The Riddler Année Un (VF)

The Riddler Année Un
Date de Sortie
2 février 2024
Scénario
Paul Dano
Dessin & couleurs
Stevan Subic
Traducteur
Jérôme Vicky
Editeur
Urban Comics
La note de ComicStories
9

Le film de Matt Reeves The Batman fut un succès populaire et critique. L’occasion pour DC Comics de capitaliser sur cette réussite était trop belle ! Mais la proposition est, cette fois-ci, davantage singulière puisque la mini-série parue dans le Black Label est scénarisée par Paul Dano, l’acteur qui a incarné le personnage dans le film. Si l’artiste n’est pas connu pour son talent de scénariste de BD, puisqu’il s’agit ici de sa première création dans le médium, le constat est clair après la lecture de The Riddler Année Un : le monsieur se débrouille plutôt bien ! Mais ce thriller oppressant qui présente les origines du Riddler est surtout l’occasion de découvrir un artiste époustouflant : Stevan Subic !

Dans une Gotham gangrénée par la corruption et abandonnant les plus faibles à la criminalité, Edward Nashton, expert-comptable introverti à la psyché fragile, voit en l’arrivée du justicier appelé Batman l’occasion de sortir de l’ombre et de s’attaquer au système pourri qui régit la ville.

Basculement psychologique pour la vérité

Au fil de ses 6 copieux épisodes, la mini-série décrit avec acuité le basculement psychologique d’Edward Nashton, jeune comptable mal dans sa peau, abandonné dés l’enfance et qui a toujours eu l’impression que sa vie ne comptait pas. Paul Dano prend le temps de décortiquer l’évolution psychologique du personnage, mêlant scènes présentes qui incorporent une composante de thriller  haletant, et scènes passées qui renvoient le Riddler jusque dans les couloirs de l’orphelinat de Gotham où déjà, enfant, le sentiment d’abandon et de vacuité l’habitait profondément.

En parallèle, les auteurs décrivent avec force les tréfonds d’une ville où la violence règne en maître et où les inégalités sociales sont criantes. La colère et la révolte qui consument Nashton vont le conduire à vouloir abattre ce système injuste et véreux, en faisant éclater la vérité. L’atmosphère sombre, oppressante et inquiétante est remarquablement rendue aussi bien dans les actions et émotions des protagonistes que dans la partie graphique étouffante et éreintante.

Graphiquement impressionnant

Comme il l’explique dans les bonus, Steven Subic a travaillé, en étroite collaboration avec le scénariste, chaque case pour exprimer l’évolution du personnage. Son style à la croisée de Bill Sienkiewicz, Ben Templesmith et Martin Simmons illustre parfaitement la folie psychopathe qui habite celui va devenir le Riddler. Faisan évoluer son style de dessin et d’encrage au fil de la métamorphose du personnage – du traditionnel vers le numérique -, l’artiste utilise une large une gamme de procédés allant du découpage séquentiel classique aux pleines pages horrifiques et glaçantes, en passant par un épisode quasi exclusivement basé sur la retranscription du journal intime du personnage, un extrait d’article de journal ou une vue des hallucinations de Nashton. Un ensemble remarquable et parfaitement évocateur de la psyché en fusion du Riddler en devenir ! Stevan Subic est incontestablement un artiste à suivre de très près ! 

Paul Dano et Stevan Subic livrent des origines du Riddler totalement convaincantes grâce à une écriture précise et une partie graphique percutante ! 

Points forts
Une partie graphique impressionnante
Un basculement humain décortiqué avec acuité
L'atmosphère oppressante bien rendue
9