Something is killing the children – tome 1 – (VF-Urban Comics)

Something is killing the children - Tome 1
Release Date
24 septembre 2020
Scénario
James Tynion IV
Dessins
Werther Dell'Edera
Couleurs
Miquel Muerto
Editeur
Urban Comics
Our Score
9

Après Once & Future sortie chez Delcourt il y a peu, voici une nouvelle série issue de chez Boom!Studios, scénarisée par l’inépuisable James Tynion https://www.comicstories.fr/once-future-tome-1-vf-delcourt/IV. Loin de son faible Batman, Something is killing the children est un thriller horrifique qui découpe du gosse, dessiné par l’artiste italien Werther Dell’Edera et colorisé par l’espagnol Miquel Muerto.

James est un ado qui aime les soirées pyjamas entre potes. Lors de l’une d’entre elles, il doit raconter la fois où il a eu le plus peur en participant au jeu action ou vérité. Il affirme alors avoir vu, un soir, des monstres avec de grands doigts et des dents pointues. Etant la risée de ses copains, ils se rendent à l’endroit décrit par James lors qu’une autre soirée mais seul ce dernier reviendra vivant.

James Tynion IV construit son thriller horrifique en bâtissant un socle fait de deux personnages principaux : James, l’ado dépassé et Erica, jeune adulte, chasseuse de monstres. Le scénariste construit son histoire autour d’eux en les caractérisant de façon originale. James est perdu et atterré dans un premier temps avant de rassembler son courage pour tenter d’aider. Erica est, elle, le personnage le plus intéressant car particulièrement intrigante et mystérieuse. Son attitude ambiguë, ses origines inconnues tissent un portrait marquant. Graphiquement, les deux personnages sont également  mémorables. James semble être une sorte de James Tynion IV ado qui dissimule sa personnalité derrière ses lunettes aux verres opaques. Erica a la chevelure blonde platine à la mèche lui cachant un œil vert expressif.

L’intrigue du scénariste s’édifie sur une base peu commune : celle de tuer des enfants. Et il ne fait pas semblant puisque la représentation de ces meurtres est explicite et violente, ce qui est plutôt rare dans un comic “grand public”. D’un point de vue horrifique, les ingrédients sont classiques mais particulièrement bien intégrés et permettent une avancée de l’histoire assez redoutable en matière de suspens. L’auteur distille également quelques pistes quant à une possible organisation derrière Erica. Pour compenser cette ambiance lourde, James Tynion IV glisse quelques dialogues savoureux entre les policiers qui, bien que compétents, sont particulièrement dépassés par les événements.

En plus de designs de personnages très marquants, la partie graphique est totalement adaptée au genre et remarquable. Que cela soit dans la mise en page, mêlant gros plans, double-pages inventives et scènes horrifiques impressionnantes, elle capte l’attention du lecteur. Les couleurs de Miquel Muerto faits d’aplats dans des tons pastels et travaillant sur les ombres dans les scènes nocturnes laissent une emprunte forte. Something is killing the children est une réussite en partie grâce à sa partie graphique sublime

En termes d’édition, on regrettera qu’Urban Comics publie cette série dans son Label Urban Link au format réduit. Les planches de Werther Dell’Edera et Mique Muerto aurait mérité une publication dans un format classique ! Ce qui ne gênait pas pour des œuvres conçues initialement dans ce format plus petit en VO, comme Harley Quinn – Breaking Glass, devient au minimum dérangeant pour Supergirl Being Super, Middlewest ou Something is killing the children dont l’appréciation des parties graphiques s’en trouvent largement diminuée.

Something is killing the children bénéficie d’une partie graphique remarquable et originale pour illustrer un scénario solide, porté par des personnages bien caractérisés. Dommage qu’Urban Comics gâche le plaisir visuel en publiant cette série dans le format réduit du Label Urban Link ! 
9
Points forts
La partie graphique parfaitement adaptée au récit et bluffante
N'a pas peur de montrer les choses
Erica, attachante et mystérieuse
Points faibles
Pourquoi Urban Comics a-t-il choisi ce format ?
Peut-être sans surprise pour les habitués du genre