The Incredible Hulk (VF)

The Incredible Hulk
Scénario
Phillip Kennedy Johnson
Dessin
Nick Klein, collectif
Couleurs
Editeur
Panini
La note de ComicStories

Après le génial run d’Al Ewing et le passage chaotique de Donny Cates et Ryan Stegman, c’est au tour de Phillip Kennedy Johnson de s’emparer de la destinée de Hulk !

Une nouvelle mythologie

Le scénariste américain propose de réinventer une partie de la cosmologie de l’univers Marvel en imaginant La Mère des horreurs, seule entité cosmique non créée par Celui-au-dessus-de-tout et l’Ainée, sa première fille, qui cherche à briser la porte derrière laquelle sa mère est enfermée près son conflit avec le Dieu créateur. Pour cela, l’Ainée a besoin de l’énergie Gamma que possède en lui Hulk. Elle va donc envoyer une palanquée de monstres à sa poursuite. Ambitieux projet…Vous suivez toujours ?

Dessin : Nick Klein

Horrifique à souhait

Dès le premier épisode Phillip Kennedy Johnson annonce l’atmosphère de laquelle sera teinté son run et met les principaux éléments de son histoire en place. L’horreur est, comme souvent dans les temps récents, le genre dans lequel les aventures de Banner/Hulk baignent et cela lui réussit. Côté histoire, le scénariste va doucement faire évoluer son intrigue en proposant surtout une série d’affrontements entre Hulk et les monstres qui se dressent sur son chemin. Mais surtout, il crée le personnage de Charlène, une adolescente qui fuit son père violent et dont Banner va s’occuper, lui permettant de faire dialoguer efficacement les deux personnalités de Banner et Hulk.

Du bon et du moins bon

Si l’ensemble se lit agréablement, on ne peut nier un côté répétitif avec le schéma un monstre – une baston qui revient inlassablement dans une intrigue qui avance à pas de tortue. Le run se trouve aussi parasité par des événements extérieurs provenant de l’univers Marvel qui ralentissent encore plus l’avancement de l’histoire. Néanmoins, la dualité entre Banner et Hulk, magnifiquement développée par Al Ewing dans son run, est ici aussi à l’honneur avec un côté plus terre à terre mais néanmoins efficace. La cohabitation entre Charlène – dont la destinée est surprenante – et le Titan Vert apporte également un lot de séquences intéressantes, que cela soit en termes d’émotion ou de moments épiques.

Phillip Kennedy Johnson développe aussi sa nouvelle mythologie à travers des textes en prose placés à la fin de certains épisodes. Si l’on comprend l’évident intérêt d’enrichir ce domaine du récit, tous les lecteurs iront-ils se plonger dans ces moments dénués d’art séquentiel ?

Au bout de ces 30 épisodes, The Incredible Hulk laisse, au niveau du scénario, une impression contrastée avec de bonnes idées et une écriture ponctuellement réussie mais qui sur le long terme manque d’une direction très solide qui étire un peu trop son fil.

Dessin : Nick Klein

Nick Klein épate

Ce contraste revient aussi au niveau de la partie graphique. Le dessinateur Nick Klein démontre toute sa maestria pour immerger le lecteur dans une atmosphère horrifique délectable. Son dessin épique et percutant, avec une capacité certaine à faire évoluer son style, est particulièrement impressionnant. On se régale de ses planches sanglantes, effrayantes, monstrueuses. Mais l’artiste réalise seulement la moitié des épisodes, son art ne lui permettant sans doute pas de tenir les délais d’une série mensuelle. Ses remplaçants, dont Dany Earls le plus souvent, n’ont pas son coup de pinceau et livrent, sans que cela soit honteux, des pages nettement moins épatantes. La série perd alors beaucoup en force.

Le cliffhanger final ouvre sur la suite à venir à travers un relaunch intitulé The Infernal Hulk !

Dessin : Danny Earls

Malgré un projet ambitieux de Phillip Kennedy Johnson et un Nick Klein épatant, The Incredible Hulk n’est pas aussi enthousiasmant qu’espéré. La refonte séduisante de la mythologie et l’atmosphère horrifique délicieuse pâtissent d’une écriture qui manque de constance. 

Points forts
Le dessin de Nick Klein, parfait pour le genre horrifique
Une atmosphère sombre et horrifique réussie
Une mythologie renouvelée intéressante
On aime moins
La série perd en force lorsque Nick Klein n'est pas aux pinceaux
Un côté répétitif lassant
Une intrigue qui avance lentement et impactée par des éléments extérieurs