Victor Santos : « Pour moi, chaque page est une énigme à résoudre, mais c’est également la partie du processus que je préfère ! »

L’auteur du puissant Against Hope nous parle de son impressionnant travail graphique et de son processus créatif ! 

For English speakers, please find lower the interview in its original version.


Origin Story

Comment votre passion pour les bandes dessinées est-elle née, et qu’est-ce qui vous a donné envie de créer vos propres bandes dessinées ?

Victor Santos : Mon plus jeune oncle collectionnait des comics de super-héros et des classiques américains, ainsi que de nombreuses BD (Tintin, Blueberry, Valérian). Ce fut mon premier contact avec cet univers. J’ai commencé à lire des bandes dessinées très jeune, mais j’ai aussi commencé à en dessiner presque dès le début de ma vie. Dès que j’ai eu un crayon entre les mains, je me suis mis à dessiner et à créer de petites séquences avec des bulles et des gribouillages à l’intérieur, puisque je ne savais pas encore écrire. J’ai toujours voulu raconter mes propres histoires. Même si je dessinais beaucoup de personnages populaires, je préférais en créer mes propres versions. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai jamais vraiment été intéressé par le fait de dessiner les personnages de mon enfance ; je voulais toujours créer mes propres univers. Plus tard, lorsque j’étais à l’université, j’ai été très influencé par le label « Legend » de Dark Horse, où Frank Miller, John Byrne ou Mike Mignola publiaient leurs séries dont ils détenaient les droits.

Polar – Tome 2

Against Hope

Comment l’idée d’Against Hope vous est-elle venue ? L’une des intentions de départ était-elle de faire écho à l’actualité, alors que notre monde semble dériver de plus en plus vers différentes formes d’extrémisme ?

Victor Santos : Je voulais travailler sur un type de héros différent après l’engouement suscité par le film et les albums Polar. J’aime le genre de l’action, mais je ne voulais pas répéter l’archétype du Black Kaiser (homme, âgé, blanc, extrêmement compétent). Ce personnage est presque mythologique, un homme aux capacités exceptionnelles. Je trouvais plus intéressant d’écrire sur quelqu’un qui lutte réellement à chaque étape de l’histoire et qui devient progressivement un héros. J’ai imaginé cette jeune femme afro-américaine, Hope Walker, qui surmonte les dangers et les épreuves. Je voulais raconter son parcours, de victime à guerrière. J’ai donc construit toute l’histoire autour de cette jeune héroïne, et les thèmes du racisme et de l’extrémisme ont émergé naturellement.

Écriture

La structure d’Against Hope, qui alterne entre passé et présent, est plus élaborée que celle de Polar, plutôt linéaire. Avez-vous développé un scénario détaillé à l’avance ou avez-vous laissé une place à l’instinct durant le processus créatif ?

Victor Santos : Au départ, je n’allais écrire que la partie réalisée en lavis, celle de la chasse à l’homme, et cela devait être une histoire linéaire. D’ailleurs, j’avais d’abord publié cette partie sous forme de webcomic. Mais cela me paraissait trop plat. Je me suis alors demandé : « Que se passe-t-il après la vengeance ? Que se passe-t-il lorsqu’il reste des conséquences et des blessures qui vous accompagnent toute votre vie ? » J’ai donc créé cette seconde partie et exploré la manière dont elles pouvaient se connecter. J’ai trouvé intéressant de les superposer et de les alterner, afin de voir comment les événements du passé résonnent dans le présent, comme les couplets d’une chanson. Je peux me permettre cette approche lorsque je travaille seul : le processus est alors plus organique et j’écris et dessine simultanément.

Against Hope

Dans Polar comme dans Against Hope, votre narration est très directe. Elle repose beaucoup sur le rythme, alternant action et moments plus calmes, tout en laissant rarement au lecteur le temps de reprendre son souffle. Est-ce un aspect sur lequel vous travaillez consciemment ?

Victor Santos : Pour revenir à la comparaison musicale, oui, c’est effectivement une manière de composer le rythme. Dans ce type d’œuvre très orientée vers l’action, j’aime alterner différents tempos. Certains lecteurs se plaignent parfois que certaines parties se lisent trop vite, mais c’est précisément l’effet recherché. J’en suis obsédé : comment utiliser les dialogues non seulement comme source d’information, mais aussi comme moyen de retenir l’attention du lecteur avant de la relâcher dans une scène d’action écrasante.

