CoMix Stories VF – Avril 2019 (1)

Avengers #003 – par  Kidroy

Scénario :
J. Aaron, D. Slott
Dessins : E. McGuinness, P. Medina, M. Del Mundo, V. Schiti

Avengers #4-5 : L’auteur n’accorde censément aucun attachement à écrire, à s’accorder sur sa cohérence, je ne ferai pas l’effort non plus. Avengers est une mauvaise série. Et je me tairai bruyamment sur les filiations coléoptères de nos personnages favoris. Comme tous bons cafards envahissants, on l’écrase, on attend puis on oublie. 

Thor #2-3 : L’affection transmise par Del Mundo perturbe la bonne santé de la série. Coupons court à toute contradiction, Thor conserve son trône royal. Mais, et je commence à y percevoir une répétition maladive, toutes les empreintes de Del Mundo laissent une estampille dérangeante. L’artiste a ce don pour l’absurde, en tant que genre artistique. Sa mise en scène, son découpage, ses onomatopées colorées enrayent les coups tirés par l’auteur. Le curseur du sens de l’émerveillement n’est pas au niveau du Thor God of Thunder, décidément titre béni des Vanes. Ce nouveau Thor s’apprécie plus qu’il ne se déguste (Nous évoquons néanmoins une série dans laquelle les Fils d’Odin prennent d’assaut un train au volant d’un Monster Truck, sur les rives de Niffleheim ; Ce même train étant piloté par des Gobelins de Cendre, contenant Fenrir et Hela). Et la fin ramènera l’indignité de l’auteur. 

Tony Stark : Iron Man #3 : Tony Stark non plus, chez lui, dans son propre tire, n’arrive plus à me leurrer. Je vais sans doute débrancher la prise aussi. Une histoire de condition de robots, de réalité virtuelle et de dialogues récréatifs, rien de solide, tout est dramatiquement anodin. Les coups ne portent pas, et les à-côtés ne se déportent plus. J’en termine déjà avec Tony Stark : Iron Man. 

Je dois me rendre à l’évidence, une porte est franchie. Les Vengeurs, seuls, ou à plusieurs, devraient véhiculer plus que de minimes divertissement mensuels, plus que des séries médiocres que ne me séduisent absolument plus. Carol Danvers s’en plaint “c’est nul d’être de corvée d’insectes”, ces personnages ne méritent plus que ça . Jonathan Hickman, Rick Remender, vous m’entendez ?

Venom #002 – par  Kidroy

Scénario :
D. Cates, J. Latour, A. Kuder, M. Costa 
Dessins : R. Stegman, T. Zonjic, B. Revel, A. Kuder, W. Robson, M. Bagley

Venom #3-4 : Donny Cates frustre, de temps en temps, à moto, sous son bocal échauffé notamment. Cosmic Ghost Rider était désappointant : j’y reviendrai à l’audio. N’est-ce pas là le prodige ? celui de rebondir, de réussir, puis de magnifier ! Que ce mucus dégoulinant est savoureux ! Quelle merveille ruisselante ! Donny Cates se paie le luxe de tout lier, du manche à la pointe, l’auteur fait entrer en résonance un matériel narratif complexe, s’amuse des liens et des mythes et démystifie la frêle définition du symbiote. Les retours incessants à La Continuité galvanisent la lecture. Une série par un adulte, pour des adultes, dans laquelle toute sensation superflue est dégagée, où seule la passion suinte. Quel triomphe (et ce ne sont que les numéros #3 et 4). 

Edge of Spider-Geddon #3-4 : Numéros ignorés. 

Venom : First Host #1 : Eddy Brock est pigiste, Venom décapite hors case des malandrins en débardeur blanc, s’en amuse auprès de la clientèle, le souvenir d’avoir déjà vu toutes ces prises de bec persiste. Mike Costa le sait lui aussi. Il adjoint maladroitement les Kree, Skrulls, étonnant là encore, à cette gadoue noirâtre. First Host se désagrège, et n’espérez pas me lire y retourner. 

Je dois me rendre à l’évidence, comme au dessus, Venom est ce que je préfère lire en début de chaque mois chez Panini Comics. Donny Cates prouve, lignes après lignes, qu’il est digne de porter marteaux, capes, gants, les artefacts n’ont pas d’importance. Venom est à acheter, et la couverture de ce second bimestriel est fabuleuse. 

Spider-Man #003 – par  Kidroy

Scénario :
N. Spencer, C. Zdarsky 
Dessins : R. Ottley, A. Kubert, J. Frigeri, M. Allred

The Amazing Spider-Man #4-5 : La principale maladresse de ces numéros est de succéder aux deux de Venom. Conséquence immédiate : délavé, blafard, rampant, et je pourrais m’étaler encore. The Amazing ne tient pas la comparaison avec son voisin. Ceci-dit, Spencer ne démérite pas, et s’en tient à sa tactique réussie : de l’humour assumé au sein d’une narration décontractée. Le lecteur sait à quoi s’en tenir, l’auteur ne dévie, l’artiste non plus, Ryan Ottley est à son affaire, confortable avec aisance entre les toiles. 

Peter Parker : The Spectacular Spider-Man #305-306 & Annual #1 : Numéros ignorés. 

Moins engageante que la prestation de Slott, celle de Spencer n’en est pas moins engagée. Fier de ses atouts et conscient de ses capacités à divertir, sans lasser, voire excéder (Avengers pointé durement du doigt), Nick Spencer a la main heureuse pour le moment, a se balancer avec adresse et assurance, bien aidé par les traits percutants du génial Ryan Ottley.