Du sang sur les mains (VF-Monsieur Toussaint Louverture)

Du sang sur les mains
Release Date
18 janvier 2018
Scénario & dessins
Matt Kindt
Editeur
Monsieur Toussaint Louverture
Our Score
10

Monsieur Toussaint Louverture est un éditeur qui s’aventure rarement sur le terrain de la bande dessinée mais toujours avec justesse. On pense à Moi ce que j’aime, c’est les monstres, d’Emil Ferris qui a connu le succès critique que l’on connait. Sorti il y a quelques semaines, Mind MGMT de Matt Kindt était attendu avec impatience. Avant de parler de ce titre, on est allé jeté un œil à une oeuvre précédente du scénariste : Du sans sur les mains – De l’art subtil des crimes étranges

L’auteur, aussi à l’aise sur du super-héros chez Valiant (Rai, X-O Manowar, Divinity…) que sur des titres indés (Grass Kings, DeptH, Bang !, Folklords, …) propose une oeuvre très ambitieuse et fortement originale. L’histoire est construite d’abord comme des histoires courtes indépendantes se déroulant à Diablerouge, à la frontière du Canada et qui racontent des “petits” crimes. Une voleuse de chaises, un receleur de tableaux, une directrice de galerie d’art, une photographe, un pickpocket émergent de ces récits souvent improbables et décalés. Chaque affaire est résolue promptement par l’inspecteur Gould, fin limier récemment arrivé dans la ville dont le taux de résolution d’affaires est de 100%.

La forme choisie par Matt Kindt est d’une grande richesse, variant les types de narration. Extraits de journaux, dialogues sans images sur fond noir, scènes en noir & blanc, pages à lecture verticale rythment les histoires de façon régulière et avec pour objectif de servir la narration. Tout au long de ces récits, Matt Kindt aborde des sujets tels que le bien, le mal, la justice et la façon de la rendre. Tous ses personnages ont un côté attachant et touchant de par leur histoire personnelle et le drame fréquent qui se noue. 

D’un point de vue graphique, Matt Kindt, de son trait indé, cherche l’efficacité narrative alliant économie et storytelling redoutable. Le choix varié de ses mises en page et de ses cadrages lui permet de limiter les dialogues et les descriptions. Les couleurs de ses aquarelles dans des tons mauves sont particulièrement belles. 

Mais Du sang sur les mains n’est pas qu’un enchaînement d’histoires courtes. Le lecteur comprend petit à petit que ces histoires n’en forment en fait qu’une seule telle un puzzle dont les pièces qui s’assemblent révèlent un sublime tableau. Si l’ensemble demande l’implication totale du lecteur et en perdra peut-être quelques-uns en route, le travail élaboré ne peut que mériter l’admiration. Certes difficile d’accès, l’oeuvre ravira par son ambition et son originalité !

On notera l’édition très soignée de Monsieur Toussaint Louverture qui offre un sublime écrin à Du sang sur les mains.

Oeuvre riche, intelligente et originale, Du sang sur les mains, n’est certes pas facile d’accès mais prouve que la bande dessinée rivalise avec toute autre forme d’art ! 
10
On aime
L'ambition de l'oeuvre
La subtile narration graphique
Les idées de crimes
Le puzzle qui s'assemble petit à petit
Demande l'implication totale du lecteur
L'édition très soignée
On aime moins
Pas forcément accessible