Dan Watters : « Méfiez-vous de l’art qui vous dit comment vivre ! »

Désormais bien installé chez DC Comics où il travaille notamment sur Batman Dark Patterns et Nightwing, Dan Watters nous régale également en creator-owned ! Le scénariste revient en profondeur sur ses récentes créations !

For English speakers, please find lower the interview in its original version.


Depuis notre dernier entretien en 2021, vous avez parcouru un long chemin. Vous avez poursuivi votre travail en tant que créateur indépendant avec plusieurs mini-séries, dont The One Hand et The Six Fingers avec Ram V, et vous êtes devenu l’un des principaux scénaristes de DC Comics, écrivant désormais Batman et Nightwing, deux personnages majeurs de l’univers DC. Quel regard portez-vous sur ces quatre dernières années ?

Dan Watters : Beaucoup de choses ont changé. Honnêtement, c’est surtout ces deux dernières années que j’ai l’impression que tout s’est passé. L’écriture est un art mercuriel, mais de nouvelles choses se sont mises en place pour moi. Je travaille toujours pour m’améliorer, et j’espère que cela continuera. J’ai aussi déménagé sur un autre continent et je me suis marié. Et ça, c’est la meilleure chose qui me soit arrivée ces quatre dernières années.

Batman Dark Patterns #1 – Dessin : Hayden Sherman – Couleurs : Triona Farell

DC Comics

Vous êtes désormais bien installé chez DC Comics, où vous écrivez actuellement Nightwing et Batman: Dark Patterns. On retrouve dans votre travail un véritable amour pour les environnements urbains sombres et pour les street level characters. Je fais fausse route ?

Dan Watters : Probablement pas. Je suis un gars de la ville, définitivement. J’ai grandi à Londres et je vis maintenant à New York. J’adore lire et écrire sur les villes : ces endroits où l’on entasse les gens, et la façon dont les vies se construisent sur le sédiment des vies passées. Des couches de fantômes sur des fantômes. Tout peut arriver dans une ville, et pas mal de choses sont terribles. Il y a quelque chose dans le smog urbain qui me parle toujours. C’est dans mes os.

Dans vos travaux chez DC Comics, nous peut noter votre grande connaissance de l’univers. Quelle était votre relation avec cet univers avant d’écrire vos premières histoires pour DC ?

Dan Watters : En tant que petit gothique un peu sinistre, Batman a toujours été mon super-héros préféré – il avait tous ces éléments qui me parlaient. C’était définitivement ma porte d’entrée, puis cela s’est élargi à son entourage, et ensuite à des personnages comme The Question, Swamp Thing, beaucoup de cette vibe des années 80 un peu sombre. J’ai aussi adoré la vague britannique dès que je l’ai découverte. Il semblait toujours possible de trouver quelque chose de subversif chez DC, et je suis devenu un lecteur assidu, toujours à la recherche de ce type de récits.

Batman Dark Patterns #2 – Dessin : Hayden Sherman – Couleurs : Triona Farell

Batman Dark Patterns

Dans Batman Dark Patterns et Nightwing, vous aimez explorer des thèmes sociaux à travers vos histoires de super-héros. Pensez-vous qu’il soit important que le genre super-héros aborde ce type de sujets ? Comment trouvez-vous le bon équilibre entre un propos et le divertissement souvent associé au genre ?

Dan Watters : Je ne sais pas si je pense que c’est important. Je ne pense pas que les comics doivent faire quoi que ce soit. Ces thèmes apparaissent parce qu’ils m’intéressent à ce moment-là, je suppose. Je m’intéresse à la manière dont les gens interagissent entre eux, à ce qui les pousse à agir de manière particulière, souvent extrême. Je suis toujours méfiant à l’idée de vouloir transmettre un « message » dans un comic. Écrire, c’est explorer, pas résoudre. Méfiez-vous de l’art qui vous dit comment vivre.

Dans Batman Dark Patterns, vous poursuivez l’exploration de l’horreur que vous aviez déjà mise en avant dans Home Sick Pilots. L’horreur est-il encore un genre que vous aimez travailler ?

