Clayton Cowles : « Lors d’une sortie scolaire en 10ème année, j’ai été mordu par un clavier radioactif. »

Maillon essentiel mais souvent ignoré de la fabrication d’un comic, le lettreur travaille dans l’ombre. Clayton Cowles qui officie sur nombre de titres Marvel, Die, Superman’s Pal Jimmy Olsen pour n’en citer quelques uns, nous a accordé un peu de son temps à l’occasion de la sortie d’Adventureman pour nous faire découvrir un peu son métier ainsi que son humeur maligne !

For English speakers, please find lower the interview in its original version.


Quelle est votre « origin story » en tant que lettreur ?

Clayton Cowles : Lors d’une sortie scolaire en 10ème année au Rochester Museum and Science Center, j’ai été mordu par un clavier radioactif. Ce jour-là, ma vie a changé à jamais.

Dans un comic, vous vous occupez du lettrage et des onomatopées. C’est bien cela ?

Clayton Cowles : La plupart du temps, oui. Terry Dodson s’est occupé des onomatopées sur Adventureman, et il a fait un sacré bon travail.

Comment travaillez-vous avec les scénaristes et les dessinateurs ? Vous donnent-il des directives ou vous laissent-il une certaine liberté ?

Clayton Cowles : Mon travail commence par l’établissement d’un style de lettrage. Je demande à mes collaborateurs s’ils ont un design particulier en tête et je pars de là. Comme il rend hommage aux pulp comics d’antan, le style Adventureman est un mélange de bulles modernes de style Workman avec une police et une queue inspirées d’Alex Toth et de Milt Caniff. Une fois que c’est établi, j’ai plus ou moins quartier libre. À part les bulles translucides de Phaedra Phantom, il n’y avait pas beaucoup de notes de Matt ou de Terry sur le style.

Techniquement, comment travaillez-vous ?

Clayton Cowles : Je fais tout dans Adobe Illustrator avec un arsenal de polices, des bulles, des queues, une tablette Wacom et 11 ans de formation sur le tas. Avec ces outils, je passe d’innombrables heures à l’ordinateur à jouer au tétris de lettrage. Je mets tout là où ça me convient le mieux.

Votre métier est assez confidentiel. Ne regrettez-vous pas un certain manque de reconnaissance ?

Clayton Cowles : Nan. Je suis très satisfait de la reconnaissance que je reçois. J’ai été nominé deux fois pour l’Eisner du « meilleur lettrage », et la grande majorité de mes collaborateurs sont des personnes gentilles et douces qui n’hésitent pas à exprimer leur reconnaissance. De toute façon, je ne suis pas à l’aise sous les projecteurs, alors ça ne me dérange pas d’être le John Paul Jones du Led Zeppelin de l’équipe créative.

Qu’est-ce que VC’s Clayton Cowles, exactement ?

Clayton Cowles : VC c’est pour « Virtual Calligraphy », le studio de lettrage virtuel par lequel je réalise tous mes comics Marvel. Quant à la question « Qu’est-ce que Clayton Cowles », j’espère que la réponse est « courageux ».

Sur Adventurman, comment avez-vous conçu les parties où Claire n’entend pas bien les paroles des membres de sa famille ?

Clayton Cowles : J’ai rempli les bulles avec un texte secret (que je ne révélerai jamais à personne), je leur ai donné une légère nuance de gris et j’ai appliqué un effet « flou ».

Y a-t-il un titre sur lequel vous pris un plaisir particulier ? Un qui s’est avéré difficile ?

Clayton Cowles : Outre Adventureman, j’aime beaucoup travailler sur Die. C’est mon travail préféré en ce moment. Il y a beaucoup de voix personnalisées amusantes et une histoire dans laquelle je suis profondément investi. Mon travail le plus dur depuis un an et demi a été le Superman’s Pal Jimmy Olsen, mais de la meilleure façon possible. Il était rempli de logos, de journaux, de voix personnalisées et de la pression interne incessante de vouloir bien faire de mes charmants collaborateurs. Ce travail m’a forcé à m’épanouir, et j’en suis sacrément reconnaissant.

