God Country (VF – Urban Comics)

Donny Cates est de retour chez Urban Comics pour une série indépendante : God Country. Le scénariste qui fait merveille chez Marvel avec Venom, Thanos ou le Cosmic Ghost Rider m’a aussi un peu déçu sur Redneck. Il fait ici équipe avec Geoff Shaw, son complice chez la Maison des Idées.

Au Texas, Roy Quinlan doit jongler entre son père Emmet, atteint d’Alzheimer et qui devient de plus en plus incontrôlable, et sa femme qui rêve d’une vie plus calme loin du patriarche. En pleine dispute familiale, une tornade se déchaine, laissant à l’état de ruine la maison d’Emmet mais rendant au vieil homme toute sa vigueur, guéri de sa maladie et une épée enchantée en main. L’effet bénéfique de cette mystérieuse épée aura nécessairement un pendant maléfique…

Donny Cates a toujours des idées folles qu’il parvient en général à sublimer par une narration géniale et des twists imprévisibles. C’est le cas avec God Country où il mélange chronique familiale et aventure cosmique, tambouille surprenante que le scénariste rend absolument bluffante de fluidité et d’évidence. Sous couvert d’un combat entre humains et Dieux, Donny Cates parle de la famille, de la relation filiale entre un père et son fils et de l’héritage que l’on souhait laissé après la mort.

La principale relation mise en place est celle d’Emmet et  de Roy, faite dans un premier temps de culpabilité et de malaise puis, lorsque Emmet est guéri, de transmission, de courage et d’amour. L’autre relation, plus ténue, est celle entre Attüm et Aristus, le Dieu et son fils. Elle est faite d’arrogance et d’honneur jusqu’à l’aveuglement. Le tout est écrit avec une grande justesse, dialogué avec précision et ce qu’il faut d’humour. Ajouté à cela, Cates impose un rythme qui ne laisse jamais place à quelconque ennui. Resserrant son intrigue autour d’une poignée de personnages, il évite de se disperser, permettant un récit dense et tendu. Malgré le télescopage de deux univers différents, les multiples rebondissements ne rendent jamais le lecteur sceptique. Les éléments cosmiques n’ont rien d’innovant mais sont utilisés habillement et au service de l’histoire.

Bien que très “brut”, le trait de Geoff Shaw est très lisible et détaillé. Parsemé de hachures et de pointillés, il délivre toute la puissance nécessaire à ce récit cosmique et sait faire transparaitre les émotions des personnages. S’il manque parfois de régularité sur les visages, Geoff Shaw rend une copie parfaite dans les combats, leur offrant le côté épique attendu. Les couleurs de Jason Wordie sont sublimes et un certain aspect mat leur donne un patine “old school” originale.

God Country fait partie des grandes œuvres de Donny Cates – et Geoff Shaw – qu’on pourra ranger à côté de son Thanos ! A récupérer sans attendre si vous êtes fan du scénariste ! A découvrir sinon !