Old Man Hawkeye vol 2 : The Whole World Blind (VO-Marvel/VF-Panini)

Old Man Hawkeye vol 2 : The Whole World Blind
Scénario
Ethan Sacks
Dessin(s)
Marco Checchetto, Francesco Mobili
Contenu
Old Man Hawkeye #7-12
Our Score
9

Old Man Hawkeye tome 1 alignait toutes les réussites, le temps d’un auteur inconnu avec l’auxiliaire d’une bonne série, un essai ailleurs, au delà, après la frise habituelle, salie par la poussière et froissée par le parjure. Le premier volume s’ouvrait sur ce carnet, dans lequel Clint Barton rayait les noms des anciens Thunderbolts. Une volume de la traque essoufflée, assommante, amusante puisque Ethan Sacks fédérait une bonne histoire, essentiel, aux riches réinventions nécessaires aux tentatives du What If ?  Ce second, et dernier, volume s’ouvre sur les raisons des rayures, et ce termine avec nos yeux rayonnants. Old Man Hawkeye au complet touche en plein cœur. 

La fauconnerie du personnage va trouver sa conclusion. Sacks en termine avec les Thunderbolts, entre rédemption silencieuse et folie lunée ; Le shérif Lester magistral dans son rôle de Lee Van Cleef atteint, attiré par le concept de cible mouvante à éliminer est terrible, et tire les meilleures cartes jusqu’à la toute fin du volume. Cette déclinaison de Bullseye, à la solde du gouverneur squelettique écarlate est de l’acabit du Cosmic Ghost Rider, du Silver Surfer The Fallen. Donny Cates n’a pas tous les mérites, Sacks, lui aussi, est capable du meilleur, de la page du renversement, de l’altération opportune du bon personnage, à ceci près que Donny Cates a, en prime, le talent pour s’inclure dans la Continuité. Les réinventions constantes d’Old Man Hawkeye sont ses plus grandes réussites. L’auteur nous dérobe même le baron Zemo pour nous rappeler les comicbooks les plus Noirs. C’est d’ailleurs à ce moment précis que Sacks étale une autre version du chemin sans fin sur lequel conduit la vengeance, l’habituelle dévastation de la vengeance, sobre, conforme, percutant, preste avec toute ce matériel. Ethan Sacks dispose donc de ce grand sujet de la vengeance pour y narrer une histoire amusante, sale, inventive et judicieuse. Le bon auteur avec le bon récit. 

Old Man Haweye se définit en deux volumes complets dans lesquels la surprise d’y voir ce que l’on connait ne s’esquive jamais. Evidemment, Old Man Hawkeye ne porte pas son préfixe pour rien. Ethan Sacks collabore, s’encorde en queue du Old Man Logan à venir. Tout est clair, sans aucune zone de flou, pour nous. Et puis il y a le dessin. Marco Checchetto descend des cieux, auréolé de sa mine fuselée et de son fusain merveille. Marco Checchetto est le rococo de ce support artistique, érotique même. Malheureusement, l’artiste est absent de la conclusion. Les deux derniers numéros sont dessinés par Francesco Mobili, un amico il semblerait, qui ne tient pas la comparaison avec le maestro. Old Man Hawkeye passe à deux numéros, et quelques très riches coups de crayons de la perfection artistique. 

Maintenant, je vois tout très nettement. Sacks réussit à donner un tour de clé supplémentaire aux mécaniques hurlantes de cette Amérique détruite, en explorant tous les passés désespérés. Ses réinventions bourdonnent savoureuses, le seul grain qui enroue ce tombereau sauvage serait bien l’absence de Checchetto pour la conclusion. Nous sommes à quelques degrés, sur la droite, sur la gauche, ou à quelques centimètres, de la mini série parfaite. Deux tomes, deux flèches et un carreau sensationnel ! 

Le volume a été lu dans son format original, en langue anglaise, cependant, la critique spécifique du tome, comme l’appréciation générale de la série Old Man Hawkeye sont identiques pour la publication Panini Comics France.  

9
Roi de Coeur
On aime
Splendide même si
Des réinventions bienvenues
Un paysage densifié
Une certaine mise en scène
On aime moins
Checchetto absent de la conclusion