Klaus Tome 1 (VF – Glénat Comics)

Klaus
Release Date
14 novembre 2018
Scénario
Grant Morrison
Dessins
Dan Mora
Editeur
Glénat Comics
Pris
22 €
Our Score
8

Ce mois de novembre, riche en publications de Grant Morrison en VF et en VO, accueille un récit à part dans la bibliographie de son auteur : Klaus. L’auteur reprend le mythe du Père Noël – Santa Claus chez nos amis d’outre atlantique – bien connu pour ses frasques hivernales pour en livrer sa version ! Il tente d’en fournir une origine ainsi que l’explication de ses actions auprès des enfants mais n’en disons pas plus, un enfant pourrait lire par dessus votre épaule pendant que vous consulter cette review, brisant par là des années de rêve et insinuant un traumatisme à jamais dans son esprit.

Grant Morrison nous transporte dans un monde médiéval au parfum d’heroic fantasy où Klaus est un trappeur qui revient dans la ville où il a passé son enfance. Mais tout a bien changé : la joie de vivre et la bienveillance ont laissé place à une tyrannie dirigée par Magnus qui envoie les hommes à la mine et terrorise les familles. Le terrible seigneur interdit même la fête de Yule lors de laquelle les enfants reçoivent des cadeaux. Klaus décide de faire revenir le bonheur dans le cœur des gens en tenant de renverser le tyran.

Klaus – Tome 01

C’est clairement un conte que nous narre Grant Morrison où les méchants sont très méchants et les gentils, très gentils. C’est un parti pris qu’il faut accepter pour apprécier la lecture. L’auteur fait dans le classique mêlant héroïsme, combat, romance. Dans le déroulé également, il ne sort pas des canons du genre. Le héros va entrer en lutte contre le tyran, se trouver confronté à leur passé commun et un amour disputé, avant un combat impitoyable et une fin heureuse. Ce classicisme fait la force du récit mais aussi sa faiblesse pour ceux qui attendent davantage d’originalité et de surprises.

Les affrontements sont épiques et bien mis en scènes par Dan Mora, notamment celui avec le démon sacrément effrayant. Ils contiennent leur lot de scènes iconiques qui claquent. Grant Morrison dote ses personnages d’une histoire assez étoffée bien que là encore très classique. Klaus, la princesse Dagmar ou son fils sont attachants. Il aborde des thèmes tels que l’enfance, le courage face à l’adversité ou la politique. Il caractérise particulièrement bien l’innocence inhérente à l’enfance comme le bonheur auquel tout enfant a droit. L’enfance brisée, maltraitée est ponctuée par cette sentence prononcée par Klaus en plein assaut : “il n’y a pas d’enfant mauvais !”. Comme dans  tout conte de ce type, le courage est au centre de l’intrigue. Klaus ne recule devant aucune menace et sait braver l’adversité même quand l’espoir est minime. Enfin, le traitement du despotisme est simple mais efficace à travers le tyran et les mesures qu’il a mises en place. Grant Morrison introduit un peu de magie dans son récit à travers la Famille Radieuse et de convivialité animalière avec la louve Lili. Sa relation avec Klauss est attendrissante et accentue la bonté du héros. Ces éléments fonctionnent très bien dans le récit et permettent à Dan Mora de proposer des planches psychédéliques différentes et originales. Le rythme du récit ne présente pas de temps mort. L’intrigue s’enchaine à vive allure.

Et le père Noël dans tout ça ? Morrison évoque les couleurs du personnage, l’origine des cadeaux, de la hotte ou du passage par la cheminée de façon crédible même si au final ce n’est qu’en filigrane de la trame générale.

Dan Mora réalise un travail assez remarquable. Si ses personnages sont parfois un peu rigides et leurs visages carrés, ce sont ses paysages et ses représentations de la ville que j’ai trouvés magnifiques. Ses tableaux enneigés nous transportent, ses toits fumants nous font voler au-dessus de la ville. Le monde proposé est assez classique dans ses designs médiévaux mais les planches sont riches en détails et bien mises en page. L’architecture est bien dessinée et les couleurs très belles et bien nuancées. Les combats dégagent une belle puissance et même si l’on se doute de leur issue, Mora parvient à créer une réelle tension.

Klaus est un comics très plaisant à lire. Dans un style très héroic fantasy, ce conte respecte les canons du genre au point de manquer peut-être d’un peu d’originalité. Les dessins de Dan Mora sont globalement très beaux. Un bon moment de lecture mais pas un indispensable !

8
Divertissant
On aime
Un conte classique...
Du Morrison abordable
Les dessins sublimes de Dan Mora
On aime moins
...qui manque un peu d'originalié