Spider-Man #1 (VF – Panini Comics)

Alors que la version précédente du kiosque s’essoufflait grandement, la faute à un Dan Slott plein de promesses dans l’attente de sa prochaine saga et un Spider-Man 2099 auquel je ne m’intéressais plus, cette nouvelle relance s’inscrit sans doute comme la meilleure proposition kiosque Panini. Dorénavant, nous y sommes, après Superior, après Spider-Verse récemment, la nouvelle épopée du Tisseur, dans une gloire non ternie de la saga du clone originelle. Je tiens à préciser que je n’ai jamais lu cette période historique du Tisseur, je ne serai pas à même de déceler toutes les références. 

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[toggle title=”Clone Conspiracy #1 – 8.5/10″]

Scénario: Dan Slott – Dessins: Jim Chung

Nous y sommes, Clone Conspiracy. Alors que cette nouvelle saga démarre sous le châle en dentelle du deuil, Jay Jameson est décédé. Cette introduction efficace mais terriblement lourde plante un décors terne, qui rappelle que le personnage de Peter Parker, au delà de l’éternel fanfaron, est un héros marqué par les drames, souvent très personnels. Avec ce numéro introductif, Slott va amener son tisseur à découvrir la partie émergée de l’iceberg, le Chacal ne s’est pas encore révélé. Peter, suite à ses doutes lors du prélude, va finalement s’introduire chez New U, afin de déceler le sac de nœuds qu’est cette récente entreprise du médical au secret bien enfoui. Sa découverte est sinistre, mais pas le temps de tergiverser, des vilains cultes entrent dans la place et s’en prennent à Peter. Le lecteur sait bien que le Rhino et Electro répondent au Chacal, l’araignée baigne encore dans un flou étendu. La rencontre finale est assommante, le retour d’une icône de l’univers de Spider-Man fait trembler toutes ses convictions. Ce retour est d’ailleurs éclairci rapidement dans un numéro “bonus”, utile mais pas forcément très bien écrit.
La seconde rencontre finale est toute aussi étonnante, bien que les réponses nous soient données dans le numéro suivant, le Docteur Octopus est de retour, alors que celui-ci avait disparu dans les méandres de l’esprit de Peter à la toute fin de Superior Spider-Man. Là encore, cela faisait maintenant plusieurs numéros que ce personnage mythique errait discrètement ou pas dans les pages de Slott. Et quel plaisir que de retrouver Jim Chung, un artiste au talent certain, constant mais beaucoup trop absent sur le marché. Son trait doux et rond pourrait ne pas convenir au ton décidément dramatique, pour autant, son dynamisme confirme tout le bien que je pense de cet artiste, une valeur sûre de qualité. 
Je sens clairement les références à la saga du clone originelle, je passe donc au delà de ces clins d’œil. Ne vous en faites pas, il n’est pas nécessaire d’avoir suivi cette énorme séquence éditoriale des 90’s, cependant, une lecture assidue des derniers numéros de Slott dans Amazing Spider-Man est obligatoire. Ce numéro est construit depuis maintenant quelques mois, sur une montée en pression constante. Je recommanderai même la lecture de Superior Spider-Man pour saisir au mieux l’animosité et les jeux d’esprit récents entre Octopus et Parker. 

Si vous êtes au point sur votre continuité récente du Tisseur, ou si vous n’avez pas peur de ne pas saisir tous les enjeux, lancez-vous, c’est une entrée en matière remarquable. 

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[toggle title=”Amazing Spider-Man #20 – 7/10″]

Scénario: Dan Slott – Dessins: Giuseppe Camuncoli

Ici, Slott va détailler précisément l’énigme qui enveloppe le retour charnel du Docteur. Evidemment, c’est en lien avec les résurrections opérées par la technologie du Chacal, qui utilise les restes momifiés d’Octavius pour le ranimer. Je fais très rapide, cet épisode ne sert qu’à affirmer la positon d’Octopus, il est de retour, soumis à la médecine du Chacal. Evidemment, Doc Ock ne va pas se laisser faire, son génie va lui servir à se désenchaîner de l’étreinte du grand vilain. Si son sort est encore très incertain, on imagine mal Slott se priver de sa Némésis favorite une fois cette saga terminée, le tout sera d’observer avec soin son émancipation. Le trait de Camuncoli est toujours aussi appréciable, même si le manque de péripéties le prive de son énergie habituelle, car oui, les personnages discutent beaucoup, un peu trop sans doute. 

Complément pertinent de numéro précédent, Slott confirme le retour d’Octopus. Le tout sera maintenant d’apprécier, ou pas, son rôle à jouer dans cette saga et la suite dans l’univers de l’araignée. 

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[toggle title=”Spider-Man #9-10 – 7.5/10″]

Scénario: Brian M Bendis – Dessins: Nico Leon

Derniers ties-in à Civil War II,  terminée maintenant. Afin de respecter un ordre de lecture idéal, je vous encourage à lire ces numéros une fois Civil War II achevée, Bendis traite ici du traumatisme de la “mort” de Stark sur Morales. On le sait depuis les Vengeurs de Waid, ce jeune héros est particulièrement attaché aux valeurs et à la morale de ses icônes, le déchirement lors de l’affrontement était réel. D’autant que le personnage se retrouvait personnellement impliqué dans les rêveries prophétiques, ou se retrouvera impliqué….Sa situation d’impuissance totale lors du coup de grâce porté par Danvers démolit le jeune tisseur, qui se retrouve à supporter le corps inerte de Stark, le choc est trop lourd. Bendis s’attarde alors sur les conséquences psychologiques d’un tel vécu, sur sa personnalité propre mais aussi sur celles de ses proches. L’auteur n’en fait pas trop, reste parfaitement aligné entre l’abattement, quelques larmes et une moralité détruite. Ses dialogues parfois ronflants et longuets trouvent ici une résonnance tant le trauma est retransmis avec justesse. Cette authenticité est renforcée par un dessin clair, sans fioritures qui image à la perfection le désarroi de ce héros. Quel sera alors l’avenir de ce personnage au présent bien sombre, j’espère que Bendis parviendra à lui faire remonter la pente de manière logique, la gestion du deuil et la remise en question d’une certaine philosophie seront primordiales. 

Fin d’une époque pour Miles, la fin d’un état d’esprit innocent, déchirant. Là où le traitement post Civil War II de Carol Danvers ne m’a pas convaincu, j’espère que Bendis saura trouver le ton et les mots pour un Miles résolument différent. 

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Le sommaire est solide, pertinent et plutôt très joli. De nouveau, Slott s’appuie sur une continuité récente et une saga culte des années 90. Le kiosque n’est pas forcément accessible, mais on s’en doutait avec cette renumérotation opportuniste de Panini. Est-ce une excuse pour se priver, je ne pense pas, sautez le pas, le tisseur est toujours aussi agréable à lire. 

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Pour découvrir et commander ce numéro, c’est par ici:

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