Polar et Against Hope ont tous deux été publiés au format paysage. Pourquoi ce choix et qu’apporte-t-il à votre narration ?

Victor Santos : Je trouve cela tout à fait naturel. Nous voyons le monde en format paysage. Quand vous sortez de chez vous et regardez la rue, votre regard ne balaie pas l’espace de haut en bas ; il se déplace généralement de gauche à droite et de droite à gauche. Dans un médium visuel, cela me semble donc être le choix le plus fluide. En même temps, j’adore composer les pages ; c’est un aspect de la bande dessinée qui me passionne. Je travaille souvent sur deux ou trois projets à la fois, et lorsqu’on produit beaucoup de pages, avoir un format différent est rafraîchissant. Je pense que les romans graphiques devraient explorer davantage de formats : carrés, plus grands, plus petits. C’est un avantage que nous avons par rapport à d’autres médias comme le cinéma, et que nous n’exploitons pas suffisamment.

Against Hope

Polar et Against Hope sont tous deux des bandes dessinées très violentes. Quel regard portez-vous sur la représentation de la violence dans l’art en général, et dans la bande dessinée en particulier ?

Victor Santos : Pour moi, la violence est un élément narratif et visuel. C’est aussi un outil de catharsis. Nous vivons dans un monde injuste et il nous arrive parfois de souhaiter une solution simple. Nous disons des choses comme : « Il suffirait de tuer tous ces criminels ou ces politiciens corrompus. » Mais je suis conscient que ce n’est pas la solution. Aujourd’hui, des figures comme Trump ou certains partis d’extrême droite proposent des réponses simples — et souvent violentes — à tous les problèmes. Or, avec un minimum d’expérience, on sait que les solutions simples ne résolvent jamais les problèmes complexes. Mais ces histoires, ces « simulations », nous permettent de parler de la violence avec recul. Une bonne histoire de vengeance doit comporter de grandes scènes d’action, de violence et d’humour noir, mais je pense qu’elle doit aussi parler des conséquences de cette violence. Hope Walker doit payer un prix, même lorsqu’elle gagne : dans sa propre vie et dans celle des personnes qu’elle aime.

Le personnage de Hope

Votre héroïne révèle sa personnalité non seulement à travers ses actions mais aussi grâce à son design visuel. Comment avez-vous abordé ce travail et que vouliez-vous exprimer à travers son apparence ?

Victor Santos : Parfois, je commence par écrire qui est le personnage avant de développer son apparence. D’autres fois, c’est l’inverse : une image forte s’impose à moi et je construis une histoire autour. Mais le plus souvent, les deux évoluent ensemble et se nourrissent mutuellement. Quand je commence à dessiner un personnage, j’entrevois souvent des fragments de son passé et j’essaie de les intégrer dans de petits détails visuels. Parfois, ce ne sont que des indices. Par exemple, la boucle d’oreille que porte Hope dans le présent est en réalité la croix appartenant à son petit ami décédé. Je ne l’explique jamais explicitement, mais la référence visuelle est assez évidente.

Against Hope

Hope hérite d’un fort héritage culturel fondé sur la compassion et la justice, mais son père lui dit aussi qu’« il faut savoir utiliser ses poings contre ceux qui font le mal ». Hope suit cette voie à la fois pour se venger et pour lutter contre l’extrémisme. L’idée de la violence comme moyen de résistance est-elle un sujet qui vous intéresse ou vous questionne ?

Victor Santos : Hope est une jeune femme dotée de principes moraux solides, et ceux-ci vont être mis à l’épreuve. C’est pour cela que les flashbacks consacrés à sa famille existent : ils permettent de comprendre son parcours. Elle a un père fort, policier et instructeur d’arts martiaux. Et il y a aussi l’ombre de sa mère, immigrée, avec un sens très fort de la famille. Je ne pense pas que la violence soit jamais la meilleure option, mais je ne pense pas non plus qu’il faille renoncer à faire preuve de fermeté. Le nazisme et le suprémacisme représentent selon moi l’exemple le plus frappant d’une idéologie poussée à l’absurde. Leur ascension a été le moment où l’humanité s’est le plus approchée d’un monde de chaos pur, d’un mal absolu. Et cela peut sembler fou, mais c’est quelque chose dont nous devons nous souvenir et que nous devons rappeler aux autres, en particulier aux plus jeunes. Je pense donc que nous avons besoin de héros qui s’opposent radicalement à cette idéologie, afin de nous rappeler de ne jamais baisser la garde, même si nous n’avons pas à agir comme eux.

