Delcourt propose Blood & Thunder, une nouvelle création de Robert Kirkman, scénarisée par Benito Cereno et dessinée par E.J. SU et Msassyk.
Une femme et son fusil
Dans un futur lointain, la planète Terre a accepté que des aliens puissent se mêler à la population humaine. Pour palier aux crimes, toujours bien présents, on emploie des chasseurs de primes dont Akeldama « Blood » Bledsoe et son fusil Thunder, à la langue bien pendue. Lorsque le pire criminel s’évade, on fait appel à elle. Une nouvelle affaire qui va la chambouler.
Un univers qui livre petit à petit son potentiel
Cette nouvelle création de Robert Kirkman n’est pas écrite par le papa d’Invincible ! S’il en est l’instigateur, c’est bien son ami Benito Cereno qui a l’entière responsabilité de l’écriture. L’auteur démarre sa série de façon très classique entre action et bons mots. On y suit Blood dans une course folle poursuite aux fesses d’un voyou de seconde classe. Les éléments mis en place surprennent peu. Mais petit à petit, l’auteur pose des pions plus originaux qui dynamisent l’ensemble et apportent un intérêt certain pour le lecteur. On y découvre les origines de Blood, le contexte colonial subi par les exos, sorte d’aliens en proie au racisme des humains et les motifs qui décident le criminel le plus dangereux à s’évader. Le mix de divertissement et de développement devient alors bien équilibré malgré la lassitude face aux réparties répétitives de Thunder, seul vrai point négatif. Benito Cereno aborde également des thèmes sociaux intéressants qui enrichissent le récit et tisse un portrait de son héroïne tout en nuances, entre opportunisme et morale.
La partir graphique est rythmée, dynamique et inventive dans sa mise en scène. Les designs sont aussi très réussis, avec ce qu’il faut d’ironie, et la palette de couleurs de Msassyk met bien en valeur le travail graphique.
Au final, malgré un pitch initial assez classique, les auteurs parviennent à pimenter leur série, dont la suite fait envie.

Malgré des débuts un peu trop classiques, Blood & Thunder finit par emporter la mise en développant son univers et en s’appuyant sur une héroïne attachante.


