Punisher tome 1 “Opération Condor” (VF – Panini Comics)

Marvel’s Netfix nous l’avait introduit avec brio dans la saison 2 de Daredevil, le personnage ayant largement volé la vedette au Diable, je parle évidemment du Punisher. Dans sa plus récente itération, la 11ème pour être précis, c’est le duo Becky Cloonan (que je découvre ici) et le regretté Steve Dillon que nous retrouvons stylos et crayons aux poings.

Je vais avant tout détailler légèrement mon CV sur mes lectures du personnage, non pas pour gonfler mon ego, mais pour vous proposer toutes mes références sur lesquelles je fonde cet avis. J’ai donc dévoré tout le passage d’Ennis et Dillon sur Frank, que ce soit dans l’univers MAX ou le régulier. Ce sont bien ces deux versions d’Ennis qui servent de repères au personnage sur petit écran. C’est ensuite ce génie de Jason Aaron, toujours accompagné de Dillon, qui retravaillera sur une série MAX entre 2009 et 2012. En gardant les bases d’Ennis, notamment dans toute la violence visuelle, Aaron livre une prestation “courte” de 22 épisodes qui forme la quintessence même du Punisher. J’ai par la suite découvert avec passion Greg Rucka et Marco Checchetto dans une série aux allures de Vendetta familiale saupoudrée de film de mafia, magnifiée par un Checchetto splendide. Rucka avait notamment introduit Rachel Cole-Alves, un double féminin de Castle au passé tout aussi tragique. Il est d’ailleurs très étonnant de voir Marvel se complaire dans la diversité (je ne tire pas de jugement de cette approche éditoriale, c’est un simple constat) ethnique et sexuelle, tout en oubliant ce personnage féminin. La dernière version en date, on la doit à Nathan Edmondson et Mitch Gerards. Le duo catapulte le Punisher à notre époque, avec tout ce que cela implique d’avancées technologiques, d’armement supra-développé et de menace terroriste mondialisée. On se retrouvait à suivre un Frank Castle ajusté à la Ghost Recon, avec de vraies trouvailles, tant narratives qu’artistiques. Si vous n’avez jamais tenté, je vous encourage vivement à vous procurer les différents Marvel Saga Panini qui rassemblent l’intégralité de cette série. Avec ces quelques lignes, vous comprenez bien que les sorties plus ou moins récentes du Punisher font partie de mon bagage, et malheureusement, il vient ternir largement la lecture de ce nouveau premier tome. 

Je vais faire très court, Frank est de retour (on ne sait pas trop comment d’ailleurs) pour démanteler un cartel de drogue dure, point barre. Oui, c’est bien tout ce que vous aurez dans ce tome. Quelques points de détail permettent cependant de rendre la lecture agréable. L’ultra violence muette de Frank est toujours jouissive, Ennis avait su imposer cette caractérisation si particulière. La figure détestable et sauvage des différents individus et adversaires de Castle renforce l’aspect monstrueux d’une menace tangible, mais là encore, lisez les versions évoquées précédemment, Cloonan ne propose rien de neuf. En plus de sa traque personnelle, le Punisher est poursuivi par les agents de la DEA (service de police fédéral américain pour la lutte contre les drogues). Le dénouement du tome est attendu voire téléphoné, et la relation qui s’installe entre Castle et ces agents est conventionnelle et ne cache aucune surprise. Vous l’aurez donc compris, Cloonan se contente d’aligner un cahier des charges bien précis, sans doute pour contenter les fans en mal de Punisher classique (faudra pas venir se plaindre du manque de renouvellement), et les potentiels nouveaux lecteurs, attirés par la série TV. Malheureusement, pour un lecorat de longue date, cette proposition est réellement rébarbative tant l’impression de déjà lu, et déjà vu, est omniprésente et étouffe totalement ces premiers numéros. Et la partie graphique n’aide pas à innover, Dillon étant sans doute l’artiste emblématique du Punisher. Il a, en effet,  participer à son renouveau aux côtés d’Ennis, l’empreinte visuelle est donc très marquée. Le plaisir de retrouver Dillon ici est réel, mais là encore, ne vous attendez pas à une quelque conque révolution graphique, comme celle installée par Mitch Gerards et Edmondson. Des gerbes d’hémoglobine, des traits forts et creusés, des explosions anatomiques en tout genre et une violence graphique constante, Dillon fait du Dillon. On retiendra cependant ce tome comme étant le dernier travail de l’artiste, celui-ci est décédé très récemment. Même si je lui reconnais un talent certain, dont le style colle parfaitement au personnage, je ne suis finalement pas un grand amateur du trait si caractéristique de Dillon. Le constat graphique est donc, de nouveau, très mitigé. Je n’ira sans doute pas lire la suite de cette série. 