Dessin

Une fois encore, vous utilisez largement les contrastes entre noir et blanc, mais aussi une palette de couleurs remarquable. Comment avez-vous élaboré cette palette et choisi les couleurs des différentes séquences ?

Victor Santos : Parfois, cela naît simplement d’une envie d’expérimenter certaines techniques parce qu’elles me semblent intéressantes ou amusantes. Mais j’essaie toujours de m’assurer qu’elles ont du sens et qu’elles ajoutent une couche de signification à l’histoire. Dans ce cas précis, je savais que je voulais utiliser des couleurs très différentes pour distinguer les différentes temporalités. Il était logique que l’histoire située dans le passé, dans un environnement organique (forêt, bois, pierre, eau), soit réalisée avec cette encre sale et texturée, tandis que l’histoire contemporaine, située dans un cadre urbain, utilise la couleur numérique.

Against Hope

Vous accordez également une grande importance à la mise en page : illustrations pleine page, structures en gaufrier, cases dynamiques, effets de zoom. Comment concevez-vous une page ?

Victor Santos : Je considère chaque page comme une unité à part entière et j’essaie de trouver une structure qui transmette l’émotion du moment, qu’il s’agisse d’action ou de calme. C’est aussi une manière de rendre plus intéressants les passages purement explicatifs. Pour moi, chaque page est une énigme à résoudre, mais c’est également la partie du processus que je préfère. J’y prends énormément de plaisir, et une grande part repose aussi sur l’instinct.

Vos scènes d’action sont extrêmement chorégraphiées. Est-ce un aspect que vous aimez particulièrement créer ?

Victor Santos : Oui, bien sûr ! Comme dans tout médium visuel, l’action est l’un des moments où tous les éléments se rejoignent. C’est pourquoi, même si les bandes dessinées ou les films peuvent raconter de grandes histoires, je pense que lorsqu’ils montrent le mouvement, l’action, une poursuite haletante ou un combat, ils révèlent alors tout leur potentiel. C’est pour cela que des œuvres comme Dragon Ball ou Mad Max: Fury Road sont de véritables expériences immersives.

Polar

Projets et lectures

Sur quels projets de bande dessinée travaillez-vous actuellement ou envisagez-vous pour l’avenir ?

Victor Santos : Curieusement, ces derniers temps, je reçois davantage de commandes de scénarios pour d’autres artistes que de commandes de dessin. J’ai travaillé sur l’adaptation manga de Requiem Chevalier Vampire pour Glénat, et je travaille actuellement sur deux autres scénarios : un roman graphique de science-fiction et une mini-série basée sur une franchise américaine très classique. Je développe également seul un roman graphique d’espionnage de longue haleine, situé entre la France et l’Espagne, dans lequel je fais tout moi-même. J’ai aussi coécrit deux épisodes pilotes pour des projets télévisés, mais je ne veux pas abandonner le dessin… cela n’arrivera jamais !

Quelles bandes dessinées avez-vous lues récemment ? Avez-vous des coups de cœur ou des recommandations ?

Victor Santos : Je lis toutes sortes de bandes dessinées. J’adore les mangas et j’achète actuellement des classiques des années 1990 comme Dragon Quest ou Saint Seiya, mais aussi des séries récentes comme Sakamoto Days ou Dandadan. Aux États-Unis, j’achète tout ce que produisent Ed Brubaker et Sean Phillips, ainsi que Brian Azzarello et Eduardo Risso. Je peux donc recommander leurs ouvrages, notamment Criminal et Blood Brothers Mother. Côté BD, je recommande Contrapaso de Teresa Valero ou encore les adaptations d’Elric de Melniboné. Ces derniers temps, j’achète également tout ce que je trouve de Tebo, notamment ses albums de Mickey Mouse et des Schtroumpfs.

Entretien réalisé par échange de mails. Merci à Victor Santos pour sa disponibilité et sa gentillesse !


