur le folklore et la culture russes. Mon oncle Ă©tait l’une de ces figures Ă©clectiques qui partaient en bus du petit village de mes parents en Toscane pour se rendre en Union soviĂ©tique. D’une manière ou d’une autre, j’ai commencĂ© Ă m’intĂ©resser Ă leur culture et plus particulièrement, au fil du temps, au folklore paĂŻen slave.
En ce qui concerne les Inuits, je dirais que l’influence culturelle a Ă©tĂ© un peu plus superficielle. Pendant la première pĂ©riode de confinement, j’ai regardĂ© de nombreux documentaires sur la culture inuit, les tribus du Grand Nord et la manière dont elles survivent, et en mĂŞme temps, un peu comme pour la culture slave, je me suis intĂ©ressĂ©e Ă leur folklore. Bien qu’Inuit soit initialement nĂ© du besoin prĂ©coce de ma femme et moi d’avoir un enfant (je sais que c’est une façon Ă©trange d’aborder la question avec un volume comme Inuit, mais c’est ainsi que ma tĂŞte fonctionne).

Votre écriture est très visuelle avec de nombreuses séquences muettes. C’est un aspect de la bande dessinée que vous aimez particulièrement ? Pourquoi ? Quelles forces en tirez-vous pour vos récits ?
Massimo Rosi : J’ai toujours essayĂ© de mĂ©langer les films et les bandes dessinĂ©es, les rĂ©cits occidentaux et les rĂ©cits orientaux. J’essaie toujours d’expĂ©rimenter en jouant directement sur le visuel, puisque les mots ne sont souvent pas nĂ©cessaires. Chaque scène que j’Ă©cris, je la visualise d’abord, puis je la vois en mouvement… et souvent avec une bande son 🙂 .
Je regrette simplement qu’une bande dessinĂ©e ne puisse pas avoir de musique dans ses scènes, sinon je ferais vivre au lecteur, peut-ĂŞtre, les mĂŞmes sentiments que ceux que j’Ă©prouve en les Ă©crivant.
Dans Feuilles rouges, qui est mon préféré des trois titres dont j’ai parlés plus tôt, vous parvenez à installer un sentiment de terreur puissant. Comment, en tant que scénariste parvient-on à créer cette sensation ?
Massimo Rosi : Feuilles rouges est l’un des volumes que, sincèrement, j’apprĂ©cie le plus de mon travail, parce qu’il englobe de nombreux aspects de ce qui fait mon pain et mon beurre. Tout d’abord, comme nous le disions, la culture slave, le Vurdalak de la nouvelle de 1839 d’Aleksej Konstantinovic TolstoĂŻ, le vampire (mon genre de monstre prĂ©fĂ©rĂ©), qui devient une mĂ©taphore du traumatisme de la guerre et de la façon dont le traumatisĂ© « infecte » mĂ©taphoriquement ceux qu’il aime le plus et ceux dont il est le plus proche. Ensuite, il s’agit prĂ©cisĂ©ment de la guerre, des soldats et des vĂ©tĂ©rans, un thème que j’essaie de traiter avec soin, car je suis dĂ©goĂ»tĂ© par la guerre sous toutes ses formes, et j’essaie donc de le raconter comme une malĂ©diction d’horreur.
Et puis je suis un grand amateur de films d’horreur, surtout ceux des annĂ©es 60 Ă 80. L’histoire de Vurdalak est Ă©galement reprise dans le trio de moyens mĂ©trages de Mario Bava, Black Sabbath.
Le sens stylistique de la terreur, j’essaie toujours de le traiter prĂ©cisĂ©ment grâce Ă ces outils : le cinĂ©ma, la littĂ©rature et la bande dessinĂ©e (et souvent les bandes dessinĂ©es de terreur que je prĂ©fère sont japonaises, Junji Ito ou Umezz, par exemple, pour crĂ©er un rythme effrayant, sont de grands exemples que je suis habituellement).

Dans Inuit, le dessin de Nicola Izzo possède un côté « excessif » aussi bien dans les designs de personnages ou créatures – très réussis – et les scènes d’action. Pourquoi ce choix qui influe sur l’ambiance du titre ? Qu’est-ce que cela apporte à votre histoire ?