Dan Watters : Oui. C’est par là que j’ai trouvé mon chemin dans ces univers. Je ne peux rien vous dire sur Star Trek, mais je peux vous parler de tous les films Vendredi 13. J’adore l’horreur. Son histoire, son esthétique, et la manière dont elle peut nous faire ressentir des choses. C’est quelque chose de très pur à essayer d’évoquer. Et c’est amusant.

Batman Dark Patterns est structuré en courtes histoires de trois numéros. Vous parvenez à livrer des récits à la fois denses et cohérents dans ce format. Même si vous avez déjà travaillé dans un format similaire avec les back-ups de Detective Comics, quels défis ce format court représente-t-il pour vous ?

Dan Watters : En fait, j’aime beaucoup le format court. Il vous oblige à vraiment réfléchir à l’essentiel de votre histoire. Bien sûr, il y a une différence entre les huit pages que je faisais sur Detective Comics et la structure de trois numéros de Dark Patterns. Les premières ressemblaient à de la poésie, tandis que la seconde s’inscrivait dans le format classique que nous voulions rappeler. Un début, un milieu, une fin, avec un numéro dédié à chaque partie. Cela permet de raconter une histoire complète facilement et de supprimer tout remplissage. C’est ce que nous essayions de faire : réduire le casting secondaire de Batman au strict minimum et le concentrer sur l’affaire de détective macabre du moment.

Batman Dark Patterns #4 – Dessin : Hayden Sherman – Couleurs : Triona Farell

Vous travaillez avec le fantastique Hayden Sherman sur Batman Dark Patterns, avec qui vous aviez déjà collaboré sur Detective Comics. Nous avons adoré son travail en indépendant avec Sean Lewis (The Few, Thumbs, Above Snakes), mais il a depuis fait évoluer son style, offrant des mises en page extrêmement détaillées qu’il utilise également sur Absolute Wonder Woman. Comment travaillez-vous ensemble ? A-t-il carte blanche une fois qu’il reçoit vos scripts, ou détaillez-vous également les mises en page ?

Dan Watters : Je serais fou de détailler dans un script les mises en page qu’Hayden réalise. Une partie du travail d’un scénariste de comics est de connaître les forces de ses collaborateurs et de leur laisser l’espace pour exceller. J’ai appris ce qu’Hayden aime dessiner – comme les paysages urbains – et ce qu’il n’aime pas – les gaufriers , par exemple – et j’écris beaucoup des premiers et rien des seconds.
Travailler avec un artiste comme Hayden permet aussi de prendre des risques. Un numéro de Dark Patterns se déroule entièrement dans une pièce fermée. Je ne sais pas si j’aurais eu le courage de l’écrire si je ne savais pas qui allait le dessiner, mais comme je savais qu’Hayden est incapable de dessiner une page ennuyeuse, j’étais sûr que ça fonctionnerait. C’est l’un de mes numéros préférés que j’aie jamais écrit.

Dans Batman Dark Patterns, Gotham joue un rôle important – presque comme un personnage à part entière. Que représente la ville de Gotham dans vos histoires ?

Dan Watters : Comme je l’ai dit, je m’intéresse toujours aux villes. Gotham est New York et un peu Chicago, et aussi une ville très européenne selon moi. C’est une « Ur-ville » qui permet d’injecter des mythes urbains, des histoires et des calamités de tous ces lieux dans son ADN, tout en ayant son ADN propre. On écrit des histoires sur Gotham depuis 1939. L’Amérique a des villes qui ne sont pas beaucoup plus vieilles.

Nightwing #121 – Dessin : Dexter Soy – Couleurs : Veronica Gandini

Nightwing

Dans Nightwing – et pas seulement là – on ressent votre amour de la continuité DC et votre respect pour le travail de vos prédécesseurs. Vous ne réécrasez pas tout comme certains auteurs. Vous considérez-vous comme quelqu’un qui aide l’univers à vivre et évoluer par petites touches, en accord avec son riche passé ?

