Civil War II #3 (VF – Panini Comics)

Le dernier Civil War II avait lancé la dernière pierre à l’édifice du conflit, notamment avec la mort froide de Banner, assassiné par un Hawkeye loin de l’honneur des individus masqués. Et même si je reconnais quelques incohérences dans les dialogues ou dans certaines situations, Bendis livre, pour l’instant un event coup de poing tout à fait plaisant. Malgré deux numéros schizophrènes, préparez-vous pour ce kiosque, ça déménage sévère. 

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[toggle title=”Civil War II #4 – 6.5/10″]

Scénario: Brian M Bendis – Dessins: David Marquez

Suite au drame du numéro précédent, la communauté super-héroïque fait un dernier point, pour tenter de calmer tout son petit monde. En 3 passages clés, Bendis pose les dernières bases du conflit, alors que le retour à un compromis s’éloigne de plus en plus. Premièrement, le retour de She Hulk qui, pour sa sortie du coma, apprend le décès de son cousin (Bruce Banner) avant de tomber dans une colère monstre, dans une scène poignante, minimaliste mais très forte, le ton est donné. Ensuite, les personnages essentiels, et le lecteur, vont apprendre le secret autour des visions d’Ulysse. Tony expose alors sa découverte à Carol, pour la confronter à la réalité : Ulysse est un récepteur d’énergie, qui la recrache sous forme de vision théorique du futur, selon un algorithme mathématique étudié par Tony. Quelle est alors la probabilité véritable des visions ? Même face à cette démonstration scientifique, confirmée par Hank McCoy, Carol s’enfonce, sans vouloir entendre raison. Réaction étrange, mais qui cimente l’extrémisme de Danvers. La guerrière Kree va commettre une dernière erreur, celle de retenir une civile supposée coupable par les visions d’Ulysse sans aucune preuve pour l’attester. Carol est allée trop loin, elle le sait, mais préfère se voiler la face et s’obstine à vouloir contrer le futur. Tony Stark intervient logiquement, et la guerre est déclarée sur les dernières pages du numéro. 

Vous l’aurez compris, vous avez ici le dernier épisode de mise en place, qui fonctionne plutôt bien. Comme je le disais, la réaction de She Hulk est parfaite, simple et on ressent tout le chagrin et la colère du personnage, ça m’a vraiment retourné. L’échange de la dernière chance est toujours bien mené par Bendis, mais je ne vois pas l’intérêt de mettre autant en avant Steve Rogers, si ce n’est pour l’écho grossier à la première Civil War, à moins que tout ça n’ait à voir avec la série de Spencer, nous verrons. De plus, la lente décadence de Carol est toujours assez juste, et le lecteur perd pied, et ne peut plus la défendre alors que c’était encore possible dans les numéros précédents. On en vient à se demander comment ses alliés peuvent encore la soutenir, tant elle se place dans le déni et le faux. Et il reste un dernier choix que je ne m’explique pas. La liberté offerte à Hawkeye ne pas être aussi facile, alors que nous sommes en face d’un meurtre, un meurtre froid et sans pitié. Et même si l’explication autour nous est donnée (voir Civil War II #2), elle ne me suffit pas. 

Comme toujours Marquez assure, et même si quelques visages semblent clonés entre les protagonistes, le monsieur est au niveau. Les émotions sur les visages sont lisibles voire photo-réalistes pour certaines. Le côté intimiste de l’épisode est très bien retranscrit, mais attachez vos ceintures, la suite explose tout sur son passage avec du full action de très, très haute volée. 

Numéro final où tous les pions sont installés. Bendis dépeint une Carol détestable, obstinée, dans la scotomisation la plus totale (on apprend des mots sur Comicstories) alors que le lecteur ne peut que rejoindre l’Iron-team. La montée en puissance atteint son paroxysme ici et je dois dire que je me suis laissé prendre. Cependant, il reste encore des points contestables qui viennent entacher l’event. Et que dire sur Marquez ? La suite parlera d’elle même. 

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[toggle title=”Civil War II #5 – 7/10″]

Scénario: Brian M Bendis – Dessins: David Marquez

De l’action, de l’action et … de l’action. Je n’ai pas grand chose à dire, toutes les constructions des mois précédents se déchaînent ici, dans une gerbe graphique incroyable. Marquez donne toutes ses tripes, se retrouve dans une furie folle aux pinceaux, alternant doubles pages avec des très nombreux personnages dessinés, des compositions serrées, des cases en longueur, des effets graphiques, des effets de vitesse, c’est sensationnel. On peut lui reprocher de copier-coller certains visages, mais c’est occulté par le reste, feuilletez le kiosque, c’est du très grand niveau. La claque graphique est incontestable et Marquez se hisse dans les plus hautes sphères du dessin mainstream.

Malheureusement, Bendis n’est pas aussi intouchable à l’écriture. Pour un tel numéro, il faut de la punch-line efficace, le genre de truc qui claque, qui résonne lors de la lecture. C’est en parti réussi, mais pour autant, il commet encore des maladresses. L’arrivée des Gardiens, qui clôturait le numéro 4, n’est pas justifiable et le lien cosmique qui les lie à Carol n’est certainement pas suffisant, ils ne sont pas concernés par cet event. Mais Bendis est aussi aux manettes de la série Guardians of the Galaxy, donc vous avez compris la manœuvre …. Et si ces personnages étaient bien utilisés, pourquoi pas, mais l’écriture de Quill est insupportable, entre connerie et débilité, faites votre choix. On sent clairement la dégaine imposée par le cinéma, qui vient ternir largement le héro … un raté complet pour moi. La fin nous laisse miroiter sur une énième vision d’Ulysse. Et même si le procédé de la vision comme moteur à l’intrigue est redondant, la scène arrive au détour de la page, et marque les esprits. 

Putain, la claque graphique ! Le numéro a des défauts et des problèmes de caractérisation mais Marquez est fou, juste fou. Une fois la tempête passée, Bendis relance immédiatement avec une nouvelle vision (le procédé est efficace mais trop facile) apocalyptique qui tape.  

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[toggle title=”Civil War II : Choosing sides #2-3 – 8/10″]

Scénario: Declan Shalvey – Dessins: Declan Shalvey

Declan continue son mini-récit avec Nick Fury Jr, aux prises avec des agents du S.H.I.E.LD. L’artiste réussi à ramener Moon Knight dans ses pages et je dois dire que revoir Spector entre les mains de Shalvey, lui qui l’avait  redessiné en costume avec Ellis il y a quelques années, est très, très plaisant. Ces numéros comptent plus pour les dessins sublimes de Shalvey assisté par Jordie Bellaire qui apporte sa touche au numéro. C’est un petit plaisir coupable que de lire ces épisodes. Et pourquoi Shalvey n’est toujours pas sur un autre titre Marvel ?

Lecture agréable. 

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Direct du gauche par Marquez qui plie le game du mainsteam ! Je me suis abandonné aux dessins mais en y regardant de plus près, Bendis reste moyen sur sa proposition. La faute à des maladresses d’écriture, de caractérisation encore trop importantes pour pleinement apprécier l’event, dommage. Le vieux briscard arrive à nous laisser sur une fin insoutenable que j’ai hâte de découvrir.

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