Iron Man & Avengers #2 (VF – Panini Comics)

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[toggle title=”Infamous Iron Man #2 – 6/10″]

Scénario: Brian M Bendis – Dessins: Alex Maleev

Alors que deux des quatre fantastiques sont toujours hors du temps et de l’espace, Ben Grimm mène sa petite vie de Gardien. Evidemment, le retour de Fatalis le questionne un tantinet. L’idée de ramener La Chose dans le giron de cette série est plus que légitime, mais l’exécution est déplorable. Car ce bon Grimm, dans une vue d’esprit absolue, décide de prendre d’assaut l’ambassade de Latvérie, un lieu gouvernemental officiel, puis de saccager littéralement le bâtiment. Bendis passe à côté du potentiel d’un tel retour, couplé au niveau statu quo de Doom. Grimm passe uniquement pour un idiot profond, en passe de déclencher un conflit international. Au contraire, l’intrigue concentrée sur Infamous est plutôt entraînante, notamment par la percussion des dialogues et la mise en scène de Maleev. De part les poses et le cadrage très astucieux cet Infamous a tout du mouvement de Fatalis classique. La confrontation annoncée devrait apporter quelques réponses, en abordant peut être le cas Reed et Susan. 

Bendis loupe carrément l’arrivée de Grimm et ne développe pas les manigances de Fatalis. Je reste accroché à la série de part l’originalité de la proposition, son potentiel, et aussi grâce aux dessins sublimes de Maleev, résolument à sa place sur ce titre. 

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[toggle title=”Invincible Iron Man #1 – 7.5/10″]

Scénario: Brian M Bendis – Dessins: Stefano Caselli

Marvel veut décidément achever une communauté échaudée par les remaniements et le remplacement des icônes. Et si pour certains, Captain ou Thor, la pilule semble passer, pour d’autres, c’est toujours douloureux, Iron Man en tête. Entre Fatalis et maintenant Riri, il y aurait de quoi criser, est-ce mérité ? pas vraiment, novateur ? non plus ; pour autant, doit on vraiment passer à côté de ce renouveau d’Invincible Iron Man, ça serait dommage. Riri Williams est une jeune afro américaine créée par Bendis, comme le reflet de ces enfants adoptifs, mais surtout une adolescente géniale et surdouée. Le personnage apparaissait furtivement dans les dernières pages des numéros de la série précédente, avant de gagner en temps de parole, pour finalement accéder à sa propre série. Il est clair que l’existence précoce du personnage ne légitime pas l’héritage qu’elle endosse, et son origine est classique, construite sur un drame familial, comme on en voit très souvent dans les naissances des super-héros. La recette appliquée par Bendis ici est suivie correctement, sans prise de risque certes, mais avec un savoir faire évident. Il est difficile de juger de la pertinence de ce nouveau personnage après un numéro, c’est sur la longueur et sa construction qu’il faudra émettre un avis. Et n’aura pas fallu attendre longtemps avant de voir ce bon Stark revenir dans une forme inattendue, qui fait écho au run de Fraction sur le personnage. En tout cas, retrouver Caselli au dessin est un plaisir immense. Son style légèrement exagéré et son adresse pour retranscrire les expressions faciales collent parfaitement au ton jeune, mais il sait se charger en émotion quand il faut. 

La série et le personnage, pour l’instant, ne révolutionne pas le genre du super-héro. Pour autant ce nouvel avatar de l’Homme de fer est suffisamment généreux pour mériter sa chance

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[toggle title=”Mighty Thor #14 – 7.5/10″]

Scénario: Jason Aaron – Dessins: Steve Epting

Suite et fin de la guerre pour le royaume et la Reine des Elfes blancs. Critique rapide, le numéro se focalise sur le combat entre les deux groupes, et Malekith parvient évidemment à s’échapper, afin de revenir dans un arc final qui s’annonce grandiose, tant sa menace semble s’étendre aux 9 Royaumes. En l’état, seule la position très ambiguë de Loki constitue la vraie interrogation de la série, Jason Aaron déroule et confirme mois après moi sa suprématie sur cet univers si particulier. Et comme le mois dernier, la remarque est totalement personnelle, mais le trait d’Epting ne fait pas honneur à l’affrontement pourtant multiple et effréné. 

Le plan d’Aaron est construit, s’installe dans la longueur avec une résolution partielle du cas Malekith. J’espère cependant le départ d’Epting, bien plus à l’aise sur des genres orientés polar / thriller, qui ne trouve pas la folie nécessaire à un tel récit. 

