Batman Rebirth #4 (VF – Urban Comics)

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[toggle title=”Night of the Monster Men part 2 – 4/10″]

Scénario: Steve Orlando, Tom King, Tim Seeley, James Tynion IV – Dessins: Riley Rossmo, Roge Antonio, Andy McDonald

Comme pour la première partie, critique groupée de cette seconde et dernière nuitée en compagnie des Hommes Monstres avec Batman #8, Nightwing #6 puis Detective Comics #942. Comme le mois dernier, cette expérience est particulièrement décevante. Orlando tente de mélanger deux approches opposées, une résolution plus cérébrale avec cette confrontation Strange / Batman, mais doit aussi jouer avec la destruction de masse (encore, et toujours, Gotham est vouée à être détruite …) en la présence de ces Monstres aussi inutiles que ridicules (surtout ce megazord organique final). Autant le style Kaiju ne me plait pas spécialement, mais la tentative de conciliation avec une certaine psychologie, et tout un discours du Docteur sur la personnalité de Bruce est antinomique : les deux genres ne s’accordent pas. Certaines idées sont d’ailleurs dignes des plus grandes snyderies, comme ces 4 tours Wayne qui se transforment en canon à impulsion géant, chacune à l’effigie des Bat-Men …, ou encore cette Clay Armor … Néanmoins, les auteurs, et notamment King, établissent le lien avec le prochain arc de Batman (qui démarre dans le kiosque), qui reste suffisamment léger pour ceux qui souhaitent passer outre ce cross-over. Le dessin est tout aussi insignifiant, le tout bascule rapidement dans une mélasse de gigantisme illisible  au style mainstream oubliable. 

La Nuit des Monstres est largement dispensable. A moins d’être un lecteur fanatique du Bat-verse cet événement est à zapper. Les quelques détails, ou tremplins pour la suite, ne justifient pas l’achat. 

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[toggle title=”Batman #9 – 8.5/10″]

Scénario: Tom King – Dessins: Mikel Janin

Nous sommes à peine réveillés de la nuit des Monstres, qu’Urban publie déjà le premier numéro de l’arc suivant “I am Suicide”. Nous le savons depuis le cross-over, Strange a échangé du Venom à Bane contre le Psycho-Pirate, seul remède à la folie dégénérative de Gotham Girl. Batman n’a pas le choix, il va devoir se rendre à Santa Prisca, prison-état du mercenaire briseur de colonne. Pour ce faire, Batman va recruter sa propre Suicide Squad avec différents personnages, dont l’utilité parait encore floue, dans les allées de l’Asile d’Arkham. On retrouve naturellement tout le style de King sur cette série, un Batman mutique, extrêmement sévère, tout bonnement (trop ?) sûr de lui. Cette fermeture de ton nous dévoile un phylactère final qui fera hausser les sourcils, l’information rapportée est … criminelle, peut trop au regard du personnage considéré. Néanmoins, j’apprécie toujours le style particulier de King, qui apporte une vraie patte au personnage de la chauve-souris, magnifiée par Mikel Janin. L’artiste fait preuve d’un savoir-faire évident pour la composition et la narration visuelle (cette page dans les coursives de l’Asile est très réussie, comme cette double page à ambiance devant le portail de l’Asile). 

Tom King a encore toute ma confiance, même si certains choix étonnent. Le ton et le style minimaliste de son écriture (qui ne perd rien en cohérence) siéent parfaitement au Chevalier, même si cette version fera parler d’elle. La série est aussi un canon graphique, Janin est décidément l’un des meilleurs artistes de l’écurie DC. 

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[toggle title=”Detective Comics #943 – 6.5/10″]

Scénario: James Tynion IV – Dessins: Alvaro Martinez

Là aussi, nouvel arc qui démarre, avec le poids de la disparition de Drake qui hante toujours les pages de la série de Tynion. Alors que les personnages doivent encore répondre aux points d’interrogations précédents, notamment le cas Jacob Kane, deux problématiques apparaissent : qui pour remplacer Drake au poste de génie technologique ? et qui sont ces membres du Syndicat des Victimes, qui se revendiquent comme les défenseurs des victimes des Bat-Men ? Numéro introductif, qui n’oublie pas les intrigues précédentes, mais au développement narratif encore trop limité pour juger. Maintenant, la série reste toujours à lire, notamment pour la fluidité narrative installée par Tynion, que ce soit entre ses différents rouages, ou tout simplement entre les personnages. Le dessin n’aide pas à sublimer cette introduction, Alvaro Martinez se place dans le ventre mou des artistes mainstream sans grandes fulgurances. 

Redémarrage en première vitesse de la série, qui sur son intrigue principale avec l’arrivée de ce Syndicat, ne propose pas grand chose pour l’instant. Cependant, Tynion possède une vraie science pour lier l’ensemble des éléments de sa série, le tout est très organique. 

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[toggle title=”All Star Batman #2 – 7/10″]

Scénario: Scott Snyder – Dessins: John Romita Jr

Snyder propose, avec ce numéro #2, une pure action débridée, voire dégénérée, où plusieurs mercenaires ou vilains tentent de mettre fin au bat road trip. En quelques points : les bat-oreilles qui sont en fait des lames rétractables, un bat-lasso planqué dans un batarang géant fixé dans son dos, et l’arrivée d’un tueur russe sans pitié … Snyder pousse son concept jusqu’au bout, avec ce Batman toujours aussi aliéné, enchaînant les sourires en coin. Seuls quelques points d’intrigue sont développés, comme cette théorie sur Double-Face (pas si idiote pour le coup) ou encore une fin de numéro en forme de révélation ultime .. à laquelle nous ne croyons pas vraiment je pense. Romita officie, et officiera, sur ce premier arc, je n’aime pas spécialement. 

Numéro expéditif, bien que les personnages discutent toujours autant autour de théories scientifiques pointues. Pour les amoureux du genre Snyder, les autres à vos risques et périls. 

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[toggle title=”Nightwing #7 – 7/10″]

Scénario: Tim Seeley – Dessins: Javier Fernandez

Les révélations tombent, Dick se rend compte des machinations de son “allié” Raptor. Et même si je dois bien avouer une certaine confusion entre toutes ses organisations et leurs liens : La Cour des Hiboux, le Parlement des Hiboux, Spyral, Kobra … l’affrontement entre les deux personnages est plutôt très dynamique, notamment de part le talent affirmé de Fernandez. La série prend une tournure personnelle pour Grayson, Raptor n’est pas que cet agent compagnon de route, mais semble lié au passé du Grayson volant. Le style classique, ce type d’intrigue est déjà vu, mais efficace de Seeley renforce l’attrait pour ce titre. 

Comme chaque mois la série est inoffensive mais le moment de lecture est très agréable. La série développe son propre univers (alambiqué sur les bords) tout en explorant toujours plus le passé de Nightwing. Une série, je me répète, à découvrir. 

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Le kiosque baisse d’un ton ce mois-ci, en faute : une fin de nuit des Monstres faible à l’intérêt quasi-nul, puis le départ de nouveaux arcs narratifs pour la plupart des séries du sommaire. Néanmoins, ce n’est qu’une transition nécéssaire, l’achat est toujours conseillé. 

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