All-New Inhumans #7 (VF – Panini Comics)

Retour du kiosque inhumain pour son dernier numéro. Avec celui-ci, le lectorat français commence à appréhender l’impact des relaunches à profusion entre annulation et numéros #1. Panini n’est pas à blâmer (même si entre nous un mag inhumain n’était pas le choix de la pérennité) et doit se plier aux exigences du marché US.

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[toggle title=”Uncanny Inhumans #10 – 6.5/10″]

Scénario: Charles Soule – Dessins: Kev Walker

Avec ce one-shot, qui reste en lien avec le fil rouge de la série, Soule précise le personnage du Lecteur. A travers sa quête pour retrouver son chien possédé par le Capo, le Lecteur se dévoile. Et même si il aura fallu attendre pour ces explications, elles ont le mérite d’exister. Charles Soule dévoile partiellement les origines via des bulles de pensées. Ce procédé stylistique est éculé mais le ton tragique et l’écriture fonctionnent étrangement bien. Le pouvoir du héro est très particulier : pour compenser sa cécité, le Lecteur peut écrire des mots qui représentent des objets ou des concepts, qui prennent alors vie au moment de la lecture. En fonction de la charge de pouvoir, la puissance des mots est variable. On a le droit ici à une vraie démonstration de force et un Lecteur au top de sa forme. Il se hisse ici largement au sommet de la chaîne alimentaire Marvel. D’ailleurs ses cartes pourraient aller jusqu’au don de vision si on y réfléchit, quand on est lecteur de Civil War II, la question est à se poser. Pour coller au ton dur de son intrigue, Soule retrouve Kev Walker, qui avait déjà travaillé sur la série. Le style brut du dessinateur sied parfaitement au récit et certaines compositions sur pleine page sont de vrais plus. Une remarque cependant, la résolution est parachutée et bien trop rapide, ce qui vient entacher l’avis global. 

En apportant des pistes, Soule étoffe un personnage très intéressant de ce nouveau roster inhumain. Le Lecteur peut être véritablement surpuissant, la conclusion est un peu trop facile. Le numéro reste correct mais l’univers inhumain se fane mois après mois, un peu comme les X-Men actuels finalement. 

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[toggle title=”All-New Inhumans #9-10 – 2/10″]

Scénario: James Asmus – Dessins: Stefano Caselli

La série du gâchis : Asmus se perd dans une intrigue tout sauf passionnante avec un mélange obscur de Wakanda, Atilan et un conflit autour de la pureté inhumaine. Pas de passion lors de la lecture et la découverte du sort réservé à Anna Kravinoff, Gorgone, Silex et toute la bande est déjà oubliée. La série s’est essoufflée depuis longtemps et il n’y a aucune saveur dans les pages (ça reste personnel, entendons-nous bien). Au final tout rentre dans l’ordre et l’épisode 10 se clôture sur un twist putassier dont la suite ne sera jamais dévoilée, au mieux évoquée. Commentaire court, peut être trop mais je n’ai pas envie de consacrer du temps à une série qui ne m’a procuré aucun sentiment, agréable ou non. 

Rien à dire tant Asmus livre un travail inefficace et sans relief. Cette nouvelle génération d’Inhumain a le mérite d’apporter de nouveaux personnages, mais leur exploitation est sans intérêt. 

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[toggle title=”All-New Inhumans #11 – 4/10″]

Scénario: James Asmus – Dessins: Rhoald Marcellius

Je traite ce numéro à part car il fait office d”épilogue à la série et à tous ces nouveaux personnages. Asmus tire un trait sur sa série (11 numéros, c’est vrai que ça nécessite de faire un point, tant la densité du récit était asphyxiante jusque là…) mais finalement, on a ici un énorme aperçu de ce que pourrait être la suite. La sensation est étrange. Il y a plus d’indications ici que dans bon nombre de séries Marvel lambda : le statut physique de Gorgone est résolu et celui de son fils est largement abordé, la relation entre Crystal, sa fille et Medusa, le poids des inhumains sur le monde marvélien, la mission qu’il reste à accomplir autour des tours géantes (aucune réponse n’a été donnée sur cet élément …) et le pire c’est que certaines de ces questions sont intéressantes mais Marvel préfère achever l’inhuman verse à petit feu et le montre bien avec ce numéro. Rien ne sera jamais développé (on préfère faire de l’évent et du relaunch plutôt que de répondre aux interrogations du lectorat, plus simple) et ça n’améliore pas mon ressenti autour de cet épisode, de cette série et plus généralement de ce forcing autour de ces nouveaux mutants déguisés. 

