Le Badge (VF – Urban Comics)

“Je croyais que tu avais retrouvé de l’intérêt pour la vie […] c’est le cas, je pense même que je vais en créer une”, toute une accroche incertaine mais prémonitoire, à bien des écarts de ce que laissait présager The Button. Car DC Universe Rebirth #1 osait, à la figure et à la barbe de tous, et d’un notamment, remettre les pendules pas tout à fait à l’heure. D’une réplique finale vague, DC pense nous tromper tous avec une opération mensonge de grande envergure, d’envergure historique. Il est encore trop tôt pour le dire. Mais The Button devait retourner le sablier. 

Le sablier se brise, et les grains de la découverte se dispersent en un tas croulant. L’enquête des deux investigateurs sur un certain badge souriant progresse lentement. Les 4 numéros, regroupés entre les deux magazines du mois, sont construits comme un bouclage en dérivation vers une finalité établie furtive. Tout est déclenché par l’irruption de Zoom, sa disparition ébahie et une course à rebours des deux héros pour comprendre ces apparitions électriques ecchymoses. Et là est le piège. Le Bleu est une main tendue vers eux, ou nous. The Button est une unique invitation vers un voyage cosmique plus grand, dont nous ne savons encore rien, plus d’un an après le numéro DC Rebirth #1. Le Badge n’apporte aucune réponse. Décevant, c’est certain. Mais, à l’époque des ères annuelles, il est tout aussi excitant de ne pas savoir, tout en décelant parfaitement les enjeux.

Mais alors, que retirer de The Button ? Un étalon graphique vide, mais puissant, inévitable ; Un Batman #21 précis stylisé forcément, mais surtout une ouverture potentielle à une refonte complète de Bruce Wayne et de Batman, que les auteurs anéantissent directement. C’est peut être ça le pire. The Button tire un trait définitif sur l’une des périodes les plus controversées de l’éditeur. L’alternatif Flashpoint est balayé dans un halo lumineux connu. Il n’en reste rien et pourtant. Le poids inédit de cet interlude timide est à peser sur la rencontre entre un père et un fils. Thomas et Bruce se retrouvent. Bien trop courte, expédiée et maintenant révolue, le tête à tête n’aura plus jamais lieu. L’idée était là, évidente, suppliée même par un Bruce fragile et instable, rejeté par un paternel sage. La séparation est déchirante, le potentiel perdu l’est tout aussi. Imaginez l’intégration du Flashpoint Batman sous la plume de King, ré-introduit dans la réalité Rebirth. 

La bonne blague du bouton s’appuie sur une farce à laquelle personne ne rigole. Nos espérances fondées mais apeurées se tournent maintenant vers l’horloge de l’après, de l’apocalypse ou d’un tic-tac brillant, qui sait ? 

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