Dan Watters : Pas vraiment. Je suis juste là pour raconter des histoires. J’ai écrit à ce sujet sur thedeadairchannel il y a quelque temps – dit-il pour promouvoir sa newsletter sans subtilité – mais je considère la continuité comme une mémoire. Les événements récents sont plus clairs, mais plus on s’éloigne, plus c’est flou. J’ai commencé Nightwing avec le numéro 119, donc jeter ce qui s’était passé juste avant aurait été un mauvais service pour les lecteurs. Alors que si Batman Dark Patterns contredit des détails mineurs de vieilles histoires de Batman, ça ne me dérange pas. L’histoire d’abord. Toujours.

Il semble que votre objectif principal sur Nightwing soit de développer le personnage et sa position par rapport aux autres personnages. 

Dan Watters : Plutôt explorer que développer, peut-être ? Ce qui m’intéresse toujours, c’est de voir comment les personnages réagissent à de nouvelles situations. Nous venons d’annoncer un nouvel arc pour Nightwing avec le numéro 136, qui sort en mars. Denys Cowan rejoint l’équipe comme nouvel artiste régulier, et nous allons dépouiller beaucoup des artifices accumulés autour du personnage ces dernières années. Le ramener à ses ressources de détective dans une ville intrinsèquement hostile. J’ai toujours aimé écrire ce livre, mais là ça a cliqué pour moi d’une manière totalement nouvelle.

The Six Fingers #3 – Dessin : Sumit Kumar – Couleurs – Lee Loughridge

The One Hand & The Six Fingers

Vous connaissez Ram V depuis longtemps. Comment est venue l’idée de cette collaboration sur deux séries parallèles qui se répondent ? Comment avez-vous écrit cette histoire ensemble, à quatre mains sur le même projet ?

Dan Watters : Oui, Ram et moi avons grandi ensemble dans les comics, et c’est toujours l’un de mes amis et collaborateurs les plus proches. Ram avait eu l’idée de faire deux livres qui  dialoguent. Il savait ce qu’il voulait pour une moitié – un policier poursuivant un tueur – mais pas pour l’autre – l’histoire du tueur. Quand nous en avons parlé, j’ai réalisé que j’avais une idée qui convenait. Tout était assez fortuit. Écrire était simple en surface. Ram écrivait son numéro 1, puis j’écrivais le mien, puis il écrivait son numéro 2 en réponse, et ainsi de suite. En pratique, cela nécessitait beaucoup de coordination. C’était un numéro d’équilibriste, mais aussi extrêmement gratifiant. Trouver ces moments parallèles où une histoire pouvait rehausser l’autre – c’est une des joies de raconter des histoires.

La structure de The One Hand et The Six Fingers ramène l’esprit de sérialisation si caractéristique des comics américains, qui tend à s’effacer au profit d’un style « TPB ». Vouliez-vous raviver cet esprit par ces séries ?

Dan Watters : Tout à fait. Nous voulions utiliser le format de publication comme partie intégrante de la narration, d’une manière qu’on n’avait pas vue auparavant. Le fait que le lecteur découvre chaque chapitre de chaque côté de l’histoire à quelques semaines d’intervalle offrait une expérience différente de celle de ceux qui achèteraient le livre en TPB. Le format single-issue est parfois traité comme un simple tremplin vers le TPB. Je préfère l’utiliser partout où je peux, et c’est quelque chose que j’essaie de faire depuis The One Hand and The Six Fingers.

Destro #3 – Dessin : Andrea Milana – Couleurs : Adriano Lucas

Autres univers

Comment abordez-vous le travail dans des univers déjà bien établis lorsque vous réalisez des mini-séries ? Étiez-vous familier avec les univers G.I. Joe et TMNT, ou vous êtes-vous immergé spécifiquement pour créer ces mini-séries ?