Massimo Rosi : La principale influence a Ă©tĂ© Primal de Genndy Tartakovsky. Si cela n’avait tenu qu’Ă moi, j’aurais voulu que tout soit muet, uniquement avec des onomatopĂ©es, mais ce n’Ă©tait pas tout Ă fait facile, alors j’ai prĂ©fĂ©rĂ© ajouter certains textes plus tard dans la mise en page et le lettrage. Des films comme The Land Before Time m’ont Ă©galement beaucoup aidĂ©, en raison de leur rythme et de leur caractère dramatique. Et puis, comme je l’ai dit, le grand besoin Ă©tait d’essayer de raconter Ă ma manière la maternitĂ© et la lutte pour sauver contre vents et marĂ©es ceux que l’on aime. LĂ d’oĂą je viens, dans le sud de la Toscane, nous disons « Tigna », ce qui signifie ponctualitĂ©, obstination, entĂŞtement. C’est ce sentiment qui anime notre gĂ©ante tout au long de l’histoire et c’est aussi un peu le style de vie que j’essaie d’appliquer Ă ma propre vie. N’abandonnez jamais !
Choix des dessinateurs
Inuit et Feuilles rouges ont été réalisés avec des dessinateurs dont les styles conviennent parfaitement aux récits proposés. Comment se fait le choix de ces collaborations ? Vous choisissez le dessinateur à partir du scénario ou  est-ce vous qui adaptez votre écriture en fonction du dessinateur avec qui vous souhaitez travailler ?
Massimo Rosi : Exactement, j’essaie toujours de trouver le bon artiste en fonction de l’histoire que j’ai en tĂŞte, ou que j’ai dĂ©jĂ commencĂ© Ă Ă©crire. Je pense que c’est crucial pour le succès du projet et c’est aussi plus immersif pour le lecteur. Le travail avec les artistes, mais aussi avec les coloristes, doit viser Ă la rĂ©ussite totale du volume et de l’histoire, donc je pense que le partage total du travail entre l’Ă©criture, le dessin et la couleur est crucial pour le succès.

Etant donné que vous laissez beaucoup de place à la narration visuelle dans vos scénarios, quelle part de liberté laissez-vous aux dessinateurs ?
Massimo Rosi : J’essaie toujours d’Ă©quilibrer, et souvent, si je vois qu’un storyboard rend mieux une scène que j’avais en tĂŞte, nous optons pour la solution de l’artiste. Comme je l’ai dit plus haut, il s’agit pour moi d’un travail Ă 50/50, en pleine collaboration, donc Ă moins que je n’aie une exigence rythmique spĂ©cifique sur la narration, l’artiste est libre comme je suis libre… Ă©videmment sans que mon travail ne soit perturbĂ©.
Leviathan Labs
Inuit et Feuilles rouges ont été initialement publiés chez Leviathan Labs, un éditeur italien où vous tenez aussi le rôle directeur éditorial. Dans quel but cette maison a-t-il été créé et quel rôle y jouez-vous précisément ?
Massimo Rosi : Leviathan Labs est nĂ© presque de la nĂ©cessitĂ© de disposer d’un centre d’Ă©dition créé par des auteurs. Malheureusement, le marchĂ© de l’Ă©dition est toujours très Ă©pineux, et notre besoin Ă©tait simplement de crĂ©er un lieu sĂ»r oĂą nous pourrions travailler tranquillement sur tout ce que nous voulions.
Ă€ Leviathan, nous disposons actuellement d’un catalogue italien et d’un catalogue espagnol, car nous travaillons sur les deux marchĂ©s en distribution directe. Ce catalogue comprend plus de 30 titres, dont beaucoup sont les miens, publiĂ©s aux États-Unis et ramenĂ©s en Europe, et d’autres sont des titres de collègues et d’amis que j’ai toujours apprĂ©ciĂ©s. Nous travaillons Ă©galement sous licence avec des entitĂ©s comme Lev Gleason au Canada et aux États-Unis, avec Waga Comix au Japon ou avec Red Dragon Pub. au BrĂ©sil.
Dans tout cela, en travaillant de manière très internationale, nous avons trouvé deux très bons partenaires en France : Komics Initiative et les Éditions Reflexions, et nous avons également publié Gaijin Salamander aux Éditions Delcourt en 2019.

Projets et lectures
Quels sont vos projets de bande dessinée à venir ?
Massimo Rosi : Pour l’instant je ne peux pas dire grand-chose, mais grâce Ă Lev Gleason Feuilles rouges est en production pour un film ou une sĂ©rie tĂ©lĂ© avec Kris Holden-Ried et la rĂ©alisatrice Audry Cummings. et j’ai eu la chance d’ĂŞtre scĂ©nariste de l’audiovisuel lui-mĂŞme, mon premier travail de ce type, ce qui m’enthousiasme beaucoup.