The creator of the powerful Against Hope discusses his stunning artwork and creative process with us!

Origin Story

How did your love for comics begin, and what made you want to create your own?

Victor Santos : My youngest uncle collected superhero and classic American comics and lots of BD (Tintin, Blueberry, Valerian) that was my first exposure to them. I started reading comics when I was very young, but I also started drawing them almost from the very beginning of my life. As soon as I had a pencil, I started drawing and creating little sequences with balloons and doodles inside them because I hadn’t learned to write. I always wanted to make my own stories, although I used to draw many popular characters, I preferred to create my own versions of them. I don’t know why, but I was never interested in drawing the characters from my childhood; I always wanted to create my own stuff. Later, when I was in college, I was really influenced by Dark Horse publisher “Legend” label, where Frank Miller, John Byrne or Mike Mignola publish their creator-owned series.

Against Hope

How did the idea for Against Hope come to you? Was one of the initial ideas to connect it to current events, with our world increasingly drifting toward various forms of extremism?

Victor Santos : I wanted to work on a different kind of hero after the buzz of the Polar movie and the Polar books. I like action genre but I didn´t want repeat the archetype of the Black Kaiser (male, old, white, skilled). This character is almost a myth, a man with developed skills… I found interesting to write about someone who really struggles in every step of the story and becomes the hero. I had the idea of this Afro-American young woman, Hope Walker, who overcomes dangers and adversities. I wanted to tell her arc from victim to warrior. Therefore, I built the whole story around this young hero, and the themes of racism and extremism emerged.

Writing

The structure of Against Hope, moving between past and present, is more elaborate than Polar, which was fairly linear. Did you develop a detailed script beforehand, or did you leave room for instinct during the creative process?

Victor Santos : At first, I was only going to write the “inkwash” part, the human hunt, and it was going to be a linear story. In fact, initially I published that part as a webcomic. But it seemed too flat to me, so I thought, “What happens after the revenge? What happens when there are loose ends and consequences that stay with you for the rest of your life?” So I created that second part and explored how they might connect. I found it interesting to overlap and alternate between them and see how events from the past reverberate in the present, resonating like verses in a song. I can do this when I work alone, the process is more organic and draw and write at the same time.

In both Polar and Against Hope, your storytelling is very direct, relying heavily on pacing and alternating between action and quieter moments, while always ensuring the reader has little chance to catch their breath. Is that something you consciously focus on when writing a story?

Victor Santos : Getting back to the musical topic, it is indeed a way of composing the rhythm. In this kind of action-packed work, I like to alternate between different tempos. Sometimes readers may complain that certain parts are read too quickly, but that’s the effect I’m looking for. I’m obsessed with that: How I can use dialogue not only as a source of information, but also as a way to hold the reader’s attention and then release them with an overwhelming action scene.

Both Polar and Against Hope were published in landscape format. Why did you choose this format, and what does it bring to your storytelling?

Victor Santos : I find it truly natural. We see the world in “landscape format“. When you leave home and go outside, your sight doesn´t scan the street to up to down, you usually move your eyes from left to right and right to left… So in a visual medium it seems the more fluent choice. At the same time, I love doing the page composition, it´s a subject in comics I’m obssessed with. I use to work on two, three projects at the same time… And when you are working on a lot of pages, having some of them in a different format is refreshing. I think graphic novels should have different formats, square, bigger and smaller books. It’s an advantage we have comparing to other mediums like movies and we don´t exploit.

Polar and Against Hope are both very violent comics. What is your view on the representation of violence in art in general, and in comics in particular?

Victor Santos : For me violence is a storytelling and visual element. And a tool for catharsis. We live in a world of injustice and sometimes we wish the coming of an easy solution. We say things like “We just should kill all those criminals or corrupt politicians”. But I’m conscious this is not the solution. Right now people like Trump or those extreme-right parties are offering easy (and usually violent) solutions to every problem and if you have a minimum experience, you know simple solutions don´t fix complex problems. They never work in the real world. But these stories, these “simulations” let us speak about violence with perspective. A good revenge story should have great action and violence scenes and dark humor moments but I think they also talk about the consequences of violence too. Hope Walker has to pay a price even if she wins, in her life, with her beloved people.