J’ai vu que faisiez également des illustrations. Envisagez-vous de créer un comic, un jour ?

Clayton Cowles : Mayyyyyyyybe.

Lisez-vous des comics actuellement ? Lesquels ?

Clayton Cowles : Un certain nombre. En ce moment, je lis Bliss, Deadly Class, Ms. Marvel, November, Plunge, The Adventure Zone et Witch Hat Atelier.

Cet entretien a été réalisé par échange de mails. Merci à Clayton Cowles pour sa disponibilité et sa bonne humeur !


An essential but often overlooked link in the making of a comic book, the letterer works in the shadows. Clayton Cowles, who works on many Marvel, Die, Superman’s Pal Jimmy Olsen titles to name a few, gave us a bit of his time on the occasion of the release of Adventureman to let us discover his job and his clever mood!
What’s your « origin story » as letterer ?

Clayton Cowles : On a 10th grade field trip to the Rochester Museum and Science Center, I was bit by a radioactive keyboard. My life changed forever that day.

In a comic book, you deal with lettering and onomatopoeia, is that right ?

Clayton Cowles : In most of my books books, yes. Terry Dodson did the onomatopoeia in Adventureman, and he did a damn good job of it.

How do you work with the artists (writers or cartoonists) ? Do they give you specific instructions or do they give you some freedom ?

Clayton Cowles : My jobs begin with an establishment of a lettering style. I’ll ask my collaborators if they have a particular look in mind and go from there. Since it pays homage to the pulp comics of yore, the Adventureman style is a mix between modern Workman-esque balloons with a font and tails inspired by Alex Toth and Milt Caniff. Once that’s established, I’m pretty much left to my own devices. Other than Phaedra Phantom’s translucent balloons, there weren’t many notes from Matt or Terry about style.

Technically, how do you work ?

Clayton Cowles : I do everything in Adobe Illustrator with an arsenal of fonts, balloons, tails, a Wacom tablet, and 11 years of on-the-job training. With those tools, I pretty much spend countless hours at the computer playing lettering tetris. Just putting everything wherever it fits best.

Your work is confidential. Do you regret that your work is not more recognized ?

Clayton Cowles : Nah. I’m very okay with the amount of recognition I get. I have two Eisner nominations for “Best Lettering”, and the vast majority of my collaborators are kind, sweet people who aren’t shy about expressing their appreciation. I’m uncomfortable in the spotlight anyway, so I’m fine with being the John Paul Jones in the creative team’s Led Zeppelin.

What is VC’s Clayton Cowles exactly ?

Clayton Cowles : VC is “Virtual Calligraphy,” the virtual lettering studio through which I do all of my Marvel books. As for “What is Clayton Cowles,” I hope the answer is “brave.”

On Adventurman, how did you design the parts where Claire doesn’t hear well the words of her family members ?

Clayton Cowles : I filled the balloons with secret text (which I’ll never reveal to anyone), made them a light shade of gray, and applied a “Blur” effect.

How did you imagine the onomatopoeia at the end of Adventurman #1, the noise of the city and when Claire sleeps ?

Clayton Cowles : Ask Terry. That was his greatness.

Is there a series you particularly enjoyed working on ? One that was hard to work on ?

Clayton Cowles : Besides Adventureman, I enjoying working on Die quite a lot. It’s my favorite job right now. It has many fun custom voices and a story I’m deeply invested in.

My hardest job for the last year and a half was Superman’s Pal Jimmy Olsen, but in the best way possible. It was filled with logos, newspapers, custom voices, and the unrelenting internal pressure of wanting to do right by my lovely collaborators. That job forced me to grow, and I’m damn grateful.

I saw you do illustrations as well. Do you have ambitions to write a comic book someday ?

Clayton Cowles : Mayyyyyyyybe.

Do yo read comics ? Which ones ?

Clayton Cowles : Quite a few. Right now I’m reading Bliss, Deadly Class, Ms. Marvel, November, Plunge, The Adventure Zone, and Witch Hat Atelier.

This interview was realised by email exchange. Thanks to Clayton Cowles for his availability and his good mood!