Batman Rebirth #7 (VF – Urban Comics)

Des séries motrices pensées en tandem, chacune dans leur style, du Snyder au delà du réel et un Nightwing déjà oublié. 

[toggles behavior=”accordion”]
[toggle title=”Batman #14-15 – 9/10″]

Scénario: Tom King – Dessins: Mitch Gerads

Pause méritée après la charge mitigée sur Santa Prisca, King ré-utilise les quelques lignes laissées en suspens à la fin du #13. Celui-ci laissait entrevoir une relation sérieuse entre Bat et Cat, ces deux numéros présents ne laissent aucun doute. Avec une discipline très étonnante mais connue maintenant, King dresse un couple touchant, conscient, attachant même. Les personnages adoptent ces lignes caractéristiques, courtes, répétitives et parfois nébuleuses. L’ambiance étincelle comme ces diamants, un moment sobre figé dans le temps sur les toits constellés. Quelques astuces et clins d’œil de narration complètent deux numéros langoureux. Des vilains anecdotiques questionnant la croisade de justice du héros, le passé de Selina, la première rencontre entre les deux amants, de petits riens qui font tout. Surtout que l’auteur ne sacrifie pas sa caractérisation. Batman est toujours renfrogné, taciturne mais laisse entrevoir un filet de fragilité, plaisant, après sa robotisation des numéros précédents. Kyle est, elle, partagée entre une espièglerie malicieuse et un sens appuyé des responsabilités. Une teinte d’humanité finalement. Si la narration est aussi séduisante, il faut remercier le visuel cadré de Gerads. “Gaufriers” séquencés (page en 9 cases), cadrages suivis et jeux sur les positions des personnages, une maîtrise visuelle adaptée, faisant de ces deux numéros une réussite artistique. 

Duo tout en émotion retenue, en non-dits et maîtrise visuelle, une lecture comme on aime en avoir. Décidément, King sur Batman c’est un exercice de style constant, pour ma part bien mieux réussi ici que précédemment. En espérant voir ce couple s’affirmer dans les mois à venir, il serait dommage de gâcher de si beaux moments de papier. 

[/toggle]
[toggle title=”Detective Comics #948-949 – 9/10″]

Scénario: James Tynion IV – Dessins: Ben Oliver, Simon Kudranski

Dans un registre bien moins expérimental, Detective Comics ne cesse de proposer une intrigue ficelée, menée et référencée. La Colonie revient, à sa tête son meilleur agent qui tente alors de faire libérer le colonel Kane. Ce filon “présent”, en plus d’apporter ce dynamisme, fait le lien avec les numéros précédents. Forcément, directement avec le premier affrontement avec la Colonie, mais aussi la déplorable Nuit des Monstres. Cette séquence partagée n’était pas bonne, mais l’oublier serait une erreur. Tynion ne tombe pas dans le piège et ré-utilise cette intrigue passée pour ficeler son travail. La suite devrait logiquement nouer la Colonie, les restes des Monstres et les dangers internationaux encourus alors. Mais, Tynion ne se contente pas de ça. Ces deux numéros servent en fait de diaporama à la première rencontre entre Batwoman et son homologue masculin. Intéressant, surtout que les visions se confrontent, sans manichéisme prononcé, les deux sont recevables ; surtout connaissant la suite pour nous lecteurs. La partie narrative, sans être géniale est largement satisfaisante. En fait, il faudra se concentrer sur le dessin, assuré par le trop discret Ben Oliver. Le réalisme dans son trait est saisissant. Les personnages prennent vie dans des cases ciselées, desquelles les personnages s’extraient parfois, chevauchant le découpage. Les poses, les expressions, la gestuelle, tout est exécuté avec un souci affairant. Et que dire de cette pleine page finale, une gymnastique artistique simple, parfaite. 

Que dire : en continuité, ne rechigne pas à utiliser le passé (même le moins bon), lance déjà la suite, tout en explicitant avec aisance la rencontre entre les deux héros, Tynion est décidément à sa place sur ce titre. Magnifié par un dessin exemplaire, mais bien trop rare. 

[/toggle]
[toggle title=”All-Star Batman #5 – WTF/10″]

Scénario: Scott Snyder – Dessins: John Romita Jr

Si Zero Year, puis Superheavy vous ont assommé par leur géniale débilité, reprenez un ticket, Snyder ouvre, puis ferme, les portes de son nouveau manège. Je vais dévoiler certains éléments de l’intrigue, attention si vous n’avez pas lu ou terminé ce numéro.

Dernier numéro de ce premier arc, avec forcément un nombre très conséquent de libertés prises par l’auteur, mais là, c’est encore un niveau au dessus. Afin que vous saisissiez la stature du délire : La population déguisée en tueurs masquées, le trio Batman, Duke et Two Face qui dérive sur une pièce de monnaie géante en direction d’une cascade, un orphelinat au bout ce qui semble être la pointe du Finistère, un produit qui permet d’annihiler la part la plus envahissante de Dent (une idée pas si idiote ceci dit), des nuages chargés de ce même produit au dessus de Gotham n’attendant que l’ordre de Dent pour pleuvoir leur chimie, nuages qui finalement disparaissent d’une case à l’autre, Alfred qui avoue avoir voulu flinguer le Joker, Batman sur le point de perdre son identité, Batman embroché par KG Beast, Gordon qui vanne sur le Manoir Wayne et la Bat-cave et enfin, Batman qui lâche un “DE LA MERDE” en gras dans un épilogue débile. Autant tout le travail de Snyder sur le Batman New 52 m’a paru acceptable, voire très bon, mais là, c’est indéfendable. A vouloir faire dans le scientifico-débilo violent, Snyder se perd dans un mélange des genres absurde, trop éloigné de ce qu’est Batman. Surtout que Romita fait du Romita, cubique face centrée, mais parfois joli, notamment cette résolution finale sous la pluie.  