 The Character of Hope

Your heroine reveals her personality to readers not only through her actions but also through her visual design. How did you approach that design process, and what did you want it to express about her character?

Victor Santos : Sometimes I write about how the character is and then develop their appearance, but other times it’s the other way around, I can feel a strong visual impression and build a story around that image. But usually it’s both at the same time, and one feeds into the other. Often, when I start drawing the character, I get glimpses of their past, and I try to reflect that in subtle details of their design. Sometimes they are just hints, like the ear ring Hope wears in the present, you realize it’s her dead boyfriend’s cross. I don’t explain any of that, but the visual reference is very obvious.

Hope inherits a strong cultural legacy centered on compassion and justice, yet her father tells her that “you also need to know how to use your fists against those who do evil.” Hope embraces this path both to seek revenge and, in a way, to fight against extremism. Is the idea of violence as a means of resistance and struggle something that interests or challenges you?

Victor Santos : Hope is a young woman with strong moral principles and they will be tested. That’s the reason of her family flashbacks to tell her background. She has this strong father, a cop and a martial arts trainer. And we have the shadow of her mother, an immigrant with a strong sense of family. I don’t think violence is ever the best option, but I also don’t think we should give up on being firmly resolute. I think Nazism and Supremacist represent the best example of a world of absurd extreme morals. The rising of this ideology was the closest moment we have been about to cross a gate to a pure chaos, pure evil, world. And it seems crazy, but it´s something we need to remember and remind to others, particularly to the youngest people. So I think we need heroes who take an extreme stand against that ideology to force us not to let our guard down, even if we don’t have to do the same.

Artwork

Once again, you make extensive use of black-and-white contrast, but you also do remarkable work with color. How did you develop this incredible color palette, and how did you decide which colors to use for different sequences?

Victor Santos : Sometimes it born from a whim to use certain techniques because they might be interesting or fun, but I always try to make sure it makes sense and adds a layer of meaning to the story. In this case, I knew I wanted to use very different colors to distinguish between the timelines, and it made sense that the story set in the past, in an organic setting (forest, wood, stone, water) would use this dirty ink, while the present-day story, set in an urban environment, would use digital color.

You also put a great deal of work into page layout: full-page illustrations, grid structures, dynamic panels, zoom effects. How do you go about designing a page?

Victor Santos : I treat each page as a single unit and try to find a structure that conveys the emotion of that moment in the story, whether it’s action or calm… It’s also a way to add interest to parts that are purely expository. For me, it’s like a puzzle to solve on every page, but it’s my favorite part of the process. I really enjoy it and a big part of it is instinct, too.

Your action sequences are highly choreographed. Is that something you particularly enjoy creating?

Victor Santos : Yes, of course! As with any visual medium, action is one of the moments when everything comes together. That’s why, even though media like comics or movies can tell great stories, I think that when they show movement, action, a thrilling chase or a fight… that’s when they reveal their true potential. That’s why comics like Dragon Ball or movies like Mad Max: Fury Road are truly immersive experiences.

Projects and Reading

What comic book projects are you currently working on or planning for the future?

Victor Santos : Interestingly, recently I’ve been getting quite writing assignments for other artists lately instead art assignments. I’ve been working on the manga adaptation of Requiem Chevalier Vampire for Glénat, and I’m currently working on a couple of assignments, two scripts: one is science fiction graphic novels, and the other is a miniseries for a very classic USA franchise. I also have a full-length espionage novel where I do everything, set in France and Spain, that I’m developing on my own. I’ve also co-written two pilot episodes for some TV projects, but I don’t want to give up drawing… that will never happen!

What comics have you read recently? Any particular favorites or recommendations?

Victor Santos : I read all kind of comics. I love manga, and I’m currently buying some classic 90s stuff like Dragon Quest or Saint Seiya and modern series like Sakamoto Days or Dandadan. In the USA, I buy everything that Ed Brubaker and Sean Philips, and Brian Azzarello and Eduardo Risso do. So I can recommend their books, Criminal and Blood Brothers Mother. About BD, Contrapaso by Teresa Valero, The Elric of Melnibone adaptations… Lately I have been buying everything I find made by Tebo, his Mickey Mouse and Smurfs books.

Interview made by email exchange. Thanks to Victor Santos for his availability and his great kindness.