Animosity Tome 1 (VF – Snorgleux Comics)

L’actualité des sorties VO est de plus en plus riche et variée de l’autre côté de l’atlantique. Cette diversité s’illustre d’ailleurs au regard des maisons d’éditions indépendantes américaines qui, en 2015, ont vu débarquer un nouvel acteur : AfterShock Comics. Et avec ce nouvel acteur des nouveaux titres dont Animosity ou American Monster.

Le seul hic c’est que, jusqu’à présent, tous ces titres étaient des exclus VO. Il aura fallu attendre qu’une librairie marseillaise, l’Antre du Snorgleux, se décide à créer sa propre maison d’édition en France, Snorgleux Comics, pour que ces comics nous soient enfin proposés en VF.  Quelle bonne idée ils ont eu !

Dans Animosity, Marguerite Bennett nous propose d’entrer dans un monde où, du jour au lendemain, les animaux peuvent penser, parler et deviennent conscients de leur propre état. Et avec cette conscience vient, bien souvent, du ressentiment à l’égard de l’Homme et de la manière dont celui-ci a pu traiter les animaux.

Marguerite Bennett parvient à insuffler de l’originalité au genre post-apocalyptique tout en s’inscrivant dans l’approche moderne de cette thématique. En effet, les différentes œuvres post-apocalyptiques actuelles ont souvent comme point commun la volonté de nous faire réfléchir quant à l’empreinte de l’Homme sur la nature (dans ces œuvres le cataclysme est provoqué par le comportement non-éthique de l’Homme). Dans Animosity nous ne savons pas ce qui a créé le cataclysme, mais la finalité est là : nous amener à une réflexion sur notre comportement vis-à-vis des animaux. L’autrice s’écarte également des standards post-apocalyptiques puisqu’elle n’a pas recours au système de contamination que l’on retrouve dans les thématiques de zombies. Malgré tout, l’ambiance « survie » est bien là et le danger peut venir de partout : n’importe quel animal, pour peu qu’il soit rancunier de l’Homme, est un potentiel prédateur (même un tortue…). Et c’est avec plaisir que l’on suit les aventures de Jesse et de son chien, Sandor, qui tente de la protéger de ce monde hostile. Petit bémol toutefois sur les liens entre Jesse et Sandor : l’autrice fait le choix de recourir à certaines ellipses temporelles qui nous empêchent de suivre l’évolution de la relation entre Jesse et Sandor, ce qui peut conduire à un léger manque d’empathie parfois. Le second tome corrigera sans doute cela.

Les dessins sont assurés par Rafael de Latorre, dessinateur que je ne connaissais pas. La grande majorité des personnages de ce comics étant des animaux doués de conscience, cela était plutôt périlleux. Mais Rafael de Latorre s’en sort haut la main et c’est en grande partie grâce à ses dessins que ce comics fonctionne : ses animaux sont convainquant dans leur comportement et leur attitude. J’ai trouvé que, sur les personnages humains, son trait pouvait se rapprocher de celui de Francis Manapul (ce qui est un compliment). Reste les décors plutôt pauvres en détails, mais cela ne gêne pas la lecture.

A la couleur nous avons Rob Schwager dont la palette tranche avec le thème abordé : il utilise ici des couleurs plutôt douces qui peuvent parfois donner l’impression de tenir entre les mains une BD commerciale éditée par 30 millions d’amis (rapport aux animaux, vous l’aurez compris). Mais assez étonnamment cela ne choque pas, et nous donne finalement l’impression de suivre cette histoire au travers des yeux de Jesse.

Enfin du côté de l’édition nous avons droit à une galerie de couvertures variantes fort sympathiques. Snorgleux Comics fait les choses bien.

S’il fallait résumer Animosity en le comparant à d’autres œuvres, on pourrait dire qu’il s’agit d’une sorte de mélange étrange, mais réussi, entre Walking Dead et un film Disney : un monde post-apocalyptique où la survie est de mise et où les animaux sont anthropomorphiques. L’illustration parfaite de ce mélange restant sans doute ce dessin d’un koala tenant un revolver dans chaque main.  Animosity c’est évidement bien plus que cela, mais cette description, volontairement caricaturale, permet de mettre en garde tous ceux qui auraient du mal avec le thème post-apocalyptique et/ou les animaux qui parlent. Pour tous les autres, voici une belle nouveauté à ajouter à votre collection et à la liste des titres à suivre.

 

[alert variation=”alert-info”]

Pour découvrir et commander ce numéro, c’est par ici:

[/alert]