Avant Against Hope sorti récemment chez Komics Initiative, Victor Santos a créé Polar, un double récit proposé en 2 tomes chez Glénat en 2016-2017. L’artiste y est pour la première fois scénariste en même temps que dessinateur et propose deux récits de vengeance reliés par la présence d’un personnage commun.
De la vengeance, en veux-tu en voilà !
En termes d’histoire, les deux récits sont simples et directs, permettant un grand terrain de jeu graphique pour Victor Santos. Dans le premier volume, « Black Kaiser », un ex-agent considéré comme le plus grand espion de la planète sort de sa retraite car on a tenté de l’assassiner. C’est désormais lui ou ceux qui se dressent devant lui, dans une course poursuite sanglante où l’on croisera aussi bien un expert de la torture qu’une tueuse fatale. Dans la suite, Black Kaiser, parti s’isoler dans le grand nord, sauve une jeune femme de la mort avant de l’entrainer pour qu’elle livre sa quête de vengeance envers ceux qui ont tenté de la tuer.

L’expérimentation et l’inventivité comme maitres-mots !
Dans les deux volumes, l’artiste espagnol livre un travail graphique dingue en s’appuyant sur le contraste du noir et du blanc qui se pare de rouge. Jouant sur les ombres, Victor Santos travaille sa mise en page de façon riche et variée, rythmant parfaitement son récit. On peut penser à Frank Miller ou encore Tarantino pour l’esprit Kill Bill pour sa violence et ses combats chorégraphiés mais l’artiste cite plutôt une référence cinématographique : Jean-Pierre Melville (Le cercle rouge, Le samouraï) pour sa gestion du rythme. Les designs, très réussis, sont de parfaits archétypes du genre. L’ensemble se dévore, le format à l’italienne renforçant la force de l’expérimentation graphique.

Polar est une lecture jouissive et un régal graphique.


