All-New Iron Man & Avengers #8 (VF – Panini Comics)

Le retour d’International Iron Man, la fin de Standoff et un numéro d’anthologie pour Captain America

[toggles behavior=”accordion”]
[toggle title=”Invincible Iron-Man #10 – 4.5/10″]

Scénario: Brian M Bendis – Dessins: Mike Deaodato Jr

Et bien je suis mauvaise langue, ce numéro est passable, du moins meilleur que les précédents. On continue cette intrigue avec un Tony perdu au Japon, qui rencontre finalement Tomoe, le Techno-Golem, ou l’Iron Monger du soleil levant. Evidemment ça discute, ça discute, ça se tape un peu dessus dans une scène légèrement ridicule, mais l’annonce finale qui est faite à Tony fait son petit effet. Bien évidemment on se doute que ça n’arrivera pas, mais quand même. En parallèle Mary Jane enquête sur le nouveau CEO de Stark Industries, rencontre Friday et apprend donc que son patron est toujours en vie. Le numéro se conclue sur un trait d’humour bien senti avec les All-New Avengers qui se lancent dans la course (on se demande, alors que Stark est un membre fondateur de cette équipe, pourquoi les Vengeurs n’ont pas encore cherché à résoudre cette histoire, enfin bon …). Le dessin reste très moyen, encore une fois. Tant que l’ami Deodato officiera sur le titre, ne vous attendez pas à des merveilles.

Un numéro meilleur que les précédents, mais la série reste dans le bas du panier Marvel. 

[/toggle]
[toggle title=”International Iron Man #4 – 6.5/10″]

Scénario: Brian M Bendis – Dessins: Alex Maleev

Le dernier numéro de cette série remonte à quelques mois maintenant, se replonger dans l’histoire de Bendis n’est pas forcément évident. Comme une bonne série construite sur le long terme, Bendis dévoile ses cartes petit à petit, il faudra vraiment revenir sur la série dans son entièreté. Stark continue donc d’enquêter sur son origine et ses parents. Les passages dans le passé relancent le développement de la relation Tony/Cassandra, en miroir avec l’intrigue présente. Le numéro est bavard, les personnages discutent beaucoup, mais étrangement, ici, ça marche. J’apprécie vraiment l’écriture de Bendis sur cette série, sa décompression ultime dans les dialogues sublime vraiment les numéros. Comme sur ses meilleurs travaux, il privilégie l’identité civile des personnages à l’aide d’un relationnel fort, au super-héroïsme vite consommé, vite oublié. On pourra cependant reprocher un certain manque d’avancée dans le fil rouge, tant Bendis reste cryptique sur la question de la parenté de Stark. Maleev reste très bon et retranscrit parfaitement le ton du récit. Entre la dure douceur du passé et la force tranquille du présent, le lecteur est vraiment plongé dans cette double histoire.

Oubliez le très fade blockbuster Invincible Iron Man, vous avez là la meilleure série de l’Homme de Fer. 

[/toggle]
[toggle title=”Captain America : Sam Wilson #8 – 6.5/10″]

Scénario: Nick Spencer – Dessins: Paul Renaud

Un peu à la manière de la Distinguée Concurrence et le retour de Batman, Steve Rogers retrouve sa vigueur d’antan, sa force physique est au sommet. Accompagné de ses deux acolytes de toujours, Sam Wilson l’actuel Captain America, et Bucky Barnes son frère d’arme, les trois porteurs du bouclier vont nettoyer les allés dépravées d’une Pleasant Hill chaotique. Leur mission : retrouver Kobik avant la cohorte de vilain menée par un Zémo décapant. En effet, alors que dans le numéro précédent, Spencer nous présentait un Zémo imposant de charisme menant par le bout de l’épée ses subordonnés, ici les “méchants” apparaissent tous plus ridicules les uns que les autres. Mention au spéciale au Fixer débile à souhait, et à Kraven le chasseur qui suinte l’humour mal senti. En plus de ça, le trio des Captains n’est pas toujours très juste. Spencer met de côté son écriture engagée et piquante, et livre une prestation aseptisée. Il veut sans doute profiter de la trinité blindée pour appuyer sur l’héritage, les échanges entre un Sam Wilson encore admiratif et un Steve Roger qui se place en retrait, sont bien écrits mais le tout transpire la naïveté. Le décalage de Barnes apporte un peu de fraîcheur mais ne rehausse pas forcément le niveau. Il faut attendre les deux numéros suivants pour retrouver un semblant de génie chez Spencer. Les traits doux de Renaud accentuent ce côté innocent mais étrangement le tout reste très agréable pour les yeux. L’impact physique de Steve est par contre sublime, le Captain frappe fort, très fort.

Un numéro qui dénote de l’écriture habituelle de Spencer, mais la série reste excellente sur son ensemble. La suite est déjà un cran au-dessus.

[/toggle]
[toggle title=”Captain America : Sam Wilson #9 – 7.5/10″]