Dan Watters : G.I. Joe, pas du tout. Au Royaume-Uni, c’était Action Man quand j’étais enfant, qui avait presque effacé tout l’ADN de G.I. Joe. Pour TMNT, j’ai grandi avec et je connaissais. Mais le vrai plaisir, c’est de prendre un univers et de trouver ce qui vous intéresse dedans – et quel type d’histoire serait intéressant à raconter. Avec Destro, j’aimais l’idée de placer un méchant très exagéré dans un thriller politique technologique. Avec Shredder, l’idée de prendre un récit d’action au sérieux dans un monde de tortues mutants me plaisait. Je veux surprendre mon lecteur, rester fidèle à moi-même comme auteur, sans trahir ce que les gens aiment dans un univers.

Destro et Shredder sont deux méchants très charismatiques. Aimez-vous écrire ce type de personnages ? 

Dan Watters : Oui. J’ai toujours aimé ce type de personnages. Ma première longue série était Lucifer chez DC/Vertigo, et j’ai écrit le diable comme un trickster. Ces personnages sont deux expressions d’une même chose : des figures sûres d’elles, capables de plier le monde à leur vision avec prévoyance et habileté. Je trouve simplement que les vilains sont très amusants.

Projets

Quels sont vos projets à venir chez DC ou en creator-owned ?

Dan Watters : J’ai mentionné le nouvel arc de Nightwing, sur lequel je mets beaucoup d’énergie. Je pense que ça va être quelque chose de spécial et de différent. Shredder continue chez IDW, et je travaille sur la seconde partie de notre deuxième arc. Au-delà, j’ai une série de projets non annoncés.
J’écris actuellement deux livres en creator-owned, mes premiers depuis The One Hand & The Six Fingers, donc c’est un plaisir d’y revenir. Mais j’ai aussi un livre DC non annoncé dont j’ai déjà écrit deux scripts, et un autre projet majeur qui sortira vers le milieu de l’année prochaine. Pas de repos pour les méchants, je suppose.

Entretien réalisé par échanges de mails. Merci à Dan Watters pour sa gentillesse et sa disponibilité !


Now well established at DC Comics, where he works notably on Batman Dark Patterns and Nightwing, Dan Watters also delights readers with his creator-owned projects. The writer takes an in-depth look back at his recent creations!

Since our last interview in 2021, you’ve come a long way. You’ve continued your work as an independent creator with several mini-series, including The One Hand and The Six Fingers with Ram V, and you’ve become one of DC Comics’ leading writers, now writing Batman and Nightwing, two major characters of the DC Universe. How do you look back on the four years that have just gone by?

Dan Watters : Yeah, a lot has changed. Honestly, it’s been in the last two years that I feel like it’s all happened. Writing is a mercurial craft, but new things have clicked into place for me. I’m always working to get better at what I do, and hopefully that’ll keep happening. I also moved to a different continent and got married. That last thing is the best thing that’s happened in the last 4 years. DC Comics

You’re now firmly established at DC Comics, where you’re currently writing Nightwing and Batman: Dark Patterns. There’s a clear love in your work for dark, urban settings and for “street-level characters.” Am I wrong?

Dan Watters : Probably not wrong. I’m a city guy, through and through. I was raised in London, and now I live in New York. I love reading and writing about cities; these places we squeeze people into, and how lives are built on the sediment of lives that came before. Layers of ghosts on ghosts. Anything can happen in a city, and a fair few of said things are awful. There’s just something about an urban smog that always speaks to me. It’s in my bones.

Throughout all your work at DC Comics, we’ve noticed your deep knowledge of the DC Universe. What was your relationship with that universe before you wrote your first stories for DC?

Dan Watters : As a grim little goth kid, Batman was always my favourite superhero- he had all those elements to him. That was definitely my way in, and then it expanded to his wider supporting cast, and then to things like The Question, Swamp-Thing, a lot of that slightly edgier 80s goodness. I also loved the britwave stuff as soon as I found it. It always felt like you could find something subversive at DC, and I became an avid reader, always hoping that I’d find more stuff like that. Batman: Dark Patterns

In Batman: Dark Patterns and in Nightwing, you like to explore social themes through your superhero stories. Do you think it’s important for the superhero genre to tackle these kinds of topics? How do you find the right balance between thoughtful commentary and the sense of fun or entertainment that’s often tied to the superhero genre?