Un dernier mot sur l’édition : 6 épisodes pour le tarif habituel 14,95€, c’est tout à fait correct ; le choix de couverture (pour cette fois …) est absolument parfait. Alex Maleev se référence lui même en présentant une couverture en hommage au Daredevil 50 de Bendis, avec un Frank Castle impérial tout en sobriété, merci Panini.

Conseiller ou pas cette lecture ? si vos rangers sont déjà bien embourbées, si votre canon est noirci de poudre et votre lame ensanglantée, ne rempilez pas, vous être trop vieux pour ces conneries. Maintenant, avis aux jeunes recrues, ce tome est sans doute parfait, un retour aux classiques pleinement exécuté ! Semper Fi. 

Pour découvrir et commander ce numéro, c’est par ici:

  1. Pour Punisher, j’ai lu le run d’Edmonson que j’ai bien aimé et j’ai commencé celui de Ennis. J’ai lu tome 1 en Deluxe et ai les autres dans ma pile de lecture !
    Pour Nighthawk, la série n’est pas aseptisée du tout. Tout au long de l’histoire, il y a une réflexion sur ses méthodes et celles des “vilains” qu’il combat et qui ne sont pas loin d’être similaires….
    La série est en un seul tome (6 épisodes). Je n’avais pas prévu au départ de le prendre et puis je me suis lancé, je ne regrette vraiment pas. C’est une de mes meilleurs lectures récentes !
    Ca m’a même donné envie d’aller voir les autres séries de David Walker, même si les univers n’ont rien à voir(Power Man et Iron fist, tome 1 sympa, je pense lire la suite mais ce n’est pas non plus indispensable, et Occupy avengers dont je surveillerai la sortie en VF…).

    1. J’irai voir ce Nighthawk à l’occasion.
      Oui ,Power and Iron Fist (chroniqué dans les dernières bulles il me semble), est juste sympathique. Pour avoir rattrapé mon retard sur Iron Fist par Fraction / Brubaker, puis l’EXCELLENT run d’Andrews, je dois dire que ce Danny Rand par David Walker est un peu idiot mais fonctionne étrangement bien. Cette série (PM&IF) est à lire notamment pour sa partie graphique, très très fraîche.

  2. J’hésitais à le prendre mais les différentes reviews m’ont convaincu de passer mon chemin…Tu sembles confirmer cette opinion.
    Sorti à la même période, il y a Nighthawk de David Walker. Même si cette série a été interrompue au bout de six épisodes, l’ensemble forme une histoire bien construite et vraiment intéressante. On sent que l’auteur a été bousculé pour finir son histoire et qu’il n’a pas pu faire tout ce qu’il voulait mais finalement ce tome unique mérite le détour. Je le conseille !

    1. Honnêtement, bascules sur du Ennis si tu n’as jamais lu ces épisodes. Je conseille fortement (vraiment) les Marvel saga de Nathan Edmondson (3 kiosques en tout) !
      Pour Nighthawk, ce personnage est passionnant dans Supreme Power, mais j’hésite encore à passer en caisse. Dans cette nouvelle série, le personnage est bien violent ou on est sur une série aseptisée ? D’ailleurs, c’est en un seul tome du coup ?

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