Snyder emprunte un chemin que je ne peux pas suivre, pas cette fois. Ces 5 numéros n’auront été qu’une gradation, une ascension vers une idiotie multiple. Bien que l’idée sur la personalité de Dent soit intéressante, celle-ci est noyée sous une déferlante d’imbécillités. Même Romita n’arrive pas à écoper le navire, sans entraîner son chavirage non plus. 

[/toggle]
[toggle title=”Nightwing #12-13 – 3/10″]

Scénario: Tim Seeley – Dessins: Marcus To

La série ne prend plus, ce retour à Bludhaven ne m’a pas embarqué. Ces deux numéros transpirent malheureusement l’ennui. Il m’a été difficile d’achever la lecture. Je passerai mon tour, en attendant l’arc suivant. 

[/toggle]

Mensuel en dent de scie, où le très bon côtoie le déplorable, et pire encore, la fadeur. Mais la première moitié du kiosque, Batman et Detective Comics, justifie à elle seule l’achat, surtout si vous suivez régulièrement ces titres. 

[toggle title=”L’avis de Boris” bgcolor=”” textcolor=”#000000″ bordercolor=”” opacity=””]

Batman #14-15 – 9/10

Tom King s’associe à Mitch Gerads pour cet arc en deux parties où le scénariste s’intéresse à la relation Batman – Catwoman. Autant la narration de King et la caractérisation du justicier de Gotham qu’il propose ne m’ont pas convaincu jusqu’à maintenant, autant cela fonctionne très bien sur ce duo d’épisodes.

Les dessins de Gerads y sont pour beaucoup mais Tom King explore de façon maligne la relation avec Selina Kyle.

De son côté, le dessinateur use de gaufriers ou de bandes avec répétition de cases chaque fois un peu différentes et distille quelques pleines pages dont celle, sublime, qui se trouve au début de l’épisode 14. Quelle merveille ! On est immergé dans cette nuit étoilée.

Le travail sur les couleurs est également admirable.

On suit les deux protagonistes dans la nuit gothamienne et l’on a l’impression d’être avec eux, l’immersion est totale. King fait intervenir un personnage du cast de Catwoman de façon bienvenue et qui fera peut-être à nouveau son apparition plus tard.

Deux épisodes vraiment bons comme Tom King nous en a trop peu donnés jusqu’à maintenant. Je dirais même les deux meilleurs épisodes de son run, pour le moment.

 

Detective Comics #948-949 – 8,5/10

Detective comics fait aussi dans l’arc en deux avec une partie graphique épatante signée Ben Oliver.

Le dessinateur réalise un encrage qui laisse une impression de crayonné original. Les décors sont assez réduits mais l’artiste soigne les corps et les visages, et réalise un travail sublime sur les couleurs, sachant marier remarquablement les tons.

Côté scénario, les deux épisodes constituent clairement un intermède dans les intrigues habituelles. James Tynion IV reçoit l’aide de Marguerite Bennet, scénariste de la série Batwoman, pour écrire ce que l’on pourrait considérer comme une rampe de lancement pour cette série. Les auteurs placent leur histoire à la fois dans le passé, lorsque Batwoman et Batman ne se connaissaient pas, et le présent où l’on retrouve des ingrédients de l’intrigue principale de Detective Comics. C’est bien écrit et la relation Batwoman-Batman ainsi que la caractérisation de l’héroïne sont intéressants.

Deux bons épisodes résolument portés par des dessins excellents !

 

All Star Batman #5 – Non noté

Je ne lis plus cette série que je trouve particulièrement mauvaise. Dommage, j’aime beaucoup Romita Jr.

 

Nightwing #12-13 – 5/10

Nightwing continue sa « découverte » de Blüdhaven au travers de cette intrigue avec les Echappés, ce groupe de vilains repentis. L’histoire est sympathique sans être extrêmement passionnante et très (trop ?) classique. Même si l’on comprend que Nightwing doit se faire une place et que rien ne lui sera épargné, je trouve que l’ensemble manque d’enjeux.

Graphiquement, c’est très propre et, là aussi, très classique. Marcus To fait le travail. Les couleurs, toujours réalisées par Chris Sotomayor sont plus agréables et moins perturbantes que sur les deux épisodes précédents.

Edition – 9/10

L’édition d’Urban est toujours excellente. Les pages éditoriales traitent cette fois-ci de Catwoman. Le contenu est toujours intéressant mais il n’est fait aucune mention du run de Brubaker, ce qui est un peu surprenant. Si vous ne connaissez pas ces épisodes, ruez-vous dessus, c’est du tout bon. 4 tomes chez Urban !

A nouveau un kiosque tout à fait recommandable, dominé par Detective Comics, comme souvent, mais aussi par un excellent Batman !

[/toggle]

[alert variation=”alert-info”]

Pour découvrir et commander ce numéro, c’est par ici:

[/alert]