Dan Watters : I don’t know that I think it’s important. I don’t know that I think it’s important for comic books to do anything. As far as those themes appear it’s because they’re what interest me at the time, I guess. I’m interested in how people interact with one another. What pushes them to behave the way they do, particularly in extreme ways. I’m always wary of trying to have a “message” in a comic book. Writing is for exploring, not for solving. Beware art that tries to tell you how to live.

In Batman: Dark Patterns, you continue the horror exploration that you had already highlighted in Home Sick Pilots. Is horror still a genre you enjoy working with?

Dan Watters : Yup. It’s how I found my way into these spaces. I can’t tell you a single thing about Star Trek, but I can tell you all about every Friday 13th movie. I love horror. The history of it, the aesthetics of it, and the way it can make us feel. I think it’s a very pure thing to try and invoke. And it’s fun.

Batman: Dark Patterns is structured in short three-issue stories. You manage to deliver narratives that are both dense and coherent within this particular format. Even though you’ve already worked in a similar short format through your Detective Comics back-ups, what challenges does this short-form structure present for you?

Dan Watters : I actually really enjoy the short format. It forces you to really think about the meat of your story. Though there’s a fair difference between the 8 pagers I was doing on Detective Comics and the 3 issue structure of Dark Patterns. The former was like writing poems, whereas the latter felt like the classic comic format we were trying to throw back to. A beginning, middle, and end, with an issue allocated to each. That lets you tell a full story easily and just cuts away any padding. That’s what we were trying to do there regardless. Boiling down Batman’s supporting cast to the bare minimum and letting him focus on whatever grisly detective case was to hand.

You’re working with the fantastic Hayden Sherman on Batman: Dark Patterns, with whom you had already collaborated on Detective Comics. We loved his independent work with Sean Lewis (The Few, Thumbs, Above Snakes), but he has since evolved his style, offering extremely intricate layouts that he’s also using on Absolute Wonder Woman. How do the two of you work together? Does he have free rein once he has your scripts, or do you also detail the page layouts?

Dan Watters : I would be insane to detail the kind of page layouts Hayden delivers in a script. Part of the job of a comics writer is to know your collaborators’ strengths and give them the space to do what they do best. I’ve learned what Hayden finds it a pleasure to draw – such as cityscapes- and what they don’t- grids, for example- and write plenty of the former and none of the latter. Working with an artist like Hayden is also great in that it gives you opportunities to take risks. One issue of Dark Patterns takes place entirely in a locked room. I don’t know that I’d be brave enough to write that if I didn’t know who’d be drawing it, but because I knew Hayden is incapable of drawing a dull page, I knew it would work. It’s one of my favourite issues I’ve ever written.

In Batman: Dark Patterns, Gotham plays an important role—almost like a character in its own right. What does the city of Gotham represent in your stories?

Dan Watters : As above, I’m always interested in cities. Gotham is New York and also kind of Chicago and also a very European kind of city, to my mind. It’s an ur-city that lets you draw urban myths and histories and calamities from all those places into its DNA; and it also has unique DNA of its very own. People have been writing stories about Gotham since 1939. America has cities that aren’t a lot older. Nightwing

In Nightwing—and not only there—we can feel your love of DC continuity and your respect for your predecessors’ work. You don’t wipe the slate clean or overhaul everything, as some writers do. Do you see yourself as someone who helps the universe live and evolve in small, meaningful steps, in line with its rich history?

Dan Watters : Not really. I’m just here to tell stories. I wrote about this on thedeadairchannel a while back- he says, unsubtly plugging his newsletter- but I think of continuity like a memory. Recent things are in clearer focus, but the further away we get from it, it’s hazy. I started writing Nightwing with issue 119, so throwing out the things that had recently come before felt like a disservice to readers who’d been reading for 119 issues. Whereas if Batman: Dark Patterns contradicts minor details from other early years set Batman books, that really doesn’t bother me. Story first. Always.

It seems like your main goal on Nightwing is to develop the character and his position relative to other characters. Is that right?