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[toggle title=”Mighty Captain Marvel #1 – 5/10″]

Scénario: Margaret Stohl – Dessins: Ramon Rosanas

Le numéro 0, sorte d’introduction avant l’heure de la nouvelle série Captain Marvel m’avait plutôt déçu. Malheureusement, ce premier épisode ne convainc pas, à défaut de débecter. Sous la pression de cette vague migratoire intense, Carol va se retrouver mêler à son héritage Kree, tout en démasquant un chasseur de prime galactique. Le pitch n’est pas très accrocheur et les conséquences de Civil War II, qui me paraissaient lourdes, ne sont même pas adressées. Pourtant Stohl ne loupe pas complétement son entrée en matière, avec certaines questions intéressantes : la gestion d’Alpha Flight et son financement, cette crise d’immigration spatiale qui résonne fortement, composent une ambiance appréciable plombée par un manque flagrant d’envie. L’intrigue principale est plate, sans réelles ambitions. Et même Rosanas, habitué aux titres Ant-Man, est en petite forme. Alors le trait est propre et sans fioriture, il manque certaines compositions léchées et une surpuissance graphique liée au personnage. 

La série n’est pas une purge, mais ne mérite pas qu’on s’y attarde plus que ça. En cause, une intrigue générale monotone et sans grande originalité, alors que certaines idées de cadre sont intéressantes. 

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[toggle title=”Captain America : Steve Rogers #8 – 8/10″]

Scénario: Nick Spencer – Dessins: Jesus Saiz

Le plan de Steve est décidément d’une ingéniosité radicale ! Spencer continue d’installer tranquillement la menace au bouclier, alors que celui-ci semble contaminer toutes les branches de l’univers Marvel, du street level au cosmique pur. L’objectif de Spencer est clair, faire de Rogers l’antagoniste parfait en vue de Secret Empire, et c’est bien ce “en vue” qui commence à traîner. Ce numéro reste finalement de l’exposition, comme ce qui suivra jusqu’à Secret Empire malheureusement, une énorme introduction vers cet affrontement. Maintenant, il reste encore près de 6 mois avant d’atteindre l’ouverture de l’événement, j’ai peur que Spencer délie au maximum, certes pour gonfler l’étendue du péril, mais surtout pour temporiser. Le numéro souffre aussi du manque de scènes dans le passé, qui servaient au développement de la personnalité de Captain. Pina au dessin, même commentaire que les mois précédents : clair, détaillé mais pas surchargé, un savoir faire évident pour les proportions ; Un très bon artiste montant. 

L’étirement de l’intrigue commence à se faire ressentir, après 8 numéros de mise en place. Malheureusement, je vois mal Spencer proposer un retournement de situation avant son monstre éditorial approchant. L’intêret ? Une montée en puissance construite sur de nombreux épisodes, comme un prologue morbide avant l’explosion. 

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[toggle title=”Captain America : Sam Wilson #15 – 4/10″]

Scénario: Nick Spencer – Dessins: Angel Unzueta

Le numéro de transition par excellence, Spencer met en pause sa grande machination et se concentre sur D-Man et malheureusement, c’est plutôt décevant. La faute à une intrigue légère, sans grand impact. Le message de fond, sur les valeurs primaires des héros est important, surtout au sein du contexte nauséabond dans lequel évolue Sam Wilson depuis le début, mais la coupure est brutale, abrupte. L’environnement de cet épisode englobe le milieu du catch, pratique culturelle essentielle aux Etats Unis, mais qui ne m’intéresse guère. Cependant, Spencer se permet un léger développement du partenaire de Sam Wilson, plutôt absent depuis quelques numéros. Et enfin, le retour d’Unzueta est un calvaire visuel. L’effet plastique associé au trait trop lisse rendu sur les visages, et toutes les textures, est particulièrement laid.

Il est difficile de juger ce genre de numéro de mise en pause. L’objectif n’est pas d’approfondir les intrigues en cours, mais de proposer une alternative en vue d’un retour des grandes thématiques de la série. Malheureusement, ce n’est pas réussi ici. La faute à une histoire anecdotique, qui étoffe certes D-Man, plombée par un dessin douteux.

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Le kiosque est plus faible ce mois-ci. L’univers Iron Man s’étoffe mais loupe le retour de la Chose, Captain Marvel manque cruellement d’épique et ne traite jamais les conséquences de CWII, Thor maintient un niveau régulier malgré un dessin en deçà et Spencer place tranquillement, peut être trop, ses pions avant Secret Empire. Néanmoins, les séries restent de qualité, il serait dommage de se priver. 
Le choix kiosque Marvel et donc Panini, est solide dans sa globalité, tout en avançant froidement vers une suprématie céphalopodée.  

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