Scénario: Nick Spencer – Dessins: Angel Unzueta

Une fois passé les retrouvailles entre les trois héros au bouclier, Spencer s’attaque à la vraie question au sortir de Standoff : le cas Maria Hill. Les Vengeurs organisent donc une réunion pour sanctionner la directrice du S.H.I.E.L.D., mais la garce a encore un argument dans son sac. Pour ne pas discréditer la face de l’organisation, il est décidé de la garder comme figure de communication, comme un masque, mais tous ses pouvoirs exécutifs lui sont retirés. La réaction de Sam Wilson est immédiate : comment tolérer cette décision alors que Hill a encore merdé ? Le lecteur est, à la manière du Faucon, affligé par cette décision bien qu’elle soit évidente. La communauté super-héroïque n’a pas le choix, elle va devoir mettre ses idéaux de côté pour sauvegarder le S.H.I.E.L.D. En plus de ça, le poste de Sam Wilson en tant que Captain America est remis en question par la population américaine, qui réclame le retour d’un Steve Rogers fringant, comme l’idéal blanc américain parfait. Steve organise donc un meeting pour assurer son soutient à Captain, le discours tourne à l’attentat mais les deux compères mettent fin aux agissements de Chance, l’un des prisonniers de Pleasant Hill et on comprend parfaitement son envie de rébellion. Spencer renoue avec sa véritable force, des récits engagés, avec du fond social et politique, et un certain réalisme dans l’approche de l’héroïsme. Là où se numéro pêche, c’est sur la partie graphique. Le style très informatique de Unzueta est assez immonde, comme un Brandon Peterson mais encore plus mauvais. Je ne suis pas du tout client de ce genre de dessins.

Malgré des dessins dégueulasses (c’est personnel), la série retrouve ce qui faisait sa force : des super héros, un message de fond, des discours politiques et sociaux, une pointe d’humour toujours juste. Même le cliffhanger est très intriguant. 

[/toggle]
[toggle title=”Captain America : Captain America : Steve Rogers #1- 10/10″]

Scénario: Nick Spencer – Dessins: Jesus Saiz

La critique est full-spoiler

Il est enfin là, le numéro qui a fait couler tant d’encre, certains lecteurs américains, en plus d’avoir insultés l’auteur, de l’avoir menacé de mort, sont allés jusqu’à brûler leur numéro, en criant au fanatisme et à la traîtrise suprême. J’ose espérer que le public français saura apprécier ce numéro à sa juste valeur, en tout cas pour moi le constat est simple : c’est culte.

Steve Rogers n’est plus Captain America mais l’agent de terrain du S.H.I.E.L.D alors dirigé par une Sharon Carter marquée par les années de service, le personnage prend un sacré coup de vieux. Le soutient logistique de Steve est aussi assuré par le Chuchoteur, a.k.a Rick Jones, fraîchement sorti de Standoff. Dans le numéro prologue Spencer contextualise son histoire : une nouvelle Hydra apparaît, une Hydra terroriste, comme le reflet de la menace islamiste actuelle. Et c’est bien le premier point de la série : le terrifiant réalisme dans lequel Spencer ancre ses personnages. L’Hydra fomente des attentats dans le seul but d’apporter le chaos, la vision classique d’une race supérieure héritée des heures sombres de l’Allemagne nazie s’est évaporée. L’organisation au crâne tentaculaire a basculé dans le 20ème siècle. Cap et son entourage évolue dans ce contexte tendu et livre une guerre de l’ombre avec cette nouvelle structure.

Ce prologue prend tout son sens avec le véritable 1er numéro : L’Hydra est sujette à une guerre interne, la vision de deux homme s’affrontent. D’un côté Zémo qui prône une Hydra fondamentale classique calquée sur les préceptes du Baron Strucker de l’époque : ramener au pouvoir la race supérieure. De l’autre côté Crâne Rouge et sa vision chaotique du monde. L’Hydra est un vecteur d’anarchie, un moyen pour renverser l’ordre établi. Et pour ça, il utilise l’embrigadement des gens désabusés, détruits par un système social dévastateur. D’ailleurs nous suivons une bonne partie du numéro le parcours de Robbie, jeune blanc américain qui souhaiterait retrouver la place qui lui ait du dans la société, mais des coups durs vont le mener vers d’autres chemins. A l’image de ces jeunes qui rejoignent les rangs de certaines organisations terroristes, Robbie boit les élans d’un Crâne Rouge charismatique au possible et dont les discours d’espoir embrasent les foules. Robbie se sacrifie en faisant sauter un train, croyant accomplir l’acte juste, face à un Steve désemparé et impuissant. Mais c’est bien la dernière partie du numéro qui choque : le sauvetage du professeur Selvig  détenu par Zémo, qui espérait toujours mettre la main sur Kobik, par Cap et deux acolytes historiques, Jack Flag et Free Spirit, tourne mal. Steve assassine froidement Jack et au moment de se retourner lâche le déjà culte “Heil Hydra”. Bien évidemment, Spencer va lier ça à une réécriture en filigrane du passé de Steve et d’un potentiel lien bien plus intime avec l’Hydra. Rien n’est clairement dit dans ce numéro, mais des pistes sont lancées et les réponses risquent d’être passionnantes. On se doute que le revirement soudain de Steve n’est pas une simple retcon des origines mais une trame bien plus complexe tissée sur le long terme. Le dessin de Saiz est unique, beau et dynamique. Certaines planches et compositions fonctionnent à merveille. Les passages d’action sont impressionnants de réalisme et de violence. Le héro est iconisé au maximum et la jouissance à la lecture est maximale. Le nouveau costume de Cap est magnifique, le concept autour du bouclier détachable remplit son office.

Un numéro d’anthologie. Le fond est ultra dense, riche et s’ancre parfaitement dans une malheureuse réalité. Ajoutez à ça un twist qui relance complètement le personnage et vous obtenez un numéro déjà culte sur le personnage. Lecture obligatoire Heil Spencer. 

[/toggle]
[/toggles]

Ce kiosque est un must-have. Spencer est un génie, bien trop sous-estimé aujourd’hui. Ses deux séries sont géniales et se répondent. Mention spéciale pour ce Captain America #1, sur lequel j’ai pris un plaisir de malade lors de la lecture. On en oublie complètement le très fade Iron Man, qui survit toutefois correctement dans sa série annexe International Iron Man.

[button type=”button” size=”btn-lg” variation=”btn-primary” block=”btn-block”]

Pour découvrir et commander ce numéro, c’est par ici:

[/button]