Batman Three Jokers #3 (VO-DC Comics)

Batman : Three Jokers #3
Release Date
4 novembre 2020
Scénario
Geoff Johns
Dessins
Jason Fabok
Couleurs
Brad Anderson
Editeur
DC Comics
Our Score
5

La conclusion tant attendue et redoutée de Batman : Three Jokers est arrivée et avec elle, un sentiment plus que mitigé. Après un premier épisode particulièrement séduisant, Geoff Johns a commencé à instiller le doute dans l’esprit du lecteur avec un deuxième épisode laissant apparaitre un gout de mascarade dans la bouche

A l’ouverture de cette ultime livrée, le lecteur se demande comment le scénariste va pouvoir conclure l’enquête menée par Batman, Batgirl et Red Hood et ce que va pouvoir donner l’intrigue au long cours des “Three Jokers”. Disons-le clairement la déception est présente sur les deux plans. L’enquête, qui était palpitante à ses débuts, devient très banale. L’étude psychologique des héros, qui faisait le sel de ce pan de l’histoire, s’avère ici très basique, voire redondante par rapport aux deux premiers épisodes, et la résolution de l’investigation, déjà vue. Certes, les clins d’œil aux œuvres classiques sur le Joker sont à nouveau présents et plaisants mais cela ne suffit pas à rendre l’histoire intéressante. Du côté des “Three Jokers”, la farce est totale puisqu’il n’y a rien qui soit à la hauteur des intentions annoncées dans Justice League #50. Une sorte de clonage basique et sans originalité est réservée au lecteur pour qui la déconvenue est complète

Restent quelques pistes dans les dernières pages qui, à nouveau, donnent envie pour une suite possible mais lecteur échaudé craint les mascarades à répétition ! En sera-t-on ?

La partie graphique demeure le seul point  fort de cet ultime épisode. Le travail de Jason Fabok et Brad Anderson est toujours très bon, autant dans les mises en pages que dans les couleurs au gout de classique. Trois épisodes d’éblouissement graphique !

La déception, crainte à la fin de l’épisode #2, est malheureusement arrivée ! Aussi bien dans l’enquête des héros, devenue banale, que dans la révélation des Three Jokers, qui tourne à la farce, ce dernier épisode déçoit fortement. Reste une belle partie graphique !

L’avis de Kidroy

D’abord, les lignes qui suivent en dévoilent beaucoup, vous êtes prévenus.

Three Jokers n’est pas l’un de ces relais tranchants ou boiteux transmis par un auteur au suivant. Three Jokers n’est pas non plus un récit isolé. Three Jokers n’est pas enfin une prédiction, de ces « ce qui pourrait advenir ». Three Jokers devait être la réponse d’un auteur à ses propres questions. Three Jokers n’est pas cette réponse.

Comme évoqué plus haut, il faut revenir aux deux numéros déjà de Geoff Johns, Justice League #42 et « What’s Joker ‘s true name ? No, that’s not possible ». Stupeur 1.
Puis, DC Universe Rebirth #1 et « The Chair said they are three”. Stupeur 2.
Mais la chaise n’avait pas répondu. Pourtant, ces jeux d’ombres étaient une anomalie heureuse. Ils sont tous menés par un seul auteur, fait rarissime dans une sphère artistique qui préfère d’habitude transmettre. Johns pose ses questions et a la fortune de pouvoir y répondre. Three Jokers échoue 3 fois. Le nom du Joker n’est pas révélé. Il n’y a que 3 jokers dans Three Jokers et pas autrement. Three Jokers se détraque à vouloir s’animer et se répondre.

Des trois jokers, Johns remue pour n’en garder qu’un. Il n’y a donc plus qu’un Joker, comme cela a toujours été depuis 1940. Johns doit se débarrasser de son cadavre qui n’a jamais eu de corps. Les 3 jokers n’ont jamais été la source de quoi que ce soit. La source se dessèche sans laisser couler une seule goutte créative. Mais alors l’identité de celui qui reste importe-t-elle ? Johns gigotte, les bras croisés dans le dos, sur un va-et-vient hésitant et tortille à nous répondre. Bruce a toujours su « I’m Batman. I knew the Joker’s name one week after we first met ». Johns n’a jamais su quoi répondre. Il s’en va au plus réduit et autoritaire, Bruce a toujours su l’identité du Clown. Il n’y a alors plus rien sur quoi enquêter, sur quoi s’interroger, sur quoi répondre puisque qu’il n’y a plus (il n’y a jamais eu, à rebours) rien d’irrévélé. 

Three Jokers devait démystifier l’identité du Joker et son triplicata, tous indésirables qu’ils soient. Three Jokers restitue l’unicité du Joker et son anonymat qui n’avaient pourtant jamais disparus. L’échec est majeur. 

5
Points forts
Une belle partie graphique
Des pistes pour la suite...
Points faibles
...mais a-t-on envie d'y aller, à nouveau ?
L'intrigue "Three Jokers" qui tourne à la masquarade
L'enquête policière, très plate et déjà vue
L'étude psychologique des héros, sans saveur