Lady Killer 2 : Les vices de Miami (VF – Glénat Comics)

Joëlle Jones revient avec sa série Lady Killer pour un deuxième tome que j’attendais avec impatience tant le premier m’avait séduit. A partir d’un pitch plein de potentiel (dans les années 50, une femme au foyer bien sage est en fait une tueuse à gages au sang froid), l’auteure livrait une prestation graphique exceptionnelle, notamment dans sa reconstitution des années 50 et délivrait de délicieuses scènes d’assassinat. L’intrigue en elle-même était relativement classique et simple mais l’ensemble était vraiment original et frais.

Suite aux événements du tome 1, Josie et sa famille ont déménagé en Floride où la tueuse à gages poursuit ses activités désormais en free-lance. Flanquée de sa belle-mère acariâtre qui connaît désormais son secret, Josie va s’associer avec un personnage entrevu dans le tome 1 et les conséquences vont être terribles ! 

A nouveau, l’intrigue n’est pas novatrice et fait dans le classique mais Joëlle Jones creuse ses personnages, révélant des pans du passé de Josie et de sa belle-mère dans deux séquences bien ficelées et qui donnent de l’épaisseur aux personnages. Josie va se mettre de plus en plus en danger et les événements du dernier épisode promettent une suite trépidante. Comme le dit Josie à la fin du volume : « les choses ont un peu dégénéré ». On ne peut la contredire et c’est pour notre plus grand plaisir.

En préparant cette review, j’ai ressorti le tome 1 et forcé de constater l’évolution graphique de la dessinatrice. Si le premier tome possédait une mise en page plutôt sage et reposait sur la reconstitution des années 50 et les scènes de meurtres exécutées au cordeau, cette suite fait place à un énorme travail sur la mise en page et les cadrages, tout en conservant les qualités citées précédemment. On profite d’une multiplication de cases dans une page spéciale « désossage en boucherie », de cases penchées dans une double page « boite de strip-tease » ou de pleines pages proposant une vue en coupe de la maison donnant un dynamisme à la scène de poursuite.

En compagnie de la coloriste Michelle Madsen qui prend une part essentielle dans la réussite de cet aspect vintage, Joëlle Jones joue également merveilleusement des effets de lumière dans des scènes de nuit, quasi absentes dans le tome 1.

Le souci du détail est toujours présent, l’artiste restituant jusqu’au motif du papier peint d’époque. Sa reconstitution est précise et toujours magnifiquement illustrée. Les scènes de strangulation et de découpage à la hache ou à la scie sont d’un gore exquis. Le sang gicle et sort des cases pour s’étaler sur les pages.

Son trait se fait plus précis qu’auparavant notamment sur les visages dont les expressions sont accentuées.

Joëlle Jones est une artiste qui a pris une importance croissante dans le monde du comics et ce n’est que mérité tant son talent et son style original éclaboussent chacun de ses travaux. L’épisode qu’elle a réalisé dans l’excellentissime Superman American Alien de Max Landis en témoigne. Elle fait clairement partie de mes dessinateurs actuels préférés. J’attends avec impatience ses épisodes de Batman scénarisés par Tom King.

Glénat propose toujours une édition de qualité en y adjoignant un cahier graphique court mais intéressant, ce qui n’est pas négligeable.

Lady Killer poursuit donc sur sa lancée avec cet excellent tome 2. C’est avant tout la partie graphique qui nous séduit mais l’ambiance 50’s et la dualité femme au foyer/tueuse à gages fonctionnent toujours aussi bien.

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