Kaijumax – Tome 1 (VF-Bliss Editions)

Kaijumax - Tome 1
Release Date
21 juin 2019
Scénario et dessins
Zander Cannon
Editeur
Bliss Editions
Prix
35 €
Our Score
10

Éditeur de l’univers Valiant en France, Bliss Editions commence à ouvrir son catalogue à d’autres titres – si l’on excepte les titres caritatifs Love is love et UN3. Et l’on peut dire que le choix de Kaijumax annonce la couleur tant ce comic n’est pas un comic comme les autres ! 

Créé par Zander Cannon, dessinateur d’un arc de l’excellent Top Ten d’Alan Moore, Kaijumax est, comme son nom l’indique, une forme d’hommage aux Kaijus, ces monstres de la culture japonaise mais surtout une métaphore de l’humanité et de certains de ses travers. Prévue en 4 saisons de 6 épisodes chacun, Kaijumax se découvre donc chez l’éditeur bordelais sous la forme d’un énorme pavé souple réunissant les deux premières saisons. 

La première saison se déroule dans un pénitencier où des Kaijus sont enfermés par les humains en raison des crimes qu’ils ont commis. La deuxième saison voit certains de ces Kaijus survivre en essayant d’échapper aux humains qui les traquent. Le thème principal de ces douze épisodes est l’oppression qu’exercent les humains sur ces monstres du fait de leurs différences et du chemin de vie emprunté qui ne cadre pas. Au travers des 300 pages qui constituent ce tome 1, le scénariste livre un récit d’une rare densité et aborde une multitude de sujets. Le milieu carcéral et ses trafics, la corruption des gardiens, la détresse des détenus, le racisme, le fanatisme religieux, l’oppression du dealer sur ses clients mais aussi la difficulté à sortir de ce milieu, les relations filiales avec leurs déceptions et leurs fiertés sont des thèmes brassés avec une grande cohérence et une grande justesse. 

De nombreuses scènes fortes parsèment la série que cela soit par leur caractère violent, émotionnel, cru ou dérangeant. Que cela soit les humains, les Kaijus ou les robots qui assistent voire remplacent les humains dans certaines de leurs tâches, Zander Cannon leur donne une humanité qui implique émotionnellement le lecteur et brise les barrières qui pourraient rendre réticents certains à l’idée de se lancer dans l’aventure Kaijumax. Le comic n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains et c’est aussi pour cela qu’il séduit tant.

La métaphore avec le monde réel est évidente et rendue plus forte par le parti pris graphique du fait du style très cartoony et naïf des dessins de Zander Canon. Le lecteur qui feuillette le livre ne doit pas être dupe : ce n’est pas un comic léger et tout public. Les designs ronds et les couleurs plutôt vives attirent l’œil par leur bonhomie. Le contraste avec le ton du récit est d’autant plus marquant et donne davantage de puissance au titre que si les illustrations avaient été sombres et plus classiques. L’expressivité des personnages implique également le lecteur dans leurs destinés. Tout concourt à une immersion complète dans l’histoire.

On notera le travail de traduction effectué par Mathieu Auverdin. De nombreuses expressions et répliques adaptées aux caractéristiques des monstres ou des robots sont particulièrement bien vues.

L’édition de Bliss Editions est excellente. Son format souple convient parfaitement et ses bonus sont intéressants pour qui veut en apprendre davantage sur l’univers de Kaijumax et les Kaijus.

Kaijumax est de ces œuvres qui marquent et restent gravées dans l’esprit du lecteur longtemps après la lecture. Au moins jusqu’en 2020 et l’arrivée prévue du tome 2, qu’on attend déjà avec impatience. Indispensable !
10
Indispensable
On aime
Le télescopage de la "naïveté" des dessins et de la dureté de l'histoire
Les dessins de Zander Cannon très expressifs...
Les personnages auxquels on s'attache d'emblée
L'édition de Bliss
On aime moins
...mais qui n'emporteront pas l'adhésion de tous les lecteurs