Batman – The Dark Prince Charming (1/2): Notre avis

Événement attendu par beaucoup depuis son annonce, la première partie (sur deux) du Batman de Marini est enfin disponible dans les librairies. Le titre profite d’une sortie simultanée en France et aux Etats-Unis, et se présente sous la forme d’un album au format franco-belge de 72 pages, vendu au prix de 14,99€, et publié par Dargaud. Preuve que le titre était attendu, nous sommes plusieurs à l’avoir lu dans l’équipe, et nous vous proposons donc plusieurs avis dans cet article.

[toggle title=”L’avis d’AntOonin (7/10)” bgcolor=”” textcolor=”#000000″ bordercolor=”” opacity=””]

La lecture de ce premier tome du diptyque « Batman The Dark Prince Charming » m’a laissé un sentiment particulièrement mitigé. Il faut dire que c’est un comics (une BD ?) que je voulais aimer avant même de commencer à le lire. Les éditions Dargaud et DC Comics avaient tout simplement réussi à réunir, le temps d’une histoire, mon super-héros et l’un de mes auteurs de BD franco-belges préférés. Tous les éléments étaient là pour me garantir une lecture 100% plaisir, j’y voyais déjà un nouveau classique comme avaient pu l’être Batman Silence ou la Cour des Hiboux.

Ce sentiment mitigé est dû au dessin qui, tout en plaçant ce comics parmi les meilleures choses qui aient été faites graphiquement sur Batman, desservent, paradoxalement, le comics. En effet scénario et dialogue ne sont pas du tout au même niveau que le dessin, et ce déséquilibre a été pour moi flagrant et un peu gênant à la lecture. Les dialogues m’ont parfois fait sortir de ma lecture (“Qui veut tirer sur le bédot”, “le patron n’aime pas qu’on bédave”… bof non ?). Marini s’en sort mieux avec son scénario sans pour autant que cela soit transcendant : l’intrigue ne m’a pas complètement captivée, la présence de certain personnage semble être forcée (cf. Catwoman sur sa moto) et le côté “fou” du Joker nous est montré sans grande finesse.

Mes attentes étaient grandes, peut-être trop, et c’est sans doute ce qui explique cette légère déception. Cela reste malgré tout un bon comics, ne serait-ce que pour la partie graphique somptueuse à souhait, et ce format BD qui devrait donner envie à tout amoureux du chevalier noir.

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[toggle title=”L’avis de Kidroy (6/10)” bgcolor=”” textcolor=”#000000″ bordercolor=”” opacity=””]

Marini  délaisse pour un temps son arthropode et dévoile son chiroptère, une certitude pour nous, ça sera beau, ça l’est. Le volume est donc effectivement magnifique. L’ambiance graphique, forcément “franco-belge”, appose un cachet assumé. Les cadrages, les doubles pages, les choix de colorisation tous en tonalités, tout y est pour en faire un nouveau model artistique. Un point particulier pour le personnage favoris de Snyder, Gotham City, sidérante ici, entre cathédrale gothique et méga-cité à la Blade Runner. Mais les personnages sont aussi très propres, notamment Batman, mis en scène par un artiste qui a parfaitement saisi la gestuelle du héros. La Catwoman, ou Selina Kyle, en costume comme en nuisette sont splendides de féminité. Mais, cette première partie souffre d’imperfections notoires. 

Le chara-design, comme les motivations des personnages planent plus qu’elles ne volent. Le style globalement inspiré pour la partie Batman et Catwoman (même si le personnage ne constitue qu’un enCat charnel pour Bruce), quoique très suggéré par les studios Rocksteady, l’est bien moins pour le reste. Le Joker aboierait du KISS que personne ne s’en étonnerait, son Harley Quinn “was made for lovin’ him”, la compagne fofolle a tout de l’objet sexualisé, et son rôle se cantonne en la réception d’un cadeau, seule motivation du Joker d’ailleurs. Les deux personnages tirent plus vers la bouffonnerie malsaine que le chaos désarticulé, une version plus classique donc, mais Marini y accole un semblant de modernité nolanienne, certains dialogues sont carrément pompés du métrage. Cette alternance de styles sur l’antagoniste est étonnante, mais s’abîme, aussi, par un manque flagrant de subtilité. J’évoquerai à peine Killer Croc, à mi chemin entre Bermejo et Suicide Squad, tant dans le design que le comportement. Une intervention inutile, voire grotesque, qui ne sert qu’à confirmer la surpuissance psycho-physique d’un Batman resplendissant, je me répète ; la course poursuite introductive est jouissive. Mais en définitive, des références utilisées à demi-mot, sans grande finesse ni précision.

