Interview – Werther Dell’Edera

L’artiste italien Werther Dell’Eera, qui a déjà travaillé chez de nombreux éditeurs, explose littéralement sur la série écrite par James Tynion IV : Something is killing the children. En compagnie de son compère aux couleurs, Miquel Muerto, son trait indé aux influences cinématographiques y fait merveille ! Il a accepté de nous accorder un peu son temps ! L’occasion de découvrir cet artiste plutôt méconnu des lecteurs ! 
Quelle est votre origin story en tant que dessinateur ?

J’ai terminé une école de bande dessinée à l’âge de 19 ans puis j’ai commencé à travailler pour subvenir à mes besoins en tant qu’artiste de bande dessinée à 25 ans. Au fil des ans, j’ai beaucoup travaillé, pour de nombreux éditeurs en Italie et aux États-Unis. J’ai travaillé pour DC, Marvel, Image, Dark Horse, IDW, Dynamite et aujourd’hui pour BOOM!Studios aux États-Unis. Egalement avec les éditeurs italiens de bande dessinée Sergio Bonelli Editore, Feltrinelli, Mondadori, Guanda. Je commence à me sentir comme un louveteau qui collectionne les badges !

L’Italie a une grande tradition de la bande dessinée. Quelle sont vos influences ? Qu’est-ce qui vous a mené vers les comics ?

J’ai de nombreuses d’influences dans mon style. Du côté italien, il y a Toppi, Battaglia et Micheluzzi. Mais on trouve aussi dans mon dessin énormément de traces du manga et quelques influences américaines. J’ai grandi avec les super-héros et à une période avec les comics Vertigo.

Lisiez-vous des comics étant jeune ? Lesquels ?

Oui, j’en ai lu beaucoup. En fait, je continue aujourd’hui encore, quotidiennement. Dès mon plus jeune âge, j’ai commencé à lire des super-héros : Spider-man, Iron Man, Cap. Puis il y a eu la première invasion du Manga qui m’a totalement époustouflé. Entre-temps, j’ai trouvé des trésors comme Watchmen, Elektra Assassin, Dark Knight Returns, Torpedo, Hardboiled. Que du bon !

Comment êtes-vous entré en contact avec James Tynion IV, le scénariste de Something is killing the children ?

C’est le rédacteur en chef Eric Harburn qui m’a contacté. Il a aimé mon travail sur The Crow, Memento Mori.

Comment travaillez-vous avec James ? Aimez-vous avoir des directives ou souhaitez-vous avoir beaucoup de liberté ?

J’adore travailler avec James. C’est un écrivain d’enfer ! Je me sens totalement à l’aise avec son scénario. Il me laisse de l’espace en me fournissant en même temps tout ce dont j’ai besoin pour le suivre dans l’histoire.

La couleur est très particulière dans Something is killing the children. Comment travaillez-vous avec Miquel Muerto ? Vous connaissiez-vous avant l’aventure Something is killing the children ?

C’est la première fois que je travaille avec Miquel. Il fait un excellent travail. Si vous jetez un œil à ses précédents travaux, vous constaterez qu’ils sont totalement différents de Something is killing the children. C’est parce qu’il a beaucoup travaillé pour créer un style de couleur unique qui s’accorde parfaitement avec l’histoire et le dessin.

Le personnage d’Erica est fascinant, notamment dans son design. Quelle est votre part dans sa création ?

J’ai fait ma part. James avait des idées précises sur certaines choses et moins précises sur d’autres. J’ai fait en sorte d’intégrer ce qu’il avait imaginé en ajoutant ma touche à différents niveaux.

On sent dans vos pages, un sens du cadrage qui fait penser au cinéma. Est-ce également une influence ?

Absolument, oui. Je regarde beaucoup de films, j’adore ça.  Et j’aime certains aspects propres au langage cinématographique.

Something is killing the children a un fort côté horrifique. Avez-vous travailler sur ce genre d’histoire ? Quel genre appréciez-vous particulièrement ?

Eh bien, oui. Je ne peux pas dire que j’ai travaillé exactement sur une histoire comme celle-ci, mais j’ai certainement travaillé sur des histoires de terreur ou d’horreur. Chacune d’entre elles m’a aidé à améliorer mon style. Concernant ce que j’aime, en gros, on peut dire que j’aime les bonnes bandes dessinées ! J’aime beaucoup les histoires de science-fiction. Les mangas de science-fiction sont les meilleurs à mon avis. Mais j’aime vraiment aiment aussi lire du super-héros.

Vous avez déjà travaillé pour Marvel. Y a-t-il un personnage en particulier sur lequel vous aimeriez travailler chez Marvel ou DC ?

J’aime beaucoup de personnages. Si je dois en choisir un chez chacun des deux éditeurs, je choisirais probablement Captain America et Green Lantern. Captain America parce qu’ayant ses racines dans la seconde guerre mondiale, il touche mon âme profondément. La Seconde Guerre mondiale a été un moment important de notre histoire récente et j’aime l’idée que Cap est un repère qui rappelle de toutes les bonnes choses que l’on peut trouver dans un moment aussi terrible. Ces bonnes choses sont toujours importantes, parce que ce sont de grandes idées. Quant à Green Lantern, c’est à cause de la Science-Fiction. Il peut voyager à travers le l’espace et vivre des aventures incroyables remplies d’extraterrestres, de vaisseaux spatiaux, de mondes.

En dehors de la suite de Something is kiling the children, quels sont vos projets ?

Je travaille sur un projet qui réunit deux personnages d’univers différents : Dylan Dog et Batman, l’un publié par l’éditeur italien Bonelli et l’autre appartenant bien sûr à DC Comics. L’auteur est Roberto Recchioni, un écrivain de talent avec lequel j’ai beaucoup travaillé et l’artiste est Gigi Cavenago, un vrai talent avec qui je collabore pour les dessins.

Lisez-vous des comics actuellement ? Lesquels ?

Absolument, oui. On ne peut pas vivre sans bande dessinée ! Je lis le titre Immortal Hulk de Al Ewing et Joe Bennett. Tous les titres X-Men du relaunch de Hickman. Captain America, Superman, Batman, JLA, Flash, Captain Marvel, Green Lantern. Ce ne sont là que quelques-uns des titres que je lis régulièrement. Vous devriez voir mes bibliothèques… et la facture que je laisse chez mon libraire !

Entretien réalisé par échange de mails. Merci à Werther Dell’Edera pour sa gentillesse et sa disponibilité !