Entre-temps, avec Leviathan Labs, nous travaillons sur une sĂ©rie d’horreur fantastique sur le cycle arthurien. Quelque chose qui rappelle un peu le travail de Miura et le mythe britannique.
Quelles bandes dessinées lisez-vous en ce moment ? Des coups de cœur ?
Massimo Rosi : Depuis que je suis père, je ne lis pas beaucoup, je rentre le soir et je suis un fantĂ´me hĂ©hĂ©hĂ©. J’ai commencĂ© Elric, cependant, parce que de nombreux collègues m’ont recommandĂ© de le lire. Et puis, pour un projet Ă venir sur le monde du catch, j’ai commencĂ© Do a powerbomb. Et sur la table de nuit, je dois encore terminer Abarat de Clive Barker….
Entretien réalisé par échange de mails. Merci à Massimo Rosi pour sa disponibilité et sa grande gentillesse !
The Italian author, creator of deeply human stories set in hostile environments such as Inuit and Feuilles rouges, talks about his writing style and his collaboration with cartoonists.
Artistic Path
How did you come to be a comics writer?
Massimo Rosi : For as long as I can remember, I think… I remember when I was a child in kindergarten, I was already saying that I wanted to draw Teenage mutant ninja turtles cartoons (a dream that I have not been able to achieve so far unfortunately…). My grandfather was my guide in this path, he was caricaturist for a local sports magazine and thanks to him I always had access to comics, cartoons, movies, etc… then he taught me how to draw and from there I knew what I wanted to do when I grew up 🙂
After going to art high school and comics school in Florence, I decided to become a writer after an important internship with author Alberto Pagliaro (Casterman), it was thanks to that professional experience that I realized how deep and “mine” writing was, how much more than drawing I loved telling stories with words. And from that moment I studied some more in Reggio Emilia to become a writer and screenwriter.
Writing
In three of the stories we’ve read in France, your characters evolve in a world on the brink of collapse (a deadly virus for Locust, the Inuit genocide for Inuit and World War II for Feuilles rouges). In each case, you offer the reader the chance to follow how your characters survive in these contexts. Is this the main theme of these works? What interests you about this theme?
Massimo Rosi : I think this is actually not a casual aspect of my work, I find it inspiring to put characters who still have positive values in a terrible environment, and to see how they can cope and how their own beliefs can be challenged by the environment.
I find that’s an important message that I’m always trying to look at, to be a good person in a shitty world, but making sure that the snakes don’t bite your ankles and if they do make sure that they hurt us as little as possible. At least try-and teach it to my daughter.
In Inuit and Feuilles rouges, you choose cultural contexts such as Inuit and Russian culture as backdrops. Even though you use them in different ways in the two comics, what appeals to you about this use of cultures?
Massimo Rosi : Despite what is happening in Europe and the world, I have always loved, ever since I started writing about Russian folklore and culture, my uncle was one of those eclectic figures who would leave by bus from my parents’ little village in Tuscany to go to the Soviet Union. And somehow I found a special interest in their culture and especially over time in Slavic pagan folklore.
While for Inuit I would say the cultural influence was a little bit more superficial, during the first lockdown I watched a lot of documentaries related to Inuit culture, the tribes in the far north and how they survive and at the same time, a little bit like the Slavic culture, I became interested in their folklore. Although basic Inuit stemmed from my and my wife’s early needs to have a child (I know that’s an odd way to process it with a volume like Inuit, but that’s how my head works).
Your writing is very visual, with many silent sequences. Is this an aspect of comics that you particularly like? Why ? What strengths do you draw from it for your stories?
Massimo Rosi : I have always tried to mix film and comics, Western narrative with Eastern narrative. I always try to experiment by playing right on the visual, since words are often not needed.
Every scene I write first I see it, often chase it, and see it in motion… and often with a soundtrack 🙂
I just regret that a comic book cannot have music in its scenes, otherwise I would make the reader experience, perhaps, the same feelings that I experience when I write them.
In Feuilles rouges, which is my favorite of the three titles I mentioned earlier, you manage to create a powerful sense of terror. How do you, as a scriptwriter, manage to create this feeling?