Pour l’histoire, rien de bien transcendant pour le moment, une histoire de fille perdue. Les liens de parenté sont une thématique chère à l’auteur, on les retrouve ici. Morrison l’avait déjà proposé avec brio il y a des années, l’originalité n’est pas au rendez-vous ici. Même si cette intrigue est déjà lue, les pages se tournent avec plaisir mais le lecteur n’est jamais surpris. Le tome 2 devrait apporter des réponses, sans doute. 

Enfin un dernier mot sur l’édition, quelques traductions étonnent (voire le commentaire d’AntOonin), le format est immense (trop ?), le prix me semble excessif, et les bonus sont inexistants. Ce projet est assez unique dans l’industrie, je m’attendais à de nombreux croquis, storyboards et autres pour étoffer la proposition, rien de tout ça. A moins que l’édition “collector” aux 20 exorbitantes balles ne comble mes attentes, mais ça, on ne le saura jamais. 

En attendais-je trop ? Apparemment oui. Sous couvert d’une beauté artistique impeccable et inédite sur le personnage, tout ce qui a attrait à l’écriture est bien en deçà. Classiquement moderne, sans rien intégrer des deux, Marini en oublie la finesse qui lie tous ces personnages. L’écriture est superficielle et parfois maladroite. Dark Prince Charming n’aura finalement charmé que mes espérances et réprimé celles pour la suite. 

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[toggle title=”L’avis de Matthieu (7/10)” bgcolor=”” textcolor=”#000000″ bordercolor=”” opacity=””]

Je pense que je ne vais pas être très original pour commencer: graphiquement, c’est une démonstration que nous fait Marini. Déjà lors de la mise en ligne de quelques images par Dargaud et DC quelques temps avant la sortie, tout indiquait que la bourrasque visuelle allait tout emporter sur son passage, et c’est le cas. Lee Bermejo et son Batman: Noël ont trouvé un candidat pour venir se ranger à leur côté dans les étagères. Pour la partie graphique du moins.

Côté scénario, on est face à une histoire classique; Batman, le Joker, une course contre la montre, un enfant. Mais qui dit classique ne dit pas forcément dénué d’intérêt. L’histoire fonctionne, est plutôt bien conduite, mais tout reste finalement très convenu, et le scénario ne parvient jamais à surprendre, ni à déclencher de réaction particulière. Il manque pour moi ce brin d’audace qui pourrait transformer ce récit en grande histoire du Chevalier Noir.

Ce qui m’embête le plus quant à ce titre, c’est le format choisi, et surtout le prix de l’album, franchement exagéré pour aussi peu de pages. Alors oui, on est sur un format de BD franco-belge, mais ce n’est pas pour autant que faire payer au lecteur 15€ pour 72 pages est acceptable. Surtout quand elles se lisent aussi vite, et qu’il n’en reste, une semaine après la lecture, que le souvenir de belles images. La deuxième partie de l’histoire décidera pour moi si ce Batman par Marini ne restera qu’un bel artbook ou un futur classique du mythe de Batman. Car au final, ce premier tome a plutôt des airs d’introduction, et j’attends que les choses commencent réellement. Et 15€ l’introduction, ça pique un peu.

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Vous avez désormais nos trois avis sur ce premier tome de Batman par Marini, il ne vous reste qu’à vous faire le vôtre, et à nous en faire part en commentaires!

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Pour découvrir et commander ce titre, c’est par ici:

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