Rien de bien transcendant pour cette conclusion et je n’ai pas envie de voir la suite dans un potentiel futur numéro #1. 

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[toggle title=”Karnak #5 – 8.5/10″]

Scénario: Warren Ellis – Dessins: Roland Boschi

Cette série ne sort jamais ( le #6 est à peine disponible en VO) mais ce serait dommage de s’en priver. Comme pour son Moon Knight à l’époque, Ellis réalise son nouvel exercice de style et travaille tout pour transcender le genre super-héroïque : écriture, dialogue, story-telling, composition.

Karnak médite après le karnage dans la chapelle de l’ombre unique, l’occasion pour le divin chauve de philosopher avec classe et distance sur la géométrie parfaite et son lien avec la nature, vous voyez le niveau. La suite est encore plus allumée, avec un simple interrogatoire. Un survivant des fidèles de la chapelle, le Peintre, est entendu par le Magistère. Mais les capacités artistiques du fanatique sont immenses. Ellis s’embarque dans un trip fou, ou le retournement psychologique de Karnak en le confrontant à ses souvenirs, à sa conception mathématique du monde et même à ses peurs. Le Peintre est brillant. Le numéro se termine sur une explosion de violence avec un Karnak persuadé et sûr de ses capacités. Le lecteur est plongé dans un torrent de punch-lines, de concepts et de rêveries, sans repères à une réalité vraie. Warren Ellis n’est pas un auteur commun et sa série en est son parfait reflet. Même si il y a un aspect trituration intellectuelle légèrement factice pour un message passionnant et faussement complexe. Boschi continue de travailler admirablement sur le titre, avec un style très efficace qui intègre parfaitement la démonstration algébrique d’Ellis. Les passages dans les tableaux du Peintre sont percutants de simplicité et le défouloir final est jubilatoire. Karnak est charismatique as fuck avec un côté très inquiétant, voire malsain. 

Une série mainstream par Ellis c’est toujours un événement, et il réitère l’exploit avec Karnak. Bien que les numéros sortent au compte goutte, c’est un indispensable de chez la Maison des Idées. 

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Deux commentaires dans cette conclusion, le premier autour des numéros présentés, et l’autre concernant l’édition.

Clairement, n’allez pas lire le kiosque inhumain, les séries sont au mieux moyennes et oscillent très souvent dans le mauvais. Rien n’est construit, et l’introduction de nouveaux personnages, même si c’est la bonne direction, reste trop friable et sans base solide, excepté le Lecteur est qui suffisamment intriguant à suivre. Karnak, de part sa tendance indépendante sort du lot et s’impose dans le haut du panier mainstream, mais attendez un album relié ou dirigez-vous vers la version US si vous êtes familier avec la langue de Shakespeare. 

Maintenant l’édition, voici la sollicitation de chez Panini : Dernier numéro ! Toutes les sagas des Inhumains arrivent à leur terme dans cet album spécial de 128 pages avec les Uncanny Inhumans de Soule et Walker, les All-New Inhumans d’Asmus et Caselli, et Karnak d’Ellis et Zaffino ! Alors un, c’est 96 pages (du moins c’est ce qui est renseigné sur la plupart des sites marchands), et Zaffino ne dessine pas ! et le prix complètement pété … 5.50€…. Panini les 20 ans c’est bien, mais un peu d’auto-critique et de remise en question c’est tout aussi pertinent. De telles erreurs en 2017, au vu de la saturation du marché comics en France, c’est inacceptable (et je ne parle plus du chapitrage … Urban est peut être en retard en terme d’écart de sortie VF/VO mais leurs kiosques sont impeccables !)

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Pour découvrir et commander ce numéro, c’est par ici:

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