Massimo Rosi : Feuilles rouges is one of the volumes I most appreciate of my work sincerely, because it embraces many aspects of what is my bread and butter. First and foremost, as we were saying Slavic culture, the Vurdalak from Aleksej Konstantinovic Tolstoy’s 1839 novella , the vampire (my favorite kind of monster), which becomes a metaphor for the trauma of war and how the traumatized then somehow metaphorically “infects” those he loves most and those he is closest to. Then it is precisely about war and soldiers and veterans, a theme that I try when it happens to deal with carefully, I am disgusted war in all its forms, so I really try to tell it as a horror curse.
And then I am a great lover of horror films, especially those between the 60s and 80s. The story of Vurdalak is also taken up in Mario Bava’s trio of medium-length films, Black Sabbath.
The stylistic sense of terror I always try to deal with it precisely because of these tools: film, literature and comics (and often the terror comics I prefer are Japanese, Junji Ito or Umezz, for example to create a scary rhythm, are great examples I usually follow).
In Inuit, Nicola Izzo’s drawing has an “excessive” feel to it, both in the highly successful character and creature designs, and in the action scenes. Why this choice, which influences the mood of the title? What does it bring to your story?
Massimo Rosi : The main influence was Primal by Genndy Tartakovsky, had it been up to me I would have liked to make it all silent, only with onomatopoeia, but it was not entirely easy, so some text I preferred to put in later in layout and lettering. I was also greatly helped by films like The Land Before Time just because of the kind of pacing and the drama. Then as I said the big need was just to try to tell in my own way about motherhood and the struggle to save against all odds those one loves. Where I come from in southern Tuscany we say “Tigna,” which means punctiliousness, obstinacy, stubbornness. And it is this sentiment that drives our giantess throughout the story and it is also a bit of a lifestyle that I try to apply to my own life. Never give up!
Work with artists
Inuit and Feuilles rouges were produced with artists whose styles are perfectly suited to the stories presented. How were these collaborations chosen? Do you choose the artist based on the story you’ve written, or do you adapt your writing to suit the artist you’d like to work with?
Massimo Rosi : Exactly, I always try to find the right artist based on the story that I have in mind, or that I have already started writing, I think it is crucial to the success of the project and it is also immersive more for the reader. The work with the artists, but also as with the colorists has to be aimed at the 100 percent success of the volume and the story, so I think the total sharing in the work between writing, drawing, and coloring, is crucial for success.
Given that you leave a lot of room for visual storytelling in your scripts, how much freedom do you allow your artists?
Massimo Rosi : I always try to compensate, and often if I see that a storyboard makes a scene I had in my head better, we go with the artist’s solution. As I said above for me it’s a 50/50, full collaboration job, so unless I have a specific rhythmic requirement on the storytelling, the artist is free as I am free… obviously without my work being disrupted.
Leviathan Labs
Inuit and Feuilles rouges were originally published by Leviathan Labs, an Italian publisher where you also hold the role of editorial director. What was the purpose of setting up this publishing house, and what role do you play in it?
Massimo Rosi : Leviathan Labs was born almost out of a need to be able to have a publishing hotbed created by authors. Unfortunately, the publishing market is always quite thorny, and our need was just to create a safe reality where we could quietly work on anything we wanted.
In Leviathan at the moment we have both an Italian and a Spanish catalog, because we work in two markets in direct distribution, which consists of more than 30 titles, many are mine, published in the United States and brought back to Europe, and others are titles by colleagues and friends that I have always appreciated. While we also work under license with entities like Lev Gleason in Canada and the U.S., with Waga Comix in Japan, or with Red Dragon Pub. in Brazil.
In all this, working very internationally, we have found two very good partners in France: Komics Initiative and Editions Reflexions, and we have also published Gaijin Salamander with Editions Delcourt in 2019.
Projects and readings
What are your upcoming comic book projects?
Massimo Rosi : At the moment I can say little, but thanks to Lev Gleason Feuilles rouges is in production for a film or TV series with Kris Holden-Ried and Director Audry Cummings. and I was fortunate enough to be scriptwriter of the audiovisual itself, my first such work, which I am very excited about.
And in the meantime just with Leviathan Labs we are working on a fantasy horror series on the Arthurian cycle. Something somewhat reminiscent of Miura’s work and the British myth.
What comics are you currently reading? Any favorites?
Massimo Rosi : Since I’m a father I’m not reading much, I get home at night and I’m a ghost heheheh. I have started Elric, though, because many colleagues have recommended that I read it. And then, for an upcoming project about the world of wrestling I started Do a powerbomb. And on the nightstand I still have to finish Abarat by Clive Barker….
Interview made by email exchange. Thanks to Massimo Rosi for his availability and his great kindness.
