All-New Inhumans 6 (VF – Panini Comics)

Fiche technique

Contient les épisodes VO: Uncanny Inhumans #8 et #9, All-New Inhumans #6 et #7

Panini Comics – Kiosque Mensuel – 96 pages – 4,90€

Sollicitation éditeur: Comment est né l’amour entre Médusa et la Torche ? Nous le découvrirons grâce à Soule et Walker. Quels liens unissent Silex et la famille de Kraven le Chasseur ? (par Asmus et Caselli). 


Pour les deux séries, Panini nous propose deux épisodes. Les critiques vont donc les regrouper, le propos n’en sera que plus développé.

[accordions tabs_bgcolor=”#ffffff” tabs_textcolor=”#000000″ tabs_bordercolor=”” tabs_opacity=””][accordion title=”Uncanny Inhumans #8 et #9 – 2.3/10″]

Scénario: Charles Soule – Dessins: Kev Walker

Avant de parler de l’histoire, un petit mot sur le nouveau dessinateur qui réalise les deux numéros. Si vous me suivez sur ce kiosque depuis deux mois, je n’étais pas client de Brendon Peterson. Ce sera l’un des seuls bons points, l’arrivée de Kev Walker. Je ne saurai pas vraiment définir son style, mais ses personnages sont très carrés et bruts, de plus les différents effets dans les cases sont très bien rendus et toujours très clairs.  Son travail ici est cependant moins aboutit qu’à l’époque sur ses Thunderbolts, mais ça reste appréciable et bien meilleur que la version du mois dernier. Il est temps d’évoquer l’histoire qui nous est contée dans ces deux numéros : Exit le bar de Flèche Noire, Charles Soule s’attarde, sans aucune transition, sur la récente histoire d’amour entre Johnny Storm (la Torche humaine) et Medusa (Reine des inhumains et ancienne épouse de Flèche Noire), mais aussi sur l’effet que cela va avoir sur Crystal (sœur de Medusa et ancienne copine de Johnny), vous sentez venir l’embrouille à l’eau de rose à grand coup de triangle amoureux, vous êtes sur la bonne piste. 

C’est vrai que ce nouveau statu quo sentimental entre ces deux personnages était confus, Marvel aura le mérite de nous l’expliquer, mais malheureusement ce n’est pas bon pour autant. Durant ce fameux gap des huit mois, Storm est seul et démoli par la perte de sa famille, les 4 Fantastiques, à l’issu de Secret Wars. Reed Richards, sa femme Susan Storm et leurs enfants, sont toujours en perdition dans le Multivers. Johnny a souvent été caractérisé comme un fanfaron jovial mais dont l’amour envers sa famille était plus fort que tout, il n’est donc pas crédible de le voir s’envoyer des canons au bar pour oublier sa peine, pourquoi ne met-il pas tout en œuvre pour les retrouver ?

Pour combler son vide existentiel, Medusa lui propose de devenir un agent de liaison entre les inhumains et le reste de la population mondiale. Cette décision n’est pas illogique, tant Storm a toujours été proche de la culture inhumaine, et au travers de l’histoire, a su se positionner comme un défenseur de l’humanité. Évidemment, au cours des différentes missions diplomatiques, les deux méta-humains  ne vont pas hésiter à gouter au plaisir charnel, nous les retrouvons donc secrètement «en couple». La construction de cette relation n’est pas naturelle et nous est expliquée à l’aide de flash-backs très fades, mais le plus insensé arrive dans le numéro suivant, au moment où Crystal les surprend, les langues dans le sac. Le numéro 9 s’ouvre donc sur l’esclandre de la sœurette, qui crie à la trahison, de sa sœur et de son ex. C’est bien simple, remplacez les tenues moulantes par des jeans et une veste en cuir, et avec le niveau de dialogues, vous êtes dans une cours de lycée à la pause de 10h. Mais le supplice ne s’arrête pas là, contre toute attente, le trio est téléporté sur un vaisseau alien, des scènes les plus étranges les unes que les autres vont s’enchaîner, sans liens entre elles, ni construction narrative. Finalement, tout le monde s’en sort, et soudainement suite à cette ridicule micro aventure de 3 pages sans tension, Crystal enlace le couple, et fin, rideau. Certains titres Marvel restent géniaux, mais cet univers inhumain prend l’eau depuis quelques mois maintenant. Ces personnages n’ont plus aucune  saveur, pourtant ils font office de centre névralgique de l’univers d’aujourd’hui, sans en avoir les épaules, à aucun moment. Même en ne parlant que de ces deux numéros, l’écriture est cliché, les personnages ne sont que des caricatures d’eux-mêmes et cette histoire de sentiment n’est déjà plus crédible. La galerie de personnages inhumains était riche mais j’ai perdu foi de les revoir à la place qu’ils méritent. De plus, ils devraient être au centre du prochain Civil War II et mes craintes ne sont que plus vives, à deux mois de la sortie de l’évent.

La série est depuis 4 mois au fond du gouffre, les numéros ne sont pas bons et le « forcing » de Marvel pour imposer les inhumains ne marche pas. Il y a un vrai problème autour de la sphère inhumaine, sur laquelle Marvel devrait se pencher en urgence.

[/accordion][accordion title=”All-New Inhumans #7 et #8 – 4.5/10″]

Scénario: James Asmus – Dessins: Stefano Caselli

Même si cette série n’a jamais brillé, elle en avait pourtant les moyens au moment de son annonce, elle reste au dessus de sa sœur jumelle. Cela est à imputer à un Stefano Caselli en forme, au trait détaillé et très expressif. Il me tarde le voir sur d’éventuels futurs projets chez Marvel, c’est l’une des stars montantes du moment. A l’inverse du graphisme, le scénario d’Asmus ne décolle jamais : Gorgone, Ana Kravinoff (la fille de Kraven le Chasseur et récemment inhumaine, ne cherchez pas, il n’y a pas de raison à cette retcon) et le jeune Silex s’en vont chercher ses origines, au fin fond de l’Afrique équatoriale. L’atypique trio tombe alors sur une cité inhumaine cachée, Utolan. Au sein de cette nouvelle nation, légèrement plagiée d’un très proche Wakanda, le jeune inhumain va découvrir sa famille, sa mère et sa grande sœur. Le développement du background de ces nouveaux inhumains, sans être novateur, reste pertinent, il faut bien apporter de la matière à cet univers. Pourtant, les quelques révélations sont téléphonées, le lecteur s’attend à tout et il n’y a aucune surprise. On se doute dès le passage des portes que la cité renferme des secrets, et tous les twists sont alors directement désamorcés.

Bien que la série soit meilleure que celle au-dessus, dans les faits ce n’est toujours pas bon. Je n’ai plus envie de m’investir avec ces personnages.

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La lecture de ce kiosque est un calvaire et la seule bonne nouvelle nous est communiquée dans l’édito de fin de Panini, encore un numéro avant l’arrêt du magazine qui, dès l’annonce, était voué à disparaitre rapidement. Cet univers inhumain post Secret Wars est une vaste blague à laquelle les lecteurs ne sont pas prêts de se bidonner. Rendez-nous Inhumans par Paul Jenkins, War of Kings par Abnett et Lanning ! Vous pouvez toujours donner une note et laisser un commentaire, mais n’achetez pas cette série par pitié !

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