Dan Jurgens, Mike Perkins et Mike Spicer sont de retour pour une deuxième histoire de Bat-Man, après un premier volume plutôt réussi. Le récit proposé se situe dans la continuité du précédent. On y retrouve les mêmes personnages dans une Amérique aux portes de la deuxième guerre mondiale. Alors que la population de Gotham s’inquiète d’un possible conflit, un mystérieux tueur plonge la ville dans le chaos grâce à sa manipulation de la peur des gens.
La peur comme fond de commerce
Dan Jurgens renoue avec succès avec son atmosphère des années 40 dans une Amérique des plus tourmentées. L’auteur met particulièrement bien en scène l’état d’esprit qui anime la population et le contexte qui l’entoure. A la peur de voir partir sa jeunesse au front s’ajoute la menace de ce mystérieux tueur qui puise au plus profond des angoisses des habitants de Gotham. Dan Jurgens parvient à tout lier de façon habile et cohérente : le passé de ce tueur ainsi que celui du commissaire Gordon avec la menace nazie en Europe. A travers son idée d’utiliser la peur des habitants comme vecteur de chaos, Dan Jurgens rappelle une partie des raisons qui ont amené au conflit mondial mais aussi, de façon plus générale, offre un miroir sur notre monde actuel en proie aux mêmes maux. Bien que classique dans son déroulé et non dénué d’une ou deux facilités scénaristiques, son récit fonctionne très bien.

Des personnages à l’écriture ciselée
Dan Jurgens écrit particulièrement bien ses personnages. On retrouve un Bat-Man / Bruce Wayne en pleine mutation et empli de questionnements sur son rôle dans Gotham alors que sa relation avec Julie Madison est désormais bien installée. Les évènements se déroulant à Gotham attire également l’attention de deux journalistes de Metropolis : Lois Lane et Clark Kent. Là aussi, le scénariste propose une relecture très pertinente, proposant à l’occasion d’un échange entre les deux super héros aux pouvoirs encore limités, leurs visions de la gestions des évènements. Quand Superman se montre pragmatique, Bat-Man est plus interventionniste, tissant un nouveau miroir avec notre monde actuel.

Un duo d’artistes au top !
Et bien sûr, l’on retrouve les deux Mike à la partie graphique ! Si l’on peut toujours tiquer un peu sur la régularité de ses visages, Mike Perkins n’a pas son pareil pour reconstituer cette Amérique des années 40 dans ses décors comme dans ses designs. Il livre également une mise en page habile qui accroit la lisibilité de ses planches en comparaison avec le premier tome. Avec ses couleurs intenses, Mike Spicer ajoute une merveilleuse atmosphère oppressante. Le duo livre de nombreuses séquences mémorables, en particulier quand l’horrifique s’invite. Un régal pour les yeux !

Le trio de créateurs livre une excellente aventure de Bat-Man dans une Amérique des années 40 aux portes de la guerre ! Dan Jurgens écrit remarquablement ses personnages et le duo Mike Perkins – Mike Spicer livre une nouvelle prestation magistrale !


