Le premier volume fut un vrai coup de cœur avec la folie qui traversait les 4 épisodes proposés. L’idée initiale d’un épisode – une histoire est reprise ici avec l’intervention plus ou moins forte de personnages récurrents, en particulier l’Ice Cream Man.
Le premier épisode voit la chute volontaire du haut d’un immeuble d’un homme qui évoque sa vie au fil de sa descente. En parallèle et en alternance sur les pages, on suit une employée d’une société localisée dans ce même immeuble fuir des phénomènes étranges où se font éventrer ou énucléer un œil plusieurs collègues. Elle aura la vie sauve grâce à Caleb, l’ater ego positif de l’Ice Cream Man.
Le deuxième épisode est séparé en trois histoires distinctes ayant le même point de départ : un homme achète une glace à l’Ice Cream Man. Ensuite, suivant s’il ira tout droit, tournera à droite ou à gauche à la première rue croisée, son destin en sera changé. Les auteurs découpent en trois bandes horizontales teintés de couleurs différentes toutes les pages de l’épisode, chacune décrivant une destinée. Totalement glauque, positive ou hallucinante d’étrangeté.
L’épisode suivant voit une petite fille qui vit comme si sa meilleure amie, décédée, était à ses côtés en permanence. Elle lui parle, agit comme si elle était là et est influencée par elle, ce qui va la conduire à fuguer en pleine nuit et à rencontrer l’Ice Cream Man. L’horreur est évidemment présente mais l’on assiste à la première confrontation entre l’Ice Cream Man et Caleb et l’histoire est particulièrement touchante.
Enfin, la dernière histoire voit une ville sombrer dans le chaos et la folie. Des actes cruels sont commis, des phénomènes étranges surviennent. Tout cela semble orchestré par l’Ice Cream Man. L’histoire se termine par un événement crucial pour la suite de la série.
Les auteurs mettent en scène des personnes désemparées, isolées, en proie à des difficultés personnelles qui perdent le contrôle face à ces événements totalement irréels. Chaque histoire fascine par son déroulé qui happe le lecteur toujours avide de savoir où va le mener le scénariste. Ce dernier parvient encore plus à saisir le lecteur avec une touche d’émotion supplémentaire. L’intervention et l’influence de plus en plus grandes de l’Ice Cream Man et de son aletr ego gentil Caleb créent le questionnement. Qui sont-ils ? Quel est leur rôle dans tous ces événements ? Maxwell Prince gère parfaitement les graines qu’il sème petit à petit.
Martin Morazzo est investi pleinement dans la réussite de la série. Le découpage favorise la terreur et le suspens. La mise en page du deuxième épisode est assez remarquable du fait de son rythme. Ses dessins bénéficient d’un niveau de détails qui permet au lecteur de s’immerger dans ses univers flippants.