Defender: Les diamants sont éternels (VF – Panini Comics)

L’inspiration n’est pas comme les diamants. Defenders s’inspire beaucoup trop de son pareil visuel et les deux ne l’ont pas pour décevoir. Brian M Bendis, on le sait maintenant, pour l’un des ses derniers travaux, nous frustre immensément. Les projets avec une telle assurance sont rares ; Les désillusions de ce calibre aussi. 

Jouons franc jeu, la portée de Jeph Loeb sur les écrans fait mal. Le show est l’élan de la duperie, mais certainement pas celui qui en tient les rênes. Prenez Duggan, qui se Garde bien de céder aux sirènes des chiffres Galactiques du cinéma. Le fautif est ailleurs. Le dessin peut être ? Il serait fou d’accuser David Marquez. Survolté, dynamique, pêchu, découpé, expressif, musclé, réfléchi, Marquez sublime son art. Plus fort, encore, que sur Civil War II. C’est toute une ambiance street, entre les néons et soirées, les lampadaires et les ruelles, les réunions à billets et les règlements de compte habillés, qui s’anime. Marquez s’autorise quelques découpages ou compositions où les personnages s’emportent. Dernière remarque particulière, où l’artiste capte parfaitement ce vide ultra sensoriel du Diable. 

Gangsta’s Paradise

Par élimination, il ne reste malheureusement que l’auteur, bien le dernier des soupçonnés. Et pourtant, l’écriture décrédibilise toute une série. L’incohérence générale accable tout. Déjà, Diamondback ne trouve pas mieux pour se lancer dans l’ascension criminelle que de se mettre à dos les 4 héros de quartier. Un bon exemple d’un personnage démesuré pour rien, qui n’apprend pas de ses petites erreurs. Tout ne justifie pas une réunion de voisinage. Toujours en lien avec ce pseudo vilain, le rapport de force est totalement déséquilibré. Capable de mettre au tapis les 4 personnages, puis soudainement impuissant ; Ou pire, capable d’arrêter le poing de Rand, mais s’effondre au moindre objet catapulté, l’échelle de puissance n’a pas de sens. 

Viennent ensuite les incohérences d’invitation puisque Blade, ou Hellstrom sont utilisés, ou plutôt apparaissent. Allez savoir pourquoi. Le pire reste le Punisher, forcément, dont je ne m’explique pas l’utilité, et tout simplement la présence. Risible, rameuter pour coller à un univers décrié, qui ne ravira personne. Pour finir, de nombreux dialogues et répliques échangées à la volée totalement désaccordés. La fluidité reconnue de l’auteur n’apparaît jamais. Les conséquences sont tristes, puisqu’il s’en dégage un amateurisme flagrant. Ses personnages sont écrits comme des novices surpuissants, vierges de toutes équipes, de toute collaboration passée. Le passé riche commun de ses figures très appréciées se volatilise. Construite comme un All-Star Netflix, Bendis rameute ces personnages juste pour dire, pour se donner un genre. Une adaptation pauvre à des centaines de lustres de son génie urbain d’il y a quinze ans. La suite nous assaïlle déjà de sa subtilité débordante. 

Seuls deux points minces sont à souligner. La Chatte Noire assume pleinement son rôle de nouvelle régente du crime. Un rôle installé naturellement depuis des mois qui renouvelle la formule de la Pègre chez Marvel. Puis, le parallèle évident avec la série Spider-Man, toujours de Bendis où l’auteur s’amuse à changer les points de vue et fabrique des liens entre ses écrits. Ce partage renforce l’impression de cohésion d’un univers de la rue. 

Imaginez, 4 héros de la rue entre les mains de Brian Bendis : l’un sa création, l’autre sa révolution, le suivant sa direction puis le dernier comme innovation ! Un fantasme espéré inimaginable. Nous ne ne sommes plus en ces temps bénis des années 2000. L’explosion des écrans a eu lieu. L’auteur s’est fatigué. Rien que pour vos yeux, Defenders meurt un autre jour, peut être aujourd’hui. 

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