Dan Watters : Explore rather than develop, perhaps? How characters respond to new situations is what’s always interesting to me. We’ve just announced a new storyline for Nightwing with issue 136, which comes out in March. We have Denys Cowan joining us as the new ongoing artist for the book, and we’re going to be stripping back a lot of the trappings that have been built up around the character over the last few years. Throwing him back on his resources as a detective in an intrinsically hostile city. I always enjoyed writing the book, but it’s clicked for me here in a whole new way. The One Hand & The Six Fingers

You’ve known Ram V for a long time. How did the idea come about for this collaboration on two parallel series that echo each other? How did you write this story together, four hands on the same project?

Dan Watters : Yeah, Ram and I very much came up together in comics, and he’s still one of my closest friends and collaborators. Ram had come up with an idea for doing two books that would act as a call and response to each other. He knew what he wanted one side to be- a cop pursuing a killer. He didn’t have an idea for the other half- the killer’s story. When we started talking about it, I realized I had an idea in my back pocket that would fit. It was all quite serendipitous. Writing it was simple enough on the surface. Ram wrote his issue 1, then I wrote my issue 1, then he wrote his issue 2 in response to that, and so on. In practice it took a lot of coordination. It was a bit of a high-wire act, but also extremely rewarding. Finding those parallel moments that we could bring together, where one story could elevate the other- that’s part of the joy of storytelling.

The structure of The One Hand and The Six Fingers brings back the serialized spirit that is so characteristic of American comics, which has tended to fade in favor of more “TPB-style” writing. Did you want to revive that spirit through the writing and publication of The One Hand and The Six Fingers?

Dan Watters : Actually, yeah. We wanted to try and utilize the release format as a part of the storytelling in a way we hadn’t seen done before. The fact that the reader would encounter each chapter of each side of the story a few weeks apart in its original format gave a different reading experience than for those readers who picked up the book in trade. The single-issue format can sometimes be treated as a bit of a stepping stone towards the tpb. I’d rather utilize it wherever I can, and that’s definitely something I’ve tried to do more since The One Hand and The Six Fingers.

Others Universes

How do you approach working in already well-established universes when you’re making only brief incursions into them? Were G.I. Joe and TMNT worlds you were familiar with as a reader, or did you immerse yourself in them specifically to create these mini-series?

Dan Watters : GI Joe, not even slightly. It was Action Man in the UK when I was a kid, which had eschewed pretty much all of the GI Joe DNA. TMNT I grew up with and knew. But really the joy is in sort of kicking against a thing and finding what interests you about it- and what kind of story would be interesting to tell in that world. With Destro, I liked the idea of taking this very arch, over the top villainous arms dealer and placing him in a political tech-thriller. With Shredder, the idea of taking an action book quite seriously in a world with mutant turtles held appeal. I want to surprise my reader a little, and stay true to myself as a writer, without defying or negating what people enjoy about a world.

Destro and Shredder are two very charismatic villains. Do you enjoy writing this kind of character? 

Dan Watters : I do. I’ve always liked these sorts of characters. My first extended run was Lucifer at DC/Vertigo, and I wrote the devil as a trickster. These characters I see as being facets of the same. These figures who are so sure in their world view, who will bend the world towards it, with the foresight and sleight of hand to set things in motion that will benefit them down the line. I just think villains are a lot of fun. Projects

What are your upcoming projects at DC or in creator-owned work?

Dan Watters : I mentioned the new arc of Nightwing, and I’ve been putting a lot of energy into that. I think it’s going to be something quite special and quite different. Shredder is also ongoing at IDW, and I’m working on hammering the back half of our second arc there into shape. Beyond that I have a slew of things that aren’t announced yet, alas. I’m writing two creator owned books right now, which are my first since The One Hand & The Six Fingers, so it’s a pleasure to return to that space. But I also have an unannounced DC book that I’m two scripts into, and another major project that will come out at some point in the middle of next year. No rest for the wicked, I guess.

Interview made by email exchange. Thanks to Dan Watters for his